Je ne rentre pas dans une case. Et alors ?

rentrer dans les cases
Temps de lecture : 3 minutes

Ça m’a pété d’un coup, j’ai eu envie d’écrire sur ce syndrome du mouton noir. Celui qu’on a tous ressenti un jour en se trouvant différent des « gens ». Mais pourquoi se flageller dès lors qu’on ne fait pas comme la majorité ?

Je ne rentre pas dans une case : et alors ?

Les cases, c’est l’une de mes grandes réflexions du moment. Il m’arrive souvent de ne pas réussir à me couler dans le moule. Adolescente (et même un peu après), je ne rêvais pourtant que de ça : ressembler aux autres, me fondre dans un groupe, n’importe lequel.

Aujourd’hui, je suis contente de la richesse que m’apporte le fait de côtoyer et d’avoir côtoyé des univers très différents, sans appartenir vraiment à aucun d’entre eux.

La case de la fille qui sourit et se tait ? Bof…

Je ne rentre pas trop dans les cases de genre. Ado, je traînais surtout avec des gars qui ne me considéraient « pas vraiment comme une fille ». Pour être honnête, j’aurais préféré être un garçon, ça m’aurait simplifié beaucoup de choses. J’aurais assumé plus facilement la spontanéité de mes paroles, mon second degré, mon côté compet’.

Les rôles masculins et féminins sont bien délimités, et l’humour n’est pas de mon côté. Tant pis, je fais des blagues « de mec ». Même si parfois on me regarde de travers. Ces reproches, verbalisés ou sous-jacents, génèrent de la culpabilité, des remises en question. Est-ce que je ne sais pas rester « à ma place » ?

Mais attendez, c’est quoi, ma place ? Celle que je veux, pas celle qu’on m’attribue. Aujourd’hui, j’arrive à peu près à faire ce que je veux, sans me demander si c’est trop ou pas assez. Je ne vais pas vous dire que c’est facile, mais je le fais.

Lire mon article : « Pour le lap-dance c’est au fond du bar… » Et autres moments de sexisme ordinaire.

La case du salarié content de bosser ? Non plus

Stagiaire puis jeune diplômée, je ne me fondais pas dans le monde du travail. Je m’ennuyais très vite, j’avais peur des 40++ années qui m’attendaient, parce que je ne voyais que cette case dont je n’épousais pas les formes.

Puis j’ai regardé hors de la boîte, et j’ai compris que je me sentirai mieux quand j’arrêterai d’essayer de rentrer dans le case du salariat. Ou pire encore, celle de « j’ai suivi des études pour ça, je ne vais quand même pas changer de voie ».

Aujourd’hui, je suis rédactrice web à mon compte, pour aussi longtemps que cette activité m’épanouira. Car les multipotentialistes comme moi ont vite fait d’aspirer à de nouvelles aventures…

je ne rentre pas dans les cases

Le cliché de l’écolo ? Toujours pas…

Devinez quoi ? Je ne suis pas non plus le cliché de l’écolo.

D’abord, je déteste l’entre-soi. C’est confortable, mais on tourne vite en rond.

Ensuite, j’ai bien quelques allures de bobo… Sans me sentir du tout à l’aise avec la plupart de ceux à qui on colle cette étiquette.

Souvent, les gens qui ne me connaissent pas s’étonnent de ce blog. Mon côté bonne vivante et marrante, ça ne colle pas à l’image de moralo-coincée du cul qu’ils ont en tête. Mais les idées reçues, c’est encore un autre sujet… Faut-il s’habiller d’une certaine manière, fréquenter des lieux spécifiques, avoir des activités désignées pour être une green girl ? Au secours.

Scoop : personne ne rentre dans les cases

Les cases sont là pour nous rassurer. Elles organisent notre compréhension des choses. Les cases divisent le monde entre les nous et les pas-nous, la faute à un obscur instinct tribal qui ne veut pas disparaître. Si c’est « pas-nous », si ça dépasse : on rejette, on discrédite, on ridiculise, on insulte. Dans le meilleur des cas on s’en fout (ouf !)

