Les magasins bio et autres enseignes spécialisées sont-ils trop chers ?

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Qui dit bio dit cher. Trop cher. J’ai beau vouloir consommer des produits exempts de pesticides chimiques et respectant une certaine philosophie… Parfois, je m’étouffe en passant à la caisse. On sait que la grande distribution abuse largement des consommateurs en empochant des marges bien grasses sur les produits bio. Que dire alors des magasins bio et autres enseignes spécialisées, dont les prix sont encore plus élevés que ceux des supermarchés ?

En toute légitimité, je me suis demandée si on ne se faisait pas avoir quelque part. Alors je me suis penchée sur les critères d’approvisionnement des magasins bio et sur les garanties qu’ils offrent sur leurs produits. Avec pour finir quelques astuces pour ne pas se ruiner.

Pourquoi les prix en magasins bio sont-ils si élevés ?

Si j’ai opté pour un mode de consommation et d’alimentation biologique, c’est parce que j’adhère à certaines valeurs, le fameux sain – éthique – écologique. Des critères que ne satisfont pas vraiment la grande distribution, selon moi.

Lire mon article : « Peut-on faire confiance au bio de supermarché ? »

Si vous êtes un newbie du bio, donc un newbio en fait (oui, elle est de moi), il est possible – voire très probable – que les prix dans les enseignes spécialisées vous donnent des palpitations.

Plusieurs explications à cela :

  • Les rendements de l’agriculture biologique sont inférieurs à ceux du conventionnel (du moins, pour ceux qui respectent l’esprit de la bio, je ne parle pas ici de bio industriel ou low cost).
  • Les besoins en main d’œuvre sont plus importants.
  • La certification a un coût.

D’autres raisons sont invoquées par les enseignes bio :

  • Les producteurs sont mieux rémunérés que dans les circuits classiques de distribution.
  • Les produits sont de meilleure qualité. Ils ne sont pas « gonflés » avec de l’eau, du sucre, du sel, des graisses ou trois tonnes d’additifs, même s’ils ne sont pas exempts de ces derniers (coucou le lait d’amande ou les cubes de bouillon.)

Voilà pour les explications. Au final, un « panier moyen » à Naturalia coûte 57 % plus cher qu’au rayon bio de chez Leclerc, et 52 % plus cher à la Biocoop. Sans parler du conventionnel : on est à plus du double ! Certes, les supermarchés affichent des prix bas pour de mauvaises raisons. Mais quand même, 1,5 fois plus cher ?

panier moyen produits bio

Des garanties sur les produits des enseignes bio

Face aux critiques, les magasins bio mettent souvent en évidence :

  • leurs engagements auprès des producteurs,
  • les conventions sociales dont bénéficient leurs employés,
  • les bonnes pratiques de gestion qu’ils ont mis en place (énergie verte, tri des déchets, actions de compensation du bilan carbone…)

En matière d’approvisionnement, le caractère « écologique » des fruits et légumes distribués est parfois discutable selon les enseignes.

Pour y voir plus clair, j’ai scruté le cahier des charges du réseau Biocoop. On y trouve bien certaines garanties :

  • pas de transport en avion,
  • pas de produits provenant de la mer de plastique (la province d’Almería en Andalousie),
  • pas de vente d’espèces de poisson menacées,
  • une priorité accordée aux produits locaux et de saison…

Pourtant, dans les magasins bio, on trouve souvent tomates d’Espagne et des raisins d’Italie. Quand ce ne sont pas des patates douces d’Israël. Pourquoi ? Dans Reporterre, tous invoquent la même raison : parce que les consommateurs en veulent !

Respecter strictement la saisonnalité et un approvisionnement local, cela signifie restreindre l’offre de produits. Et ça, bien qu’elles respectent et promeuvent l’esprit de la bio, les enseignes spécialisées ne sont pas prêtes à l’imposer. Elles risqueraient d’y perdre des clients.

