Argent et environnement : et si on arrêtait de les opposer constamment ?

Argent et environnement : et si on arrêtait de les opposer constamment ?

argent et environnement
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Cet article bout depuis un moment dans ma tête. Et si j’y entre par mon point de vue de blogueuse, la question du rapport entre argent et environnement est bien plus large, et pas nouvelle.

Dans une tribune publiée dans Décisions Durables en 2012, Jean-Marc Jancovici écrivait : « … il est pourtant impératif que ce mariage de l’environnement et des affaires ait lieu. (…) tant que nous souhaiterons vivre dans un système qui ménage les libertés (la démocratie), il y aura dans le lot la liberté d’entreprendre, et donc des sociétés privées qui doivent réaliser des bénéfices. (…) Réconcilier business et environnement est donc plus qu’un luxe : c’est la condition de la pérennité de la démocratie. »

Voilà voilà. Donc à moins d’instaurer un régime autoritaire voire une dictature verte qui organise la gestion des ressources, le travail et la redistribution équitable des revenus… Il va falloir admettre que tout le monde (y compris les personnes engagées pour des causes diverses) a besoin de gagner de l’argent pour vivre.

Mais revenons d’abord aux racines du malaise.

Ça vous intéresse ? D’autres réflexions sur la transition et le métier de blogueuse :

L’argent, le sujet qui met tout le monde mal à l’aise

De base, parler argent, c’est facile pour personne. Surtout en France où tout le monde rêve d’en avoir mais personne n’ose (se) l’avouer.

J’en entends d’ici dire : « Ah non, pas moi. » Ben oui l’argent, c’est sale, ça pue, il n’y a que les connards que ça intéresse. Bon c’est accessoirement aussi ce qui permet de se nourrir, de se loger, de se faire plaisir, de prendre soin des siens, de lancer des projets… Mais en dehors des contingences matérielles on n’en veut pas, on est au-dessus de ça, merci.

argent et écologie
(Photo : Pxhere)

L’argent, le cauchemar de la blogueuse écolo

D’ailleurs quand on est blogueuse, surtout blogueuse « green », c’est pas l’argent qui nous motive. Non, c’est pas pour l’argent qu’on passe 15 à 20h par semaine à écrire des articles, prendre des photos, animer ses réseaux, répondre aux messages et aux mails, causer bénévolement à toutes sortes d’évènements, apprendre les rudiments du CSS et du SEO, configurer sa solution e-mailing… Non, nous on blogue parce qu’on aime ça, pour la beauté du geste, pour diffuser des valeurs, par amour des autres, pour aider ceux qui font les choses bien.

Ouais, ouais, ok. Et donc ? En quoi ça nous empêche d’être rémunérées ? Parce qu’en fait, on produit un travail. Et ce travail a de la valeur, comme tout travail en fait.

Un blog actif, c’est au moins un mi-temps. Il faut souvent plusieurs années pour bâtir une communauté, apporter de la valeur aux lecteurs, devenir une experte et une personne de confiance à leurs yeux.

Là-dessus, n’importe qui (marques, associations, entrepreneurs, étudiants, potes…) arrive et trouve ça normal qu’on parle d’eux sur un blog, sans contrepartie décente. Parce qu’ils n’ont pas de thunes, et qu’on a les mêmes valeurs. Donc que quelque part, on leur doit bien ça, on doit bien ça à la planète.

Énième demande désagréable reçue dans ma boîte mail.

En fait, on ne doit rien à personne. Même Mère Teresa herself ne devait rien à personne. Je parle de qui je veux, et la petite phrase culpabilisante en fin de mail me fait envoyer celui-ci directement à la corbeille.

Entre ces gens qui planent, et les lecteurs qui crient au loup au moindre post sponsorisé, il faut des balls ou du clito pour oser s’affirmer. Oser dire que c’est normal d’être rémunérée pour le job qu’on fait. Dans tous les secteurs, on considère que tout travail mérite salaire. Mais dès qu’on parle argent et environnement… Ça se complique.

Rémunération et blogs éthiques : un tabou qui s’effrite doucement

En ce moment, un petit vent de révolte souffle sur la blogosphère et les réseaux sociaux. Petit à petit, de jeunes femmes affirment (avec plus ou moins d’aisance) leur droit à être rémunérées, même si elles sont blogueuses éthiques / engagées.

gagner de l'argent environnement
(Photo : Pxhere)

Pourquoi c’est si dur, de le dire ? Parce que la blogueuse écolo cumule sans le savoir 3 tares : blogueur, écolo et femme. Trois raisons de ne JAMAIS demander d’argent. Pourquoi ?

