Je ne rentre pas dans les cases : et alors ? | La Révolution des Tortues

« Je ne rentre pas dans les cases. » Et alors ?

rentrer dans les cases
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Ça m’a pété d’un coup, j’ai eu envie d’écrire sur ce syndrome du vilain petit canard. Celui qu’on a tous ressenti un jour en se trouvant différent des autres, pour telle ou telle raison.

Mais au fait, est-ce vraiment important, d’être comme les autres ?

Plus d’idées pour prendre soin de soi ? Lisez :

Rentrer dans les cases : pour quoi faire ?

Toute ma vie, j’ai eu ce sentiment d’être inadaptée, de ne pas bien me couler dans le moule. Enfant, adolescente, jeune adulte, je ne rêvais pourtant que de ça : ressembler aux autres, être absorbée par un groupe, n’importe lequel.

Aujourd’hui, je suis – la plupart du temps – contente de ne pas rentrer dans les cases. C’est ce qui me permet d’être plus heureuse. J’ai conscience de la richesse que m’apporte le fait de côtoyer et d’avoir côtoyé des univers très différents, sans appartenir vraiment à aucun d’entre eux.

Bien sûr, inventer son propre chemin n’est pas toujours évident, mais quelle satisfaction d’être en accord avec soi !

trouver sa voie

Pas dans les cases de genre

Je ne rentre pas trop dans les cases de genre : filles d’un côté, garçons de l’autre. Ado, je traînais surtout avec des gars qui ne me considéraient « pas vraiment comme une fille ». À l’époque j’en étais fière. Depuis, j’ai vérifié, je suis bien une vraie fille. Et ce même si je n’ai pas toujours le comportement attendu. Genre je parle fort, je prends de la place, j’ai l’esprit de compétition et je fais beaucoup de blagues, souvent de cul. (Ouais, je suis lourde en fait.)

Plus jeune, j’aurais préféré être un garçon, ça m’aurait simplifié beaucoup de choses. J’aurais assumé plus facilement ma franchise et ma spontanéité, mon second degré, mon envie de toujours me dépasser pour crever le plafond.

Les rôles masculins et féminins sont bien délimités. Et l’humour, l’ambition, la voix qui porte… Ne sont pas de mon côté.

Tant pis, j’ai un humour « de mec », je dis des trucs « de mec ». Même si parfois on me regarde de travers. Certains jours, je m’en balance. Mais parfois, c’est plus difficile à assumer : car ces reproches, verbalisés ou implicites, génèrent honte et remise en question.

Est-ce que je fais des choses auxquelles je n’ai pas vraiment droit (comme des blagues de cul, à tout hasard) ? Est-ce que je ne sais pas rester « à ma place », celle d’une meuf, forcément douce, discrète et sur le retenue ?

OH WAIT, ça veut dire quoi ma place ? Rien du tout, hein ? Ben oui. C’est moi qui décide de ma place. Les jours où la trouille du jugement me rattrape, j’essaie de m’en souvenir.

Je n’ai pas à m’effacer parce que je suis une femme. Je n’ai pas à brider ma spontanéité parce que je suis une femme. Je suis la femme que j’ai envie d’être.

Lire mon article : « Pour le lap-dance c’est au fond du bar… » Et autres moments de sexisme ordinaire.

être en accord avec soi

Pas dans les cases professionnelles

Dès les premiers mois de mon premier stage, je me souviens très clairement de m’être demandée : alors c’est ça, travailler ? Je trouvais ça d’un ennui mortel.

C’était pareil à mon second stage. Quand je pensais que j’allais devoir tenir 45 ans comme ça, j’avais envie de pleurer. Alors j’ai fait un autre Master 2, pensant que je n’avais pas encore trouvé ma voie : toujours pareil au troisième stage. Autour de moi, j’entendais que « la vie c’est comme ça », qu’ « on ne fait pas toujours ce qu’on veut ». Ça me donnait sincèrement envie de me tirer une balle.