Mais on se dit rarement que c’est une occasion de voir les choses autrement. Parce que s’interroger, c’est sortir de la zone de confort où l’on s’est installé, parfois depuis longtemps. C’est prendre le risque de ré-agencer son univers, de contredire son moi d’il y a dix ans (ou de la semaine dernière), d’inventer quelque chose de nouveau. Admettre qu’on puisse se tromper, et donc risquer d’être vulnérable.

Or, quand on y réfléchit bien, qui rentre vraiment dans les cases ? Ou plutôt : qui rentre dans les cases, sans que ce soit au prix de contorsions douloureuses et de renonciations et/ou de facilité, de paresse ? On s’y conforme par habitude ou parce qu’on aime mieux être à l’étroit, plutôt que de risquer l’aventure du dehors.

Pourtant, on n’a jamais rien inventé d’intéressant dans les cases. Les univers hermétiques ne communiquent pas, et sans communication, pas de compréhension. 

C’est précisément pour ça que je ne tiens pas à fréquenter que des gens qui me ressemblent. Bien sûr, on est spontanément attirés par ce qu’on connaît, et ça n’est pas mal en soi. Mais ça ne m’intéresse pas de rester uniquement dans ce que je sais déjà.

S’assumer, être soi, dans et en dehors des cases

D’une manière générale, quoi que je fasse, je prends rarement la panoplie complète. Je préfère piocher dans différents univers pour faire ma tambouille.

Mon intérêt pour l’écologie, les rapports humains, l’art, le travail… C’est peut-être ça leur dénominateur commun : une volonté de se découvrir, d’être soi et de s’assumer.

Pas dans la démonstration, pas dans la provocation, pas dans la revendication. Encore moins dans l’agressivité.

Juste s’assumer, purement et simplement, dans le fait d’être. Parfois dans les cases, parfois en dehors.

Oui, il y aura toujours quelqu’un pour avoir un avis sur ce qu’on fait. À nous de voir quelle importance on y accorde, surtout lorsque ça touche des choses qui nous tiennent à cœur. C’est un long travail sur soi, qui dure toute la vie. Mais se traiter avec respect, c’est une vraie forme d’écologie intérieure.

Pas besoin de crier qui on est à la face du monde. Pas besoin de remplacer sa photo de profil par un fuck, ni de répéter « on les emmerde » à tout bout de champ. Ne perdons pas d’énergie à nous chercher des ennemis : occupons-nous de nous-mêmes. Il n’y a que nous pour lever nos barrières, nos freins, élargir notre champ des possibles. 

Je ne rentre pas dans une case : et alors ? Le monde ne s’arrêtera pas de tourner pour si peu.

Peut-être même qu’il s’en portera un peu mieux.

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5 commentaires

  1. Laure Répondre

    J’adore !! Oui prendre de la hauteur être « dans » parfois, « en dehors » d’autres fois mais ne pas être en réaction contre ou pour, on s’en fiche en fait 😉 Etre juste là où l’on a envie d’être et être qui l’on est sur le moment. Cela semble simple dit comme cela et c’est pourtant loin d’être facile de se trouver et de s’accepter. Bref j’aime beaucoup ton article, merci !

  2. Cédric SEAUVY Répondre

    Bravo Anaelle de t’assumer. J’ai dévoré cet article, tellement je me reconnais dans ce parcours , et tellement j’en suis fier ! Continue de suivre ton instinct, ta voie (car il ne peut y en avoir d’autres).

    Je me bats pour que les individus prennent conscience de leur potentiel, de la chance que cela peut etre de sortir de son cadre de référence.

    La traduction anglais de « prendre un risque » est « take a chance »

    Alors voyons les opportunités partout, tout le temps !

    • Anaelle Auteur de l’articleRépondre

      C’est un long chemin de s’assumer, je suppose d’ailleurs qu’on n’arrive jamais au bout. C’est marrant, j’ai notamment pensé à toi en l’écrivant ! Merci Cédric 🙂

  3. Alexandra Lemiesle Répondre

    Merci Annaelle! Merci 1000 fois pour ce bel article que je m’empresse de partager!

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