10 idées reçues sur les produits biologiques : démêler le vrai du faux

Produits biologiques : 10 idées reçues passées au crible

produits biologiques
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Depuis que je consomme presque exclusivement des produits biologiques, j’ai dit entendu beaucoup de bêtises sur le sujet. Déjà, j’ai longtemps eu la certitude qu’acheter bio signifiait encourager l’activité de petits paysans amoureux de la terre. Que j’aidais ceux qui utilisent la traction hippomobile, arrachent les mauvaises herbes à la main et se transmettent leurs techniques d’agricultures ancestrales de père en fils depuis le baptême de Clovis.

Mais je me suis rapidement lassée de ne pouvoir opposer aux sarcasmes qu’une argumentation vague à base de « pas de pesticides dans mon assiette ». Je me suis donc renseignée. Et j’ai pu constater combien la réalité était moins bucolique que ce que j’imaginais.

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Il est pas biologique, mon additif ?

Pour commencer, je me suis mise à lire les étiquettes. Au début, c’est rigolo : un peu comme apprendre le sanskrit. Mais une fois capable de décrypter les ingrédients du bouillon de poule AB, ou la composition INCI des crèmes à la camomille sauvage, on déchante un peu.

À quoi bon acheter ses petits cubes bios une fortune, si c’est pour y retrouver les mêmes quantités de sel, de sucre et d’huile de palme que dans les bouillons conventionnels ? Pourquoi est-ce que même les cosmétiques certifiés bio contiennent des substances irritantes comme l’ammonium lauryl sulfate ?

produits biologiques industriels et transformés
Même bio, les produits industriels restent à éviter (Photo : Marco Verch – Flickr)

Perdue, j’étais. Car si nous acceptons de consacrer une part importante de notre budget aux courses hebdomadaires, ce n’est pas pour se faire rouler dans la farine (conventionnelle) !

J’ai donc remonté mes manches. Et j’ai lu le cahier des charges du label AB. Puis tout un tas d’articles sur l’agriculture biologique ou raisonnée, la cosmétique naturelle, les sites complotistes et les blogs de rageux. J’ai même googlé « à mort les bobos », pour n’oublier aucun argument essentiel.

Voici, à l’issue de mes investigations, les 10 plus grosses idées reçues sur l’agriculture et les produits biologiques.

Mensonges et vérités sur les produits biologiques

1. Les produits bio sont plus chers.

VRAI. Malheureusement, les personnes qui soutiennent que c’est faux ont oublié tout le chemin qu’elles ont du parcourir pour en arriver là où elles sont. Car oui, on peut s’y retrouver financièrement, à condition de changer nettement ses habitudes.

Le bio est plus cher, pour tout un tas de raisons :

  • Les rendements du bio sont inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle.
  • La taille des exploitations et des plateformes de distribution est souvent plus petite.
  • Les produits ne sont pas – ou moins – « gonflés » avec des additifs.
  • L’obtention du label bio via la certification par un organisme tiers et indépendant a un coût.
  • Le profil des consommateurs (dans l’ensemble plus aisés que la moyenne) permet de gonfler artificiellement les prix.

Ceci étant dit, acheter local, de saison, en vrac et non transformé permet de limiter la casse, avec la satisfaction de manger de bons produits.

Comment faire des économies sur les produits biologiques ? Lire aussi : Manger bio pas cher : 5 astuces pour trouver de bons produits

Et puis ceux qui critiquent les prix du bio le font souvent avec un iPhone à la main. Je dis ça comme ça.

2. Il n’y a pas de pesticides dans l’agriculture biologique.

FAUX. En France, un produit bio est un produit agricole qui satisfait aux exigences du cahier des charges du label AB (agriculture biologique), lui-même basé sur la réglementation européenne.

Un produit bio comporte au moins 95% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique et n’a pas été arrosé par des engrais ou des pesticides synthétiques. Les pesticides naturels sont en revanche autorisés. Or, naturel ne veut pas dire inoffensif. Sinon, on se ferait tous de grandes omelettes d’amanites phalloïdes.

ferme bio pesticides ogm
Les pesticides chimiques sont interdits en bio.

Autre précision : l’utilisation des OGM est proscrite en bio, mais un seuil de 0,9% d’OGM sur le produit fini est autorisé pour tenir compte des cas de contamination accidentelle. Dans ce cas, pour ne pas être déclassé, le producteur doit prouver qu’il a pris toutes les mesures nécessaires pour empêcher cette contamination.

3. Le bio est meilleur pour la santé.

VRAI. Je sais, cette affirmation est controversée. On trouve en effet sur les Internets toutes sortes d’articles aux titres chocs, du style « Bio = toxique », ou « Le bio est plus dangereux que les pesticides ».