  1. Parce que bloguer est une passion. Les artistes, les sportifs, les viticulteurs, etc. ont le droit de vivre de leur passion, mais les blogueurs, non.
  2. Parce qu’être écolo est un engagement. On le fait pour les valeurs, pas pour l’argent. D’ailleurs, quand on paie son loyer en valeurs, le propriétaire est généralement très content.
  3. Parce que les femmes qui s’affirment et osent prendre leur place dans le monde ont forcément les dents qui rayent le parquet. Elles feraient mieux de retourner le cirer, tiens.

La blogueuse écolo est un cas d’école, mais c’est le même phénomène qui se produit dans tout un tas de situations.

Argent et environnement : quand les critiques sentent la jalousie

Être un acteur économique ET éthique, c’est difficile, surtout au début. Et puis au milieu. Et puis à la fin. Parce que si ça se met à marcher un peu trop bien et à vous rapporter de l’argent, c’est que avez trahi vos valeurs, forcément.

En France, on ne supporte pas le succès. Qu’il soit monétaire, d’estime, ou les deux. Si vous êtes un enfoiré, vous avez encore une chance d’en faire rêver quelques-uns… Mais si vous avez le malheur de prôner des valeurs, le couperet tombe. Mensonge. Hypocrisie. Greenwashing.

Ça me fait penser à deux exemples qui m’ont interpellée ces derniers mois : Pierre Rabhi et Faguo.

Pierre Rabhi, trop riche pour être honnête

Pierre Rabhi (Wikimedia Commons)

Je ne suis pas une inconditionnelle de Pierre Rabhi. Je trouve son discours sur la sobriété heureuse inspirant… Mais de toutes les « icônes » écolos, ce n’est pas la personnalité qui me touche le plus. Et surtout, je suis en désaccord total avec ses propos réacs sur la famille.

Quand « Le système Pierre Rabhi » est sorti dans le Monde Diplomatique, je me suis ruée dessus. Pour une fois qu’une voix discordante se faisait entendre, j’avais vraiment envie de l’écouter. Vu la longueur de l’enquête, le journaliste avait des choses à dire. Sauf qu’à la fin de la lecture, je ne savais plus quoi penser. Je me souviens surtout d’avoir été assez mal à l’aise. Beaucoup de soupçons, mais pas tellement de preuves. Les gens l’adulent ? Aux dernières nouvelles, il n’a manipulé personne. Il n’en est pas responsable. Le papier pointe des zones troubles… Sans vraiment faire la lumière dessus. Peut-être que Jean-Baptiste Malet a raison. Mais ce n’est pas dans cette enquête qu’il le prouve.




Dans une interview sur France Inter (ci-dessus), le journaliste aborde les revenus de Pierre Rabhi, soi-disant en contradiction avec le modèle de sobriété qu’il défend. Or ces revenus sont largement surestimés. Après vérification (Pierre Rabhi a donné ses 5 dernières feuilles d’impôt), on arrive à 3 500 € par mois… Pour lui et sa femme. Elle est où, l’indécence ?

Dans le fond, ce n’est pas Pierre Rabhi le sujet. C’est la crispation, dès que quelqu’un défend publiquement des valeurs. Et la rapidité avec laquelle on vient lui chercher des poux, quand on laisse tous ceux qui ne s’engagent pas tranquilles.

Faguo, trop de succès pour être vraiment engagé

Un autre exemple que j’ai envie d’évoquer, c’est Faguo. Vous savez, la marque qui plante un arbre pour chaque paire de chaussures / vêtement / accessoire acheté ?

faguo marque engagée
Boutique Faguo

Pour cette entreprise, on a d’un côté les groupies, de l’autre ceux qui les accusent de greenwashing. Faguo, ils posent problème à deux niveaux :

  • D’une, ils ont pris un engagement (planter un arbre à chaque achat). Donc ils doivent forcément être parfaits sur tous les plans, sinon ce sont des menteurs.
  • De deux, ils ont beaucoup de succès, et donc de l’argent. Or, qui dit argent dit malhonnête, corrompu, dévoyé : par définition, ils ne peuvent pas être sincères. Peu importe qu’ils aient créé plus de 50 emplois directs (ce n’est pas ça qu’on veut en ce moment, de l’emploi ?) et planté plus d’un million d’arbres en France. Ce n’est jamais assez.

Encore une fois, le sujet n’est pas vraiment Faguo (que je n’aime ni plus ni moins qu’une autre marque). C’est plutôt de pointer les préjugés qu’on a sur une entreprise populaire, juste parce qu’elle est populaire.

