Greenwashing, healthwashing : attention aux discours trompeurs !

Greenwashing, healthwashing : attention aux discours trompeurs !

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Attention lecteurs, ceci est un coup de gueule. J’en ai ma claque du greenwashing et du healthwashing éhonté dont se servent les marques pour vendre. De tout ce marketing de l’eco-friendly, de la santé, du respectable, de l’éthique et du sain.

Rien de nouveau, me direz-vous… Mais cette publicité pour les nouvelles crèmes solaires Biotherm, c’était la goutte d’eau. Le principal argument de vente ? Une crème solaire qui respecte les océans. Je vous jure, ils ont honte de rien.

La crème solaire Biotherm : un parfait exemple de greenwashing

Donc. La nouvelle gamme de Biotherm s’appelle Water Lovers, aka la crème solaire des gens qui aiment les océans, les dauphins et les récifs coralliens.

Comment se diffuse le greenwashing ?

Comment est-ce possible que ce soit autorisé, si c’est un mensonge ? Asseyez-vous, je vais vous raconter la fabuleuse histoire de la fabrique de l’information. Du moins, la mauvaise (qui est répandue, mais heureusement pas partout.)

Patricia-Marie, responsable des relations presse pour Biotherm envoie un communiqué à tout son fichier presse. Objet : « La crème solaire qui fait l’amour à l’océan ».

Laura-Églantine, journaliste beauté pour un magazine quelconque, ouvre le mail et regarde vaguement la pièce jointe. Ça tombe bien, elle a un sujet à rédiger pour l’été. Elle intègre donc Biotherm dans sa sélection shopping de crèmes solaires eco-friendly. Sans regarder la composition, bien sûr (de toute façon, elle sait pas lire une liste INCI).

C’est là que vous entrez en scène. Vous patientez depuis déjà 30 minutes dans la salle d’attente du généraliste. Pour passer le temps, vous feuilletez un magazine et tombez sur l’article en question. C’est fou car vous avez justement entendu parler de ces crèmes qui niquent les océans. Comme c’est écrit par un journaliste payé pour vérifier ses infos, vous notez la référence et achetez la crème solaire en question. Ça coûte un peu plus cher mais vous avez la conscience tranquille.

Et voilà comment se faire rouler comme un maki cheese-concombre.

Parce que si vous retournez le flacon et que vous regardez attentivement la liste des ingrédients… Croyez-moi, vous êtes pas déçus du voyage.

Il y a quoi au fait, dans la crème solaire Biotherm ?

Pour rappel, les composants d’une liste INCI sont classés par ordre d’importance. Les premières substances sont donc les plus présentes dans la composition.

Que trouve-t-on dans la gamme Water Lovers ? Voyons… De l’eau, de la glycérine (visiblement d’origine synthétique), okay, puis… De l’homosalate. Un filtre chimique soupçonné :

  • d’être toxique pour l’environnement,
  • d’agir comme un perturbateur endocrinien,
  • d’augmenter l’absorption de certaines substances comme les pesticides dans le corps,
  • de se transformer en molécule dangereuse au contact de la lumière du soleil.

Or, l’homosalate est le premier filtre chimique de cette crème. Problématique, quand l’argument de vente principal est le respect de l’environnement…

La composition de la crème Water Lover. Soulignés en rouge, tous les produits notés de « passable » à « déconseillé » par le site La Vérité sur les Cosmétiques.

Moralité : l’argument écologique de Biotherm, c’est comme l’argument santé du Coca à la stevia. Des améliorations à la marge, mais dans le fond, aucune remise en cause de la composition du produit.

Bref, un parfait exemple de greenwashing : une stratégie marketing principalement axée sur des bienfaits qui n’existent pas.

Je vous donne un autre exemple ?

Sanex, les rois du healthwashing*

*Pareil que le greenwashing, mais pour des bienfaits qui concernent la santé, donc.

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S’il y a bien une marque d’hygiène qui me rend hystérique avec ses mensonges éhontés, c’est Sanex. (Et Cadum, Saforelle… Tous ces savons et gels douches qui se présentent comme plus respectueux de la peau.)

Déjà, on adore le slogan : « Approuvé par des dermatologues ». Tiens, moi demain je vais me lancer dans la fabrique du dentifrice maison, coller une étiquette « approuvé par des dentistes » et le vendre. Sérieusement, les gars.

Ensuite, la composition ? J’ai regardé celle du « Zéro % ». On trouve de l’eau, de la glycérine (synthétique, toujours). Puis… du Sodium Laureth Sulfate (SLES). Comme son cousin le Sodium Lauryl Sulfate (SLS), le SLES un tensio-actif sulfaté avec un fort pouvoir détergent, couramment utilisé dans le nettoyage industriel ! Hmmmmm, ça donne envie de se doucher. Ensuite, du Cocamidopropyl Betaine, un tensio-actif synthétique dérivé de l’huile de noix de coco. Moins irritant que le SLES, mais a priori allergène.

La suite de la compo est effectivement un peu plus clean que celle de la plupart des gels douches, avec une formule relativement courte. Mais pour un produit qui se vante d’être exempt de produits chimiques et formulé spécialement pour les peaux sèches et sensibles… On reviendra, clairement.

Comment éviter le greenwashing et le healthwashing ?

comment éviter le greenwashing

Beaucoup trop de fabricants se servent de l’auréole dont ils se sont auto-parés pour vendre des produits dégueulasses. Comme ils trônent sur les étagères immaculées des pharmacies et parapharmacies, on associe spontanément leurs produits à une image « santé ».

Sauf que votre pharmacien a clairement autre chose à faire que d’analyser la composition des crèmes solaires et des shampoings qu’il vous vend entre deux boîtes de médicament.

Malheureusement, personne ne sera vigilant à votre place. Les mentions sur les emballages sont très peu réglementées, n’importe qui peut donc écrire n’importe quoi. (Ou presque). Pour éviter de vous faire avoir, quelques règles de base :

  1. Méfiez-vous du marketing et du packaging, les mentions trompeuses ou même la couleur verte suffisent à vous influencer.
  2. Allez au plus simple (moins la formule est longue, moins il y a de chances que votre produit contienne de merdes).
  3. Apprenez à lire les étiquettes.
  4. Lisez-les.

Au besoin, aidez-vous d’applications comme INCI Beauty pour analyser la composition des produits.

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Anaelle
Blogueuse engagée. Écologie, société et autodérision.

7 Responses

  1. trebutien dit :

    Bonsoir….je crois que je vais faire mes courses avec la liste INCI ….et surtout une loupe !
    J’aimerai avoir ton avis sur Aroma zone….car il faut peut être se mettre à fabriquer ses produits..Merci pour tes articles, toujours passionnants.

  2. Camille Mabire dit :

    Bonjours, je partage votre révolte face à tout cela! J’aimerai connaître votre avis concernant les produits Dr Bronner ? Ils m’ont l’air clean mais bon maintenant je doute de tout ^^

  3. Emmanuel dit :

    Bonjour Anaëlle,
    Merci pour ces éclairages.
    Je débute dans le domaine et la fabuleuse aventure de la lecture des étiquettes indigestes.
    As tu des infos et conseils pour les liquides vaisselle ?
    Merci pour le temps que tu passes à partager.

  4. charlotte dit :

    Hello ! J’étais aussi vachement énervée quand j’ai vu ces pubs gigantesques sur la crème solaire qui protège les coraux ! Comment est-il possible que ce soit autorisé ?? Merci de ton éclairage, c’est vraiment une question à laquelle je n’arrive pas à répondre. On n’a pas le DROIT de MENTIR à ce point, si ?

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