Ainsi, le bio serait plus souvent contaminé par des bactéries (E-coli et compagnie). Étrangement, ces éléments sont souvent révélés dans des études commandées par des fabricants de pesticides de synthèse (Monsanto, au hasard) ou de grandes entreprises agroalimentaires type Nestlé, Danone, Coca Cola et consorts.

Idem pour les assertions selon lesquelles le bio ne serait pas plus nutritif que les produits conventionnels. Ou qu’il ne contiendrait in fine pas moins de pesticides. Sans céder aux sirènes complotistes, rappelons qu’en France en 2017, l’industrie agro-alimentaire pèse 180 milliards d’euros annuels, quand le marché de la bio représente 8 milliards d’euros. On peut légitimement soupçonner un peu de lobbying et quelques conflits d’intérêt. On peut.

industrie agroalimentaire vs bio
Ça fait toujours rêver ces images de l’industrie agro-alimentaire.

4. Le bio s’oppose aux exploitations industrielles.

De moins en moins VRAI… Donc FAUX. Avez-vous remarqué combien le bio avait essaimé récemment dans les grandes surfaces ? Et combien les magasins spécialisés se sont multipliés, quitte à devenir des chaînes ou à se faire racheter par Carrefour ou Monoprix ?

Les produits biologiques, autrefois cantonnés à un périmètre d’un demi-rayon, entre la diététique et les compléments alimentaires, ont fait des petits. Et il faut admettre que les prix pratiqués au supermarché sont nettement plus friendly que ceux de la Biocoop… À condition d’aimer la tomate bio d’Espagne en janvier.

Car bio ne veut pas dire « avec beaucoup d’amour dedans ». Ni même « a poussé grâce aux éléments naturels ». Le documentaire de Christian Jentzsch* sur les dérives du bio industriel est particulièrement édifiant à ce sujet. Si vous avez une heure devant vous, je vous recommande de le visionner pour comprendre en quoi il existe deux vitesses dans le bio.

*… pas de suggestion sur la prononciation.

élevage bio
Non, le bio ce n’est pas toujours ça, malheureusement.

5. Les produits biologiques ont meilleur goût.

FAUX. La question n’est pas de savoir si les aliments sont biologiques. Le label n’est pas toujours synonyme de qualité, comme le montre le développement d’une bio « low cost ».

Cherchons plutôt les produits de saison, qui ont poussé sur des sols de qualité, ont été soignés avec des produits non-toxiques et ont été cueillis une fois mûrs… Dans ces conditions, la différence d’avec les fruits et légumes calibrés et emballés sous vide est une évidence.

6. Les produits bios s’abiment plus vite.

VRAI. Les fruits et légumes bios sont des produits frais, non traités après la récolte. Ils sont souvent récoltés plus tard que les produits de l’agriculture conventionnelle, et conservés moins longtemps en chambre froide. Idem pour les cosmétiques qui contiennent un minimum de conservateurs. Forcément, ils moisissent plus vite. Eh oui.

En même temps, une tomate qui passe trois semaines sur la plage arrière de la voiture sans flétrir, c’est flippant. Et pour information, Internet est tout plein d’astuces pour nous apprendre à conserver nos aliments correctement. Et éviter de jeter 25 kilos de nourriture chaque année.

7. Consommer bio signifie consommer local.

FAUX. Dans un monde idéal, c’est ainsi que ça se passerait. En vérité, même les étals des magasins bios et les cagettes des marchés sont remplis de navets de Pologne et de carottes d’Italie. Sans compter le quinoa de Bolivie et les baies de goji en provenance directe de Chine. Bref, selon les raisons pour lesquelles vous souhaitez consommer bio, vous n’êtes pas à l’abri de petites contradictions.

bananes bios mais pas locales
Vous croyez vraiment qu’elles poussent chez le maraîcher du coin, vos bananes ?

8. Les produits bios sont 100% naturels.

FAUX. Les rayons bios regorgent de produits transformés, portés par la vague du sans gluten ou du végétarisme / végétalisme / véganisme / whatever. Produits transformés qui sont, à l’image de leurs cousins conventionnels, des horreurs sur le plan nutritionnel.

Si votre seul et unique but est d’éviter un ingrédient pour cause d’allergie, ou de ne jamais ingérer de substance d’origine animale, c’est cohérent. Si votre préoccupation est de l’ordre de la santé et de la nutrition, revenez à plus de simplicité.

