13 juillet 2021

Oser se montrer vulnérable : et s’il n’y avait rien à protéger ?

Est-ce que tu te dis parfois que si on pouvait entendre tout ce qui se passe dans ta tête, plus personne t’approcherait ? Que si ta famille, tes ami·es, collègues, client·es, etc. entendaient tes pensées, ils·elles ne pourraient tout simplement plus t’aimer ? Je crois qu’on a tous·tes, au moins un jour ou l’autre, eu ce sentiment là. Le sentiment de pas être acceptable entièrement, avec nos lumières et nos ombres (Garçon ? Je prendrais juste la lumière, merci). Avec nos doutes, nos faiblesses, les pensées qu’on estime honteuses, les fois où on s’est trouvé·es nul·le, injuste, méchant·e, etc. Bref, toute cette vulnérabilité révoltante qui fait de nous un être humain, et qu’on n’ose pas montrer.

Cachez cette vulnérabilité… Que nous avons tous·tes en nous 🤓

Quand on y pense, c’est fou toute l’énergie qu’on dépense pour essayer de planquer ÇA, cette part de nous soi-disant inavouable et indigne d’être aimé·e… Alors qu’on en a tous·tes une. (Et qui n’est ni inavouable, ni indigne d’être aimé·e, by the way.) On vit dans l’angoisse permanente que quelqu’un découvre la vérité à notre sujet – à savoir qu’on est tous·tes pareil·les. Enfin non, mais tu vois l’idée : on est tous·tes traversé·es par des peurs, des envies de faire mal, de la confusion, des peines… On connaît tous·tes la souffrance, à un moment ou à un autre. Et il n’y a rien de honteux à ça.

La vulnérabilité, oser se montrer vulnérable, a toujours été un sujet qui me passionne. Très jeune, j’ai remarqué que beaucoup de relations humaines étaient un jeu de dupes. Et j’étais mal à l’aise avec ces parties de poker dont je ne comprenais pas les règles, où tout le monde semblait mentir pour protéger quelque chose mais quoi ? Je voyais la manipulation, la douleur qu’on essaie de dissimuler, et une question m’obsédait : pourquoi tant d’efforts pour cacher ce qu’on sait déjà – c’est-à-dire qu’on est tous·tes humain·es, tous·tes magnifiques et imparfait·es à la fois ?

Peut-on m’aimer si je montre mes imperfections ?

Les études supérieures et le monde du travail ont sans doute été les endroits les plus déconcertants pour moi. J’étais entourée de gens qui semblaient déborder de confiance en eux·elles, n’admettaient jamais aucun tort, ne paraissaient jamais se remettre en question. Tout ça me semblait faux mais le vernis ne craquait pas : j’avais rarement des conversations sincères et authentiques. Moi-même, je protégeais des choses. J’avais parfois l’impression que le travail était un interminable bras de fer. Je n’avais pas envie d’y jouer.

Il m’a fallu un peu de temps et plusieurs conversations avec ma psy pour comprendre que tout le monde n’était pas à l’aise avec sa sensibilité, qu’on pouvait se sentir en danger quand on ne protégeait plus rien.

C’est vrai, on a certainement aussi tous·tes fait l’expérience d’être malmené·e dans un moment de vulnérabilité. Ou d’être rejeté·e du fait d’une erreur, d’une « faiblesse »… (Note : ça n’est jamais à propos de nous, ça parle juste du rapport de l’autre à sa propre vulnérabilité.) Ça laisse des traces car pour nous protéger, l’ego saute à la conclusion : « Tu n’es pas acceptable en entier, si tu te montres vraiment tu es en danger. » Et c’est parti pour des années à essayer de planquer ses émotions, ses imperfections, et vivre dans le stress permanent d’être percé·e à jour.

Première vraie rencontre avec ma vulnérabilité

La première fois que j’ai été accompagnée en coaching, j’ai versé beaucoup de larmes. C’était un espace de confiance et de sécurité, où j’ai partagé mes joies, mes progrès, mes réussites, mais aussi des moments de down, des doutes sur ce que je voulais faire, de la honte à propos d’erreurs commises… Tous les trucs que t’as pas envie de claironner sur la place publique, et qu’il faut pourtant regarder si tu veux faire la paix avec et continuer d’avancer.

Le jour où ma coach m’a proposé de rejoindre son équipe, ma première pensée a été : « Elle a du se tromper, elle ne peut pas vouloir travailler avec moi avec tout ce qu’elle sait à mon sujet. » (La bonne vieille croyance que je suis pas aimable dans mon entièreté, TMTC.)

Mais il n’y avait pas d’erreur, elle n’avait pas louché en m’écrivant. Elle me proposait bien d’entrer dans sa team. Et ma capacité à accepter d’être vulnérable faisait partie des raisons pour lesquelles elle me faisait confiance.

J’y croyais pas encore tout à fait, mais j’ai dit oui. Mood :

accepter d'être vulnérable

Oser se montrer vulnérable… Parce qu’il y a tout à aimer

Ce n’est que quelques mois plus tard que j’ai compris, en devenant coach à mon tour, à quel point je ne pouvais qu’aimer quelqu’un qui dépose les armes, les masques, les boucliers, et ose se montrer vulnérable.

En 2 ans, j’ai accompagné plus d’une cinquantaine d’entrepreneur·es. Beaucoup m’ont confié des choses qu’ils·elles n’ont dites à personne ou presque. Ils·elles ont partagé en toute transparence leur quotidien, leurs pensées, leurs émotions, leurs relations, leurs finances… Ce qu’il y a de magnifique comme ce qu’il y a de moins glorieux à leur sujet.

Certain·es sont devenu·es des ami·es, d’autres non, ou pas encore. Il y a plein de raisons qui font qu’une relation s’approfondit ou pas. Et ce n’est JAMAIS ce qu’ils·elles ont dit ou montré de vulnérable en séance.

Pour chacun·e d’entre eux·elles, j’ai ressenti énormément d’amour. Et cet amour n’a pas diminué au moment où ils·elles se sont montré·es vrai·es, bien au contraire. Certains moments vécus en coaching figurent parmi les plus beaux de ma vie : j’ai été émue aux larmes par des protections qui lâchent, des vérités qui se font jour, des cœurs qui acceptent de se laisser toucher.

Ça fait quelques années que je laisse tomber une à une les couches de protection derrière lesquelles j’ai pu me planquer dans l’espoir de ne plus souffrir. Et ce que je vis jour après jour, avec surprise et émerveillement, c’est que je ne souffre pas davantage en ouvrant mon cœur et en me laissant toucher simplement par ce que je ressens. Je ne suis pas plus atteignable quand je me montre vraie. La seule chose qui me fait vraiment souffrir, c’est la croyance que je ne suis pas aimable telle que je suis : humaine.

Pour aller plus loin sur le sujet de la vulnérabilité

Si tu ne le connais pas, je te conseille évidemment le TEDx de Brene Brown sur le pouvoir de la vulnérabilité.

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