Combien de personnes ai-je entendu dire « De toute façon Faguo c’est du greenwashing ! » alors qu’elles ne s’étaient jamais renseignées sur leurs engagements réels ? Oui, il y a sans doute plein de marques qui vont plus loin dans leur démarche. Ça ne veut pas dire que c’est une entreprise fondée par deux petits merdeux capitalistes qui roulent en 4×4 pendant qu’on se saigne pour acheter des baskets éthiques.

Remarquez ce genre de raisonnement affecte aussi les artistes : si ça a du succès, ça devient trop commercial, c’était mieux avant… Oui, peut-être que l’argent transforme les gens, sûrement qu’il en corrompt certains. Mais il transforme aussi notre façon d’interpréter leurs actes.

Et si on arrêtait d’opposer argent et environnement ?

S’il y a d’un côté les valeurs, et de l’autre la thune, ça veut dire quoi de la société dans laquelle on vit, dans laquelle on souhaite vivre ?

  • Qu’on ne peut gagner de l’argent qu’en détruisant les ressources et en exploitant les autres ?
  • Que ceux qui veulent construire une activité professionnelle en accord avec leurs valeurs doivent se contenter de la gloire et du RSA ?

Rappel : en soi, l’argent est neutre. Ce n’est qu’un moyen pour échanger des biens ou des services. Ce qui n’est pas neutre, c’est ce qu’on fait de cet argent, et comment on le répartit dans la société. Je pose donc la question : comment est-ce qu’on répartit l’argent dans la société ?

  • Est-ce qu’on laisse ceux qui travaillent avec passion et sincérité se rémunérer correctement et même confortablement quand leur situation le permet ?
  • Ou est-ce qu’on continue de jalouser et déprécier ceux qui réussissent, en refusant de voir que ces critiques reflètent surtout notre propre rapport problématique à l’argent ?

Se réjouir du succès d’un projet ou d’une entreprise n’empêche pas la lucidité ni l’esprit critique. Ça n’oblige pas à verser dans l’admiration béate de quelques personnalités, ni à prétendre qu’ils sont parfaits.

Mais n’est-il pas plus logique de donner de l’argent à ceux qui produisent dans le respect de l’environnement et des gens, plutôt qu’à ceux qui pillent et détruisent les ressources ? De se réjouir du succès économique d’acteurs vertueux, qui enclenchent une transformation profonde, plutôt que de les accuser de trahison et de cupidité ?

Parce qu’en fait, ça me préoccupe, ce réflexe de condamner quiconque gagne de l’argent en faisant les choses bien. Je voulais vous le dire.


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Anaelle
Blogueuse engagée. Écologie, société et autodérision.

24 Responses

  1. Elodie Fost dit :

    Bonjour, je découvre juste ton blog et j’aime vraiment beaucoup je dois dire !
    Un article qui fait réfléchir (je trouve). Malheuresement les préjugés ont la vie dur.

  2. Manon Woodstock dit :

    Hallelujah !!!!!!!!! (Ça va, j’ai mis assez de points d’interrogation ? On vit que je suis euphorique ? ). J’ai justement rédigé un article du même style lundi…parce que j’en ai ma claque d’être jugée, de me faire accuser de greenwashing, de demander « bien trop cher », alors que je blogue déjà gratos des dizaines d’heures par semaine et que j’en suis juste au questionnaire pour définir les contours de ma future activité…ça m’a usée !!! Alors merci, ton article est juste d’utilité publique.
    Ce que je trouve le plus dingue, c’est qu’une énorme partie de toute cette communauté prône un monde meilleur où les gens sont bien rémunérés, font ce qu’ils aiment et montent un autre projet de société, mais dès que tu veux te lancer et que tu demandes de l’argent, tu te fais caillasser de tous les côtés Incohérence totale bonjour !
    Vive l’argent au service d’un monde meilleur !
    Passe un très bon weekend !

  3. Merci pour cet article et ta manière décomplexée de parler pognon ! Je pense comprendre ton agacement, et je suis souvent interloqué par ces logiques de pensées simplistes et il est vrai encore trop souvent répandues :

    – Argent et réussite égal forcément magouille, corruption
    – La défense de l’environnement et des valeurs morales = laissons ça aux utopistes, aux bénévoles, et puis ça n’est pas avec ça qu’on gagne sa vie (le fameux : arrête de rêver et get a real job !)

    Il me semble d’ailleurs que ces logiques sont