8. Les cosmétiques certifiés sont 100% bios et naturels.

FAUX. Le label Ecocert garantit un minimum de 95% d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle, et 10% d’ingrédients issus de l’agriculture biologique.

Pour que les produits se conservent au-delà de quelques jours ou semaines, il faut encore recourir à des ingrédients synthétiques. Ce sont les conservateurs, dont l’innocuité n’est pas toujours certaine. 

produits biologiques cosmétiques
Quoi, il n’y a pas que des pétales et des feuilles dans ma crème hydratante ?

9. Les cosmétiques bios sont moins efficaces.

FAUX. Au début, il faut reconnaître que les produits d’hygiène, de soin ou de maquillage bio, c’était pas la panacée. Mais la recherche a nettement progressé et les formules sont aujourd’hui aussi efficaces que celles de leurs cousins conventionnels (testez par exemple le baume déodorant bio 100% naturel Clémence et Vivien). Niveau ménage, là je vous le dis franchement : passez au nettoyage écologique ! Bref, plus besoin d’être une ayatollah de la plante pour s’essayer aux produits bios.

produits biologiques démaquillant
Quelques gouttes d’huile, même de cuisine : le meilleur démaquillant qui soit !

10. BONUS : Les personnes qui achètent tout bio sont vraiment des bobos de merde en mal de distinction sociale.

AHA… Après pareille liste, pourquoi manger bio, me direz-vous ? Vous vous sentez un peu le tofu de la farce. Pourtant, même (et surtout) après cet état des lieux, je reste convaincue que consommer bio a un sens et un intérêt. À condition de savoir pourquoi vous le faites. Et… ce sera l’objet d’un prochain article 😉

D’ici là, portez-vous bien, petites noix du Brésil.

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vrai faux produits biologiques

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Anaelle
Blogueuse engagée. Écologie, société et autodérision.

6 Responses

  1. J’ai ri.

    Oui, c’est la fameuse différence entre le bio et la bio.

    Spontanément, à moi aussi le prix du bio de grande surface m’est plus attractif et surtout accessible. Mais (et je précise ici que je gagne très très peu de sous), je ne vois pas l’intérêt de soutenir « le » bio, à savoir des produits hors-saison, toujours calibrés (donc même logique de gaspillage en amont), venant de loin, et suremballés !
    Donc je soutiens « la » bio, en magasin bio (la charte de Biocoop est rigoureuse) : où j’achète des produits de saison, le plus local possible; et oui, je me passe de certains fruits/légumes quand le prix est exorbitant (oui, souvent les asperges ou mes figues font la fête sans moi).
    Surtout, comme tu le dis, se tourner vers le bio implique de questionner ses habitudes et priorités.
    J’ai la chance d’aimer les produits simples et faire la cuisine; donc je n’achète jamais de plats préparés, produits transformés ou simili-carnés , qui en effet en bio coûtent chers !
    Et je revois mes priorités. Je sais qu’avoir un smartphone et certains équipements participent de l’insertion dans la société, voire de la réalisation sociale. Mais je trouve incohérent (!) de dire aux gens qui soutiennent la démarche bio, que ce sont des bobos et que le bio coûtent bien trop cher; alors qu’on se rue sur le dernier iPhone hors de prix.
    Cela me fait plus plaisir, car c’est en accord avec mes valeurs, de soutenir les démarches engagées sur mon territoire, que d’avoir une TV écran plat.
    Et même : je comprends que le bio reste, de prime abord, moins accessible que la nourriture low cost. Mais n’est-ce pas cette dernière, vide de tout intérêt nutritionnel et nuisant à la santé, qui est à un coût trop élevé?
    Ça me déchire le coeur de voir certains caddies, contenant des produits suremballés (donc emballages qui surenchérissent le coût des produits), dont presque 1/3 finira à la poubelle, et qui nuisent à long terme à la santé des gens.
    En remettant du sens dans la nourriture, on reprend conscience de sa valeur. En consommant des produits de meilleure qualité, mais en moindre quantité car on fait attention à réduire le gaspillage; qui soutiennent une démarche et des producteurs vertueux…Retrouver le plaisir de cuisiner soi-même, en partageant du temps avec ses proches.
    Oui, le bio peut-être une supercherie marketing, et la bio reste inaccessible à nombre de foyers. Mais certains sont en capacité de questionner leurs (sur)consommation, de remettre de la conscience dans ce qu’il mange et consomme 🙂

  2. Fournier dit :

    Moi j’ai fait une énorme constatation que tous les produits BIO vendu dans tous types de magasin n’est pas dû tous de la taille des produits BIO que je produits, mes produits ont un goût très développé est principalement les potiron sont de 5kg à 60kg et les courgettes sont de 1Kg et demi à 4kg. J’utilise des plantes pour produire du désherbant ou des pesticides totalement naturel tous les produits BIO vendu dans tous types de magasin sont 50%BIO car utilisation de concervateur.
    Les courgettes BIO vendu dans tous types de magasin font le mêmes poids, même taille et mêmes qualité gustative que les non BIO. Donc je ne mange plus que mes fruits et légumes produits chez moi.
    Je fais même mon propre lave-glace maison qui est plus écologique et moins cher que si je l’acheter en magasin par ans j’économise 30€ de lave-glace.