Puis j’ai trouvé mon premier job, qui m’a enthousiasmée quelques mois (joies de la découverte), avant que le découragement ne me rattrape. Encore une fois. Sauf que tout mon corps a rejeté la situation : je suis tombée malade.

Assise dans mon lit d’hôpital, fraîchement opérée de ma maladie de Crohn, j’ai eu le temps de réfléchir. Il fallait se rendre à l’évidence : d’abord, avoir des supérieurs, des horaires, des collègues, des réunions, ça n’était pas pour moi. Et ensuite, pourquoi un bureau d’études quand ma seule et unique passion a toujours été d’écrire ?

Il était temps d’avoir du courage. À 24 ans, j’ai quitté mon job pour… Rien. Je devais réfléchir. Et petit à petit, l’alternative s’est dessinée. Je devais essayer. Et je me suis lancée. C’était dur. Flippant. Ça l’est toujours. Mais je n’ai jamais considéré de revenir en arrière.

Aujourd’hui, je suis conseillère en stratégie éditoriale, blogueuse et journaliste à mon compte, pour aussi longtemps que cette situation m’épanouira. Et quand ce sera plus le cas, eh bien… Je ferai autre chose 🙂

je ne rentre pas dans les cases

Je ne suis même pas un cliché d’écolo !

Devinez quoi ? Je ne suis pas non plus le cliché de l’écolo. D’abord, je déteste l’entre-soi. C’est certes confortable, mais on tourne vite en rond dans ses idées.

Souvent, les gens qui ne me connaissent pas s’étonnent de ce blog. Mon côté bonne vivante et marrante, ça ne colle pas à l’image de moralo-coincée du cul qu’ils ont en tête.

Faut-il s’habiller d’une certaine manière, fréquenter des lieux spécifiques, avoir des activités désignées pour être une green girl ? Au secours.

À quoi servent les cases ?

Mais au fait, à quoi servent les cases ? Elles sont là pour nous rassurer, en organisant notre compréhension des choses. Les cases divisent le monde entre les nous et les pas-nous, la faute à un obscur instinct tribal qui ne veut pas disparaître. Aussi il est facile de rejeter, discréditer, ridiculiser voire insulter les « pas-nous ». Dans le meilleur des cas on s’en fout (ouf !)

être soi-même

On se dit rarement que la différence est une occasion de voir les choses autrement. Parce que s’interroger, c’est sortir de la zone de confort où l’on s’est installé, parfois depuis longtemps. C’est prendre le risque de ré-agencer son univers, de contredire son moi d’il y a 10 ans (ou de la semaine dernière), d’inventer quelque chose de nouveau. Admettre qu’on puisse se tromper, et donc risquer d’être vulnérable.

Or, quand on y réfléchit bien, qui rentre vraiment dans les cases ? Ou plutôt : qui rentre dans les cases, sans que ce soit au prix de contorsions douloureuses et de renonciations ? On s’y conforme par habitude, par facilité ou par paresse. Parce qu’on aime mieux être à l’étroit que de risquer l’aventure du dehors.

Pourtant, on n’a jamais rien inventé d’intéressant à l’intérieur des cases : la création se situe à l’intersection.

C’est précisément pour ça que je ne tiens à ne pas fréquenter uniquement des gens qui me ressemblent. Bien sûr, on est spontanément attirés par ce qu’on connaît, et ça n’est pas mal en soi. Mais ça ne m’intéresse pas de rester uniquement dans ce que je sais déjà.

S’assumer, être soi, dans et en dehors des cases

D’une manière générale, quoi que je fasse, je prends rarement la panoplie complète. Je préfère piocher dans différents univers pour faire ma tambouille.

Mon intérêt pour l’écologie, les rapports humains, l’art, le travail… C’est peut-être ça leur dénominateur commun : une volonté de se découvrir, d’être soi et de s’assumer.

Pas dans la démonstration, pas dans la provocation, pas dans la revendication. Encore moins dans l’agressivité.

