Quelle protection périodique choisir ? Le grand comparatif des règles saines et écolo

quelle protection périodique choisir

La première fois que les Anglais ont débarqué, les options menstruelles se limitaient à serviette ou tampons, que ma Maman achetait pour moi parce que passer à la caisse avec un paquet de Tampax c’était trop la tehon quoi mdr. Entre les premières tâches sur mon jean et maintenant, on peut dire que les options se sont multipliées. Aujourd’hui, il y en a tellement qu’on ne sait même plus quelle protection périodique choisir pour bien vivre ses règles. Bon, peut-être que quelques documentaires alarmistes y ont contribué, aussi.

Une femme utiliserait en moyenne 11 000 tampons au cours de sa vie (ou autant de serviettes). D’une, ça représente une masse considérable de déchets ; et de deux, il y a de quoi s’inquiéter, quand on pense aux nombreux produits chimiques contenus dans les protections féminines classiques.

 

 

Alors, quelles options pour avoir ses règles sans mettre en danger sa santé et en respectant l’environnement ? Dans cet article, je compare les différentes protections périodiques :

Si l’une d’entre elles vous intéresse en particulier, cliquez sur le lien correspondant.

comparatif protections féminines

Ready Freddy ? C’est parti.

Le guide des protections périodiques non-toxiques et écologiques

tampons bioLes tampons, s’ils sont bio

A priori, tout le monde voit ce qu’est un tampon. Mais savez-vous ce qu’il y a dedans ? Non ? C’est normal : les fabricants n’ont aucune obligation de mentionner leur composition. La plupart des tampons classiques sont fabriqués à partir de cellulose, blanchie au chlore.

Les questions qu’on se pose sur les tampons bio

  • Les tampons bio sont-ils vraiment différents des tampons classiques ? Oui. Composés uniquement de coton biologique, ils ne mettent pas nos muqueuses en contact avec un cocktail nocif de produits chimiques. Quelques traces de pesticides ont toutefois été retrouvées dans certains lots de tampons bio. Soupir.
  • Les tampons bio protègent-ils mieux syndrome du choc toxique (SCT) que les tampons classiques ? Hélas non, cela n’a rien à voir. Le SCT est lié à un germe déjà présent dans la flore vaginale.
  • À quelle fréquence changer son tampon ? Le plus souvent possible, 8h étant la durée maximale pour conserver une protection. Et on choisit la plus petite taille convenant à son flux.

Mon expérience avec les tampons bio

En raison du risque de SCT, des irritations qu’ils peuvent causer, mais aussi parce que c’est cher et peu écologique, j’essaie de porter le moins de tampons possible. Je m’en sers juste pour les situations où je ne peux pas faire autrement : pour une baignade, ou lorsque j’ai peur que ma culotte menstruelle ne suffise pas pour la journée. (On dit merci au stérilet qui excite un peu le flux menstruel !)

Les avantages :

  • Pas de sensation d’écoulement.
  • Permet d’aller à la piscine, ou de faire du sport en toute tranquillité.
  • Ah, et aussi de porter des strings, pour celles que ça intéresse. Ou ne rien porter du tout, tiens.

Les inconvénients :

  • Ne doit pas être porté la nuit.
  • La ficelle peut parfois gêner lorsqu’elle se coince dans les sous-vêtements ou que le tampon est mal placé.
  • Quelques odeurs, surtout lorsque le flux est mince.
  • Absorbe les sécrétions vaginales avec le sang menstruel, pouvant provoquer des déséquilibres de la flore (irritations, sécheresse, mycoses…)
  • Risque de choc toxique minime mais réel.
  • Un sacré budget mensuel…

Manipulez toujours vos tampons avec des mains propres, et respectez les règles d’utilisation !

Où trouver des tampons bio ?

Les tampons sans produits toxiques se démocratisent et de plus en plus de marques proposent des packs, voire des abonnements. Seules deux d’entre elles proposent des tampons 100 % coton bio, sans voile de polyester :

Citons également Organyc, que vous trouverez chez de nombreux revendeurs (comme Natracare) : Monde Bio, Big Green Smile, Mademoiselle Bio

serviettes hygiéniques lavablesLes protèges-slip et serviettes hygiéniques lavables

Comme leur nom l’indique, les protèges-slip et serviettes hygiéniques lavables (SHL pour les intimes) ne se jettent pas après utilisation. Fabriqués à partir de plusieurs couches de tissu qui absorbent le liquide au centre de la serviette, ils sont donc une alternative durable et économique aux protections périodiques classiques.

Les questions qu’on se pose sur les serviettes lavables

  • C’est pas trop galère à laver ? Ça va ! Pour se débarrasser efficacement des tâches, ne pas hésiter à faire tremper sa serviette une heure dans de l’eau froide, puis à frotter un peu de savon de Marseille (détachant) dessus avant de la mettre en machine (pas plus de 40°C). Possible que la trace ne disparaisse pas totalement, c’est pour ça qu’on recommande d’opter pour des motifs foncés 😉
  • Ça ne fait pas trop « couche » ? Beaucoup moins qu’une serviette jetable. Il n’y a pas non plus cette sensation délicieuse de papier qui colle aux fesses, so cool quand on se lève de son siège par exemple.
  • Combien de serviettes pour démarrer ? Mieux vaut commencer par une seule, déjà pour voir si ça vous convient. Ensuite, il faut au moins 4 serviettes lavables pour un cycle de règles : ce qui vous permet de les laver à la main et de les sécher au fur et à mesure. À la fin du cycle, tout part en machine !

Mon expérience avec les serviettes lavables

C’est ma gynécologue qui m’en a parlé la première, et j’ai acheté quelques serviettes « flux légers » pour les derniers jours du cycle. Je trouvais qu’elles bougeaient beaucoup, mais j’ai enfin trouvé la solution : il faut la fixer sur des sous-vêtements bien ajustés. Exit donc, la grosse culotte de règles déformée et à l’élastique fatigué. Pfff. Si on nous enlève tous nos plaisirs, aussi.

Les avantages :

  • Plus confortables que les serviettes jetables. 
  • Une solution économique (malgré un investissement de départ conséquent) puisqu’elles durent plusieurs années !
  • Aucun risque de SCT, d’irritations, etc.

Les inconvénients :

  • Pour les habituées des protections internes, il faut retrouver (et accepter) la sensation d’écoulement.
  • Les SHL peuvent bouger un peu si votre culotte n’est pas bien ajustée.

Où trouver des serviettes hygiéniques lavables ?

Partout ! Parmi les marques connues : Dans ma culotte, Plim, Imse Vimse… Il y a plusieurs marques chez Dream Act, avec -10 % si vous utilisez le code TORTUE NINJA.

Sinon, de nombreuses petites mains les cousent et les vendent : le choix de serviettes hygiéniques lavables sur Etsy est assez impressionnant, par exemple.

Dernière option pour les courageuses et les manuelles : les fabriquer vous-même 😉

cup menstruelleLa coupe menstruelle ou cup

La cup menstruelle est une petite coupe en silicone que l’on place dans le vagin et qui recueille le sang. C’est l’idole des Internets, présentée sur tous les blogs comme LA protection hygiénique parfaite, à la fois confortable, économique et écologique.

À chaque fois qu’elle est pleine, on la vide, on la rince, et on repart pour un tour ! Une cup est conçue pour durer 5 voire 10 ans. Bref, une vraie révolution dans nos vagins.

Les questions qu’on se pose sur la cup

  • Comment nettoyer sa cup ? La cup est à stériliser (10 minutes dans une casserole d’eau bouillante) au début et à la fin de chaque cycle. On la laisse ensuite sécher à l’air libre sur un linge propre. Pendant les règles, on la rince à l’eau claire et au savon, puis on la repositionne.
  • Est-ce compliqué à poser / retirer ? On ne va pas se mentir, le retrait est un peu sportif au début, surtout si la cup est remontée. Si c’est le cas, keep cool Abdul, tout va bien. Entraînez vous à l’enlever chez vous, dans la douche, où vous pouvez foutre du sang partout en toute détente. Pour faire descendre la cup, il suffit de pousser, comme si… Bah comme si vous étiez aux chiottes quoi. Une fois qu’elle est redescendue, avec vos doigts, attrapez l’extrémité de la coupe, et pincez la pour ôter l’effet ventouse, puis tirez doucement. Talaaam ! Notez qu’il n’est ni bizarre ni anormal de galérer au début. C’est un coup de main – ou plutôt de doigts – à prendre. C’est pourquoi il est stratégique de s’habituer à ce petit objet chez soi, OKLM, avant de s’aventurer dehors avec.
  • Quels sont les risques de syndrome du choc toxique avec la cup menstruelle ? Les mêmes qu’avec un tampon : minimes, mais réels, à cause de la stagnation du sang dans le vagin. Pour ne pas prendre de risques inutiles, videz-la régulièrement (toutes les 8-10h maximum) et évitez d’en porter la nuit.