  3. Barbara dit :

    Bonjour,

    Merci pour cet article très bien écrit. De mon côté, je suis arrivée à peu près au même constat (avec certes moins de recherches mais seulement basé sur mon expérience).

    J’en suis arrivée à la conclusion que la seule façon de savoir ce que l’on met dans son assiette (ou sur sa peau ou sur son carrelage) est de connaître les producteurs. Ce n’est évidemment pas possible pour tout mais je pense qu’en se concentrant sur les fruits/légumes, les cosmétiques et les produits ménagers on peut supprimer pas mal de produits nocifs.

    Pour les fruits/légumes, j’ai la chance d’avoir un maraîcher extra à côté de chez moi. ça ne me prend pas plus de temps que d’acheter mes fruits/légumes au supermarché car j’ai arrêté de naviguer entre les rayons en hésitant entre le local avec potentiellement une dose de pesticides importante ou le bio importé…. Il n’est pas labellisé bio mais en discutant avec lui j’ai compris que ça façon de cultiver lui permettait de se passer le plus souvent possible de tout produit (ce qui est mieux que le bio qui autorise une liste de produits qui me fait parfois peur). Je pense que si j’avais vu ses produits dans un supermarché je ne les aurais certainement pas achetés car non labellisés et j’aurais passé à côté de fruits/légumes exempts de tous produits, exactement ce que je recherche. Mais cela, on ne peut le savoir qu’en discutant avec les agriculteurs.

    Le bio est très tendance et certains cherchent ce label uniquement pour des aspects économiques. En ce bio-là, je n’y crois pas une seconde. Je pense même que ça peut être plus nocif que le non-bio car traiter plus que de raison avec certains produits autorisés dans le bio doit très probablement être nocif pour la santé et l’environnement.

    Pour les cosmétiques, il y a de plus en plus de personnes qui se lancent dans la fabrication de produits naturels. C’est le seul modèle que je vois pour éviter de retomber dans le bio commercial. J’ai d’emblée écarté la gamme « bio » des grandes marques…

    Pour les produits ménagers, c’est le plus simple. Avec du vinaigre blanc, du bicarbonate de soude et du savon de Marseille, on nettoie à peu près tout de la cave au grenier en passant par la lessive. De plus, les économies réalisées de ce côté compensent le coût supplémentaire d’autres produits bio.

    Voilà voilà petit à petit on va y arriver 🙂

    Bonne journée.
    Barbara

  4. Laure dit :

    Haha j’adore et j’ai bien rigolé ! Pour moi au delà du bio c’est le modèle qu’il faut changer, je boycotte les hypermarchés depuis assez longtemps et j’essaye de trouver des petits producteurs. En plus il y a souvent des petits producteurs qui sont full bio mais sans label car il est cher. Revenir à taille humaine que ce soit la taille des magasins que la taille des exploitations je pense qu’une des solutions est par là Et prendre le temps de chercher la qualité plutôt que la quantité aussi… Bref merci pour ton article !

  5. Nonocram dit :

    Bonjour,

    J’ai lu pas mal d’article sur votre site très intéressant et je vous en remercie.
    Le bio, ah je connais bien, j’en achète dans mon Leclerc préféré depuis un peu plus d’un an.
    J’essaye de prendre du Français, local si possible (nous avons la chance d’avoir pas mal de choses vraiment local).
    Après cela est sûr certains se font du frics monstre la dedans et s’en foutent du bio.
    Pour ma part je sais que dois c’est abusé le bio, qu’il y a des saloperies derrière, en plus je suis
    un pigeon car j’achète bio, MAIS je me dis c’est toujours mieux que d’acheter les autres saloperies à côté.

    Certains vont me répondre, mais va chez le culto du coins lui il va te fournir du bon bio. A voir, cela dépends lesquelles avec leur médoc pour soigner les bêtes … et au mieux même si cela est vrai pendant ce temps je n’ai pas les moyens d’acheter directement au producteur.
    J’espère un jour 😀

    Bonne soirée

    Nonocram

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