Juste s’assumer, purement et simplement, dans le fait d’être. Parfois dans les cases, parfois en dehors.

courage de s'assumer

Oui, il y aura toujours quelqu’un pour avoir un avis sur ce qu’on fait. À nous de voir quelle importance on y accorde, surtout lorsque ça touche des choses qui nous tiennent à cœur. C’est un long travail sur soi, qui dure toute la vie. Mais se traiter avec respect, c’est une vraie forme d’écologie intérieure.

Pas besoin de crier qui on est à la face du monde. Pas besoin de remplacer sa photo de profil par un fuck, ni de répéter « on les emmerde » à tout bout de champ. Ne perdons pas d’énergie à nous chercher des ennemis : occupons-nous de nous-mêmes. Il n’y a que nous pour lever nos barrières, nos freins, élargir notre champ des possibles. 

Je ne rentre pas dans une case : et alors ? Le monde ne s’arrêtera pas de tourner pour si peu.

Peut-être même qu’il s’en portera un peu mieux.

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je ne rentre pas dans les cases

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Anaelle
Blogueuse engagée. Écologie, société et autodérision.

7 Responses

  1. Juliette dit :

    J’aime beaucoup ton article !! (comme tous les autres d’ailleurs 😉 )
    C’est drôle car on voit quand même le réflexe des cases quand tu dis « C’est précisément pour ça que je ne tiens à ne pas fréquenter uniquement des gens qui me ressemblent. ». Parce que ça voudrait dire que tu te définis d’une façon, et que tu aimes voir des gens d’autres classes que la tienne. Encore des cases !
    Je dirais plutôt que c’est important de fréquenter plein de gens différents, qui correspondent tous à des moi différents. Car on est multi-facettes.
    Je crois que mon commentaire n’est pas très clair, je ne suis pas douée pour écrire ^^ Ce qu’il y avait dans ma tête était plus clair !
    Je voulais simplement souligner le fait que c’est vraiment dur de ne pas se mettre soi-même dans des cases tellement la société nous y habitue ! Et que c’est effectivement très enrichissant de rencontrer plein de gens tous très différents, c’est comme ça qu’on reste ouvert et qu’on comprend mieux les autres 🙂

  2. Magali Ekta dit :

    Je partage. Néanmoins, lorsque l’on regarde de plus près; en se retrouvant dans cet article, on est soulagé de rentrer dans une case à part, celle des zèbres. Comme c’est angoissant de se sentir seul, différent. Comme c’est réconfortant de se sentir écouté, reconnu et compris pour ce qu’on est !

  3. Laure dit :

    J’adore !! Oui prendre de la hauteur être « dans » parfois, « en dehors » d’autres fois mais ne pas être en réaction contre ou pour, on s’en fiche en fait 😉 Etre juste là où l’on a envie d’être et être qui l’on est sur le moment. Cela semble simple dit comme cela et c’est pourtant loin d’être facile de se trouver et de s’accepter. Bref j’aime beaucoup ton article, merci !

  4. Cédric SEAUVY dit :

    Bravo Anaelle de t’assumer. J’ai dévoré cet article, tellement je me reconnais dans ce parcours , et tellement j’en suis fier ! Continue de suivre ton instinct, ta voie (car il ne peut y en avoir d’autres).

    Je me bats pour que les individus prennent conscience de leur potentiel, de la chance que cela peut etre de sortir de son cadre de référence.

    La traduction anglais de « prendre un risque » est « take a chance »

    Alors voyons les opportunités partout, tout le temps !

    • Anaelle dit :

      C’est un long chemin de s’assumer, je suppose d’ailleurs qu’on n’arrive jamais au bout. C’est marrant, j’ai notamment pensé à toi en l’écrivant ! Merci Cédric 🙂

  5. Alexandra Lemiesle dit :

    Merci Annaelle! Merci 1000 fois pour ce bel article que je m’empresse de partager!

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