Greenpeace se mobilise pour moins de viande dans les cantines, et nous ?

moins de viande dans les cantines
Temps de lecture : 4 minutes

7 écoliers sur 10 mangent de la viande ou du poisson tous les jours à la cantine : c’est ce que révèle une enquête nationale de Greenpeace. Parce qu’une telle consommation de viande n’est souhaitable ni pour la santé des écoliers, ni pour celle de notre planète, l’ONG lance une grande campagne pour moins de viande dans les cantines. Et moi, vous me connaissez, dès qu’on peut bannir la brandade de morue des assiettes, je suis de tous les combats.

Pourquoi servir systématiquement des protéines animales ?

D’après l’enquête, 69% des enfants mangent de la viande ou du poisson quotidiennement, tandis que 9% d’entre eux prennent au moins un repas végétarien par semaine. Oui, un seul !

Pourtant, la loi n’oblige pas les cantines à servir de la viande tous les jours, mais seulement 2 repas hebdomadaires. Ça laisse pas mal de place à des menus végétariens… Mais par réflexe et par habitude, la plupart des cantines continuent de mettre de la viande au menu, tous les jours.

viande ou poisson tous les jours

2 fois trop de viande dans les cantines

Des protéines ? Bien sûr qu’il faut en consommer. Mais pourquoi nécessairement des protéines animales ?

Rien qu’avec une viande et un laitage, les écoliers explosent les compteurs d’apports en protéines. Au moins 2 fois plus que ce que recommande l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) !

lobby viande et produits laitiers cantines

Or, divers tollés médiatiques ont mis en lumière les méfaits d’une surconsommation de viande :

  • Sur la santé : elle génère surpoids, obésité… Sans parler des maladies cardio-vasculaires, cancers, etc. qui peuvent survenir plus tard.
  • Sur la planète : l’élevage représente près de 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est également très gourmand en ressources…

Des lobbies dans les cantines

Comment cette situation peut-elle perdurer alors que tous les signaux sont au rouge ? Comme l’explique Greenpeace, les lobbies de la viande et ceux des produits laitiers sont proches des milieux politiques et des instances décisionnelles. Ils influent donc directement sur le contenu des assiettes qu’on sert à la cantine… Ou bien chez nous.

N’avons-nous pas tous grandi avec la consigne de manger 3 produits laitiers par jour, ou de la viande midi et soir ? Totalement fantaisistes au regard de ce que dit la science, ces recommandations nutritionnelles sont l’oeuvre directe des lobbies.

Lire mon article : « Le nouveau système d’étiquetage nutritionnel des aliments : la bonne blague »

C’est d’autant plus préoccupant qu’une grande partie de notre éducation alimentaire se fait à l’école. Comment espérer lutter contre le changement climatique ou contre toutes les maladies modernes liées à une alimentation industrielle si les enfants ont le crâne bourré de préceptes ridicules ?

Certes, les choses évoluent, mais lentement. Trop lentement.

Cuisiner végétarien, ça s’apprend

Donc. Dans les cantines comme dans la plupart des maisons, c’est viande ou poisson à chaque repas. Les féculents et/ou légumes sont désignés comme des « accompagnements », un mot qui est loin d’être neutre. Il témoigne combien notre modèle alimentaire s’articule autour de la viande, pièce maîtresse de l’assiette.

Dans cette conception, impossible de retirer la barbaque du repas. On se retrouverait avec une poignée de frites qui se battent avec 3 feuilles de salade… Ou des pommes vapeur qui lorgnent sur un petit tas de haricots verts. L’angoisse.

menu végétarien dans les cantines
C’est vrai que sans le fish, le chips a moins d’allure.

Nous n’avons pas l’habitude de cuisiner végétarien : il nous manque les idées, les références. On a peur de s’ennuyer, d’avoir encore faim. Pourtant, il suffit de pousser la porte de n’importe quel resto végé pour voir combien les repas y sont variés (et copieux, ouf).

Lentilles, haricots rouges ou blancs, soja, pois chiches, pois cassés, graines en tout genre… Il y a une multitude d’aliments riches en protéines végétales qui permettent de varier les apports.

Lire mon article : « Quelles recettes faciles et rapides pour manger moins de viande ? »

Alors, pour encourager la créativité dans les cantines, Greenpeace a compilé quelques recettes végétariennes issues de son enquête. Et surprise : certains établissements ont diversifié leurs menus avec succès, sans anémies notoires ni cataclysme. Le patrimoine culturel et la gastronomie française ne sont pas non plus portés disparus.

Moins de viande dans les cantines : agissons avec Greenpeace

pétition greenpeace cantines scolaires

Pour une meilleure santé des enfants, et pour limiter notre impact sur l’environnement, on sait ce qu’il reste à faire : proposer moins de viande dans les cantines. Ou plutôt, plus d’alternatives crédibles et goûteuses. Un régime flexitarien, en quelque sorte. 

Mais comment pouvons nous agir, nous, citoyens ? Sachez qu’actuellement, un projet de loi sur l’alimentation est en discussion. Greenpeace le juge peu ambitieux : en effet, s’il évoque la diversification des sources de protéines, il ne donne aucun objectif chiffré et n’instaure aucune obligation…

Alors, dans le cadre de sa campagne, l’ONG propose 2 actions :

1. Signer la pétition demandant 2 repas végétarien par semaine à l’horizon 2020

Cuisiner les protéines végétales suppose de former les personnels de cantine. C’est bien évidemment possible, il suffit de le décider !

L’ONG demande aussi de :

  • Améliorer la qualité des repas servis dans les cantines, avec plus de produits bio et locaux. Les économies réalisées sur le budget viande permettraient d’acheter des aliments de meilleure qualité. L’éternel moins mais mieux… D’ailleurs, le récent documentaire Zéro phyto, 100% bio a montré que c’était possible dans les cantines.
  • Interdire la présence des lobbies dans les écoles : adios les kits pédagogiques disant que la viande, c’est fantastique. Les intérêts privés n’ont tout simplement pas leur place dans les classes.
  • Limiter l’influence des lobbies dans les politiques publiques : ce n’est pas aux industriels de dicter ce qu’il y a dans l’assiette des enfants. C’est aux experts indépendants de faire des recommandations nutritionnelles censées.

 

2. Interpeller son député sur l’alimentation

Sur le site de sa campagne, Greenpeace met à disposition une cartographie permettant de connaître les données de sa municipalité.

 

Le projet de loi « Alimentation » étant en discussion, c’est le moment où jamais de se mobiliser, en envoyant un message à son député par mail ou via Twitter. Signez la pétition, ils vous expliqueront comment faire 🙂

Vous pouvez aussi faire du bruit sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #2FoisTrop.

Manger moins de viande : on s’y met ?

Diviser sa consommation de viande par 2 est un acte loin d’être anecdotique. C’est une action simple à mettre en place, pour une réduction drastique de nos émissions de CO2. Mais aussi de notre consommation de ressources, en plus d’être bénéfique pour notre santé.

En effet, une alimentation moins centrée sur la viande est plus diversifiée, et donc plus riche en vitamines, minéraux… (Sauf si vous remplacez la viande par des plâtrées de nouilles, évidemment.)

Les 15 000 scientifiques ayant lancé un appel pour la planète en novembre 2017 plaidaient pour « une réorientation du régime alimentaire vers une nourriture d’origine essentiellement végétale ».

Alors, (pois) chiche ?

(Désolée pour ça.)

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