Focus : Peut-on utiliser la cup menstruelle avec un stérilet ?

porter coupe menstruelle avec diu stérilet

Ça dépend… Moi, c’est la raison qui m’a fait stopper son utilisation : je fais partie des infortunées qui ont retiré leur stérilet avec leur cup… Une mésaventure douloureuse qui m’a surtout valu un léger trauma.

Que s’est-il passé ? Mal conseillée par une sage-femme visiblement pas très au fait des nouvelles protections périodiques (« À notre époque, on se contentait des tampons et ça nous allait » m’a-t-elle dit… Ambiance !), j’ai mis ma cup comme d’habitude directement après la pose de mon DIU. Ce que je n’ai su qu’après, c’est qu’il vaut mieux attendre 2-3 cycles pour que celui-ci « s’accroche » bien.

Ensuite, j’ai toujours eu des difficultés à retirer ma cup. Je ne sais pas si j’ai le vagin en biais, mais chez moi elle est toujours remontée, quelle que soit la taille essayée. Or il est important de pouvoir bien pincer la base de la cup pour supprimer l’effet ventouse et ainsi la retirer sans risquer d’entraîner le stérilet avec. De même, méfiez-vous si les fils de votre DIU sont longs : vous pourriez les attraper en pinçant votre coupe et là encore tout enlever en même temps ! Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire cet article de coupemenstruelle.net.

Mon expérience avec la cup

Longtemps adepte de la coupe menstruelle, je ne serai pas aussi dithyrambique que le reste du web sur cet objet. Je crois que ça dépend vraiment d’une utilisatrice à une autre.

Les avantages :

  • Extrêmement confortable.
  • Pas d’odeur.
  • Pas de ficelle qui dépasse : elle se fait totalement oublier !
  • On peut la garder un peu plus longtemps qu’un tampon (maximum 8-10h),
  • Permet d’aller à la piscine, de faire du sport, etc.

Les inconvénients :

  • Pour la pose comme pour le retrait, il faut s’habituer.
  • Au début, vous pouvez avoir de petites fuites dues à un mauvais positionnement de la cup.
  • Si vous avez besoin de la vider en cours de journée, vous aurez absolument besoin de toilettes avec un lavabo pour la rincer, ce qui est loin d’être le cas partout… (À ce sujet, le site Clean Your Cup propose une carte du monde des lieux Cupsafe.)
  • Ne doit pas être porté trop longtemps et surtout pas la nuit pour écarter tout risque de SCT.

Où acheter une coupe menstruelle ?

Encore méconnue il y a une dizaine d’années, la cup menstruelle est aujourd’hui disponible en enseignes bio, pharmacies, magasins de vrac…

Parmi les meilleurs rapports qualité/prix que j’ai pu tester ou dont j’ai pu entendre parler, celles de :

culottes menstruellesLes culottes menstruelles

Après mes petits déboires avec la cup, l’apparition récente des culottes menstruelles m’a un peu sauvé la vie, en m’évitant de retourner au duo tampons-serviettes.

Mais quésaco ? Les culottes de règles sont – comme leur nom l’indique hein – des sous-vêtements spécialement conçus pour absorber le sang des règles, sans tâcher son pantalon. Composées de plusieurs couches de tissu absorbant dont une imperméable tout en bas, elles recueillent le sang comme le ferait une serviette, sauf que c’est directement votre culotte qui fait le job.

Les questions qu’on se pose sur les culottes de règles

  • Ça marche vraiment ? Oui, et ça marche même très bien. Elles tiennent toute la journée, hormis peut-être au début des règles, pour celles qui ont un flux très abondant (cimer le stérilet). À voir au cas par cas. En tout cas, leur capacité d’absorption vous épatera !
  • Est-ce qu’on a une sensation d’humidité ? Oui, lorsque le sang s’écoule, mais ça s’arrête dès que le tissu a fini d’absorber le liquide.
  • Est-ce qu’on a l’impression de porter une grosse culotte ? Certaines rapportent cette sensation, moi je ne trouve pas. Oui, au toucher la culotte se rapproche plus du maillot de bain que d’un sous-vêtement classique, mais elle n’est pas particulièrement épaisse et ne se voit pas plus qu’une autre sous les vêtements.
  • Quid des nanoparticules dans les culottes ? Vous avez peut-être entendu parler de la polémique au sujet des culottes menstruelles américaines Thinx, qui contiennent des nanoparticules. Moi, par précaution, j’ai préféré me tourner vers Fempo dont les culottes sans nano sont en coton, bambou et polyester, certifiées Oeko-Tex.

Mon expérience avec les culottes menstruelles

J’ai deux culottes FEMPO que j’a-do-re. Voilà, c’est dit. Si on fait un ratio coût – impact environnemental – risques sanitaires – confort, pour moi, ce sont les culottes de règles qui l’emportent.

Les avantages :

  • Très confortables et agréables à porter.
  • Très peu de risques de fuite (sauf si bien sûr votre culotte déborde).
  • Aucune odeur.
  • Se lavent facilement.
  • Pour la nuit, je ne connais pas de meilleure option pour vivre ses règles en toute sérénité ! Adieu, les tâches de sang au réveil parce que la serviette a bougé.

Les inconvénients :

  • Quand on est habituée au port des tampons et des cups, il faut rester zen en sentant le flux s’écouler. On s’y fait.

Quelle culotte menstruelle choisir ?

Les marques de culottes menstruelles se multiplient ! Les miennes viennent de chez FEMPO, qui vous offre 10 % de réduction avec le code ANAELLE. Choisissez votre taille de culotte habituelle. Si vous êtes entre deux, prenez la taille au-dessus !

Côté Made in France, citons aussi les protections Plim, les culottes Marguette, ou bien la marque Réjeanne, dont je viens de participer au crowdfunding (faites-vous marrainer en renseignant mon nom – Anaelle Sorignet – dans le formulaire). Plus on a de culottes, plus on rit !

éponges menstruellesLes éponges menstruelles

Naturelles ou synthétiques, ces éponges se placent dans le vagin dont elles épousent l’anatomie, ce qui les rend très confortables. WAIT, vous avez dit naturelles ? Oui, oui, oui. Vous pouvez vous caler des éponges tout droit venues de la mer Adriatique dans le vagin.

Alors, je ne suis pas contre la nouveauté, bien au contraire : j’ai adopté les culottes menstruelles à la seconde où elles sont sorties. Mais quand je lis, sur le site d’un revendeur, que le fabricant recommande de laver l’éponge de ses impuretés avec de l’eau et… une goutte d’huile essentielle, le peu de confiance que j’ai s’évapore totalement.

Faut-il rappeler que les huiles essentielles ne se mélangent pas avec l’eau, et que par conséquent, ce mode de désinfection est totalement foireux ? D’autres parlent de les laisser tremper 10 minutes dans une solution d’eau et de bicarbonate. Mouais.

Plusieurs études ont montré qu’on trouve pas mal de résidus de la mer dans les éponges menstruelles naturelles : le risque de syndrome du choc toxique est non seulement bien présent, mais surtout plus important qu’avec un tampon.

Mon expérience avec les éponges menstruelles

Je ne les ai pas testées. Utiliser des éponges naturelles me paraît dangereux, et les (rares) éponges synthétiques sont bien trop chères.

Les avantages (en théorie) :

  • Ultra confortable.
  • Peut être utilisée au cours d’un rapport sexuel (et donc limiter la boucherie de l’amour pendant les règles.)

Les inconvénients (en théorie) :

  • Les éponges synthétiques sont à usage unique et sont très chères.
  • Peu de recul sur ce système.
  • Risque de SCT du à la stagnation du sang dans le vagin.
  • Ne doit pas être porté la nuit.

Où trouver des éponges menstruelles synthétiques ?

Chez les néerlandais Beppy, par exemple.

Quelle est la protection périodique qui vous convient le mieux ?

En clair, il n’y a pas de solution parfaite : plutôt un éventail d’options dans lesquelles piocher en fonction de vos envies, de vos contraintes… Moi, ce sont les culottes menstruelles que je préfère, et vous ?

J’espère en tout cas que ce (long) comparatif vous aura aidé à choisir la protection périodique non-toxique qui vous convient le mieux !

 

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4 commentaires

  1. Nono Répondre

    Super article!! Perso j utilise les serviettes et protégés slip lavables depuis plus d’un an et c est vraiment super et en effet le savon de Marseille est parfait mes protégés slip sont toujours blancs …. Je vais me pencher sur les culottes grâce à ton article =)

  2. Nymeria Répondre

    Ton article est hyper complet, merci !
    J’envisage d’avoir des protections lavables… Une question : est-ce que le sang « cuit » quand on le met en machine, même si on a frotté avant ? ^^
    A bientôt 🙂

    • Anaelle Auteur de l’articleRépondre

      Effectivement il peut rester une légère trace, d’où l’intérêt de bien faire tremper les serviettes ou culottes dans l’eau froide avant, et de frotter un peu de savon de Marseille dessus. J’avoue que mes Fempo sont noires, donc je ne me pose pas la question…

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