Morale de l’histoire : au consommateur de choisir ce qu’il achète, en connaissance de cause.

Quelles marges pour les magasins bio ?

enseignes spécialisées biocoop
Welcome Bio, rue Boulle à Paris

Puisqu’on parle de prix, je me suis demandée quelle part allait dans la poche des magasins bio. Pas évident à comprendre, les notions de chiffre d’affaire, marge brute ou commerciale, marge nette, bénéfice…

Si j’ai bien compris ce que j’ai lu dans leur cahier des charges, la marge brute ou commerciale (le prix de revente, moins le prix d’achat des produits) des magasins Biocoop est plafonnée à un taux de 31,5 %. Cela varie d’un produit à l’autre, mais le bilan total ne dépasse pas ce taux.

Selon le magazine Linéaires, la marge de Biocoop SA serait « passée de 21,2 % en 2014 à 20,9 % en 2015 (CA moins coûts d’achat et de transport). » Le réseau se vante en effet de réduire ses marges, notamment avec ses produits « La bio, je peux », pour rendre la bio accessible au plus grand nombre.

Ces infos contrastent avec d’autres, que j’ai pu trouver ailleurs. Ainsi, selon le dossier de presse de l’étude Natexbio / Astérès :

« Les enseignes bio en réseau connaissent une trajectoire similaire aux transformateurs : hausse du chiffre d’affaires (+14 % en 2015), amélioration des marges (de 2,1 % en 2013 à 4,1 % en 2015) (…). Aujourd’hui, les marges des magasins spécialisés bio et les marges des grandes surfaces alimentaires sur les produits bio sont supérieures aux marges sur les produits conventionnels. »

On a donc une information contradictoire, vague et aucune explication pour comprendre. Bien sûr, on parle ici de l’ensemble des magasins bio, et pas seulement du réseau Biocoop (qui est le seul pour lequel j’ai pu trouver des informations détaillées).

Mais tout de même, pourquoi des marges supérieures sur les produits bio ? Pour permettre aux magasins bio d’investir et de se développer ? Vous l’aurez compris, difficile de savoir quoi penser…

Petit guide de survie en magasin bio

Oui, les prix des enseignes spécialisées sont élevés.

Si vous décidez d’y faire vos courses, voici quelques astuces pour limiter la douleur lors du passage en caisse :

  • Lisez les prix au kilo / au litre. Comme partout, un prix bas ne signifie pas une promotion… Mais une petite portion. Pour ne pas vous faire pigeonner, n’ayez pas peur de vous pencher sur les petites lignes.
  • Achetez non transformé. Laissez tomber les steaks de soja, les pâtes sans gluten et les mueslis tous prêts. Les produits bruts sont beaucoup moins chers que les dernières inventions de l’industrie agro-alimentaire. Oui, il va falloir sortir les couteaux et les casseroles !
  • Préférez l’achat en vrac. Sauf erreur dans la matrice, les produits vendus en vrac sont toujours moins chers que leurs équivalents pré-emballés. En plus, vous choisissez la quantité.
  • Osez consommer des produits que vous ne connaissez pas. Inutile de craquer son cabas en ramenant tous les légumes chelous du coin. Toutefois, un produit inconnu, de temps à autre, ne fait pas de mal. Le web est saturé de tutos et de recettes en tous genres pour apprendre à les cuisiner. C’est par exemple Google qui m’a appris à préparer du céleri branche.
  • Privilégiez la marque du distributeur, lorsqu’elle existe. C’est comme en grande surface : quand il y a moins d’intermédiaires, c’est moins cher.

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2 commentaires

  1. Aniaki Répondre

    J’ai envie de dire tout pareil ! Même si on remarque que les marge faite sur les produits  » sain  » sont souvent enorme…

  2. Berangere Répondre

    En étant étudiante et consommatrice bio ces petits articles font du bien…je consomme moins mais mieux, mais effectivement la case « fait maison » permet de faire de sacrés économies hâte de lire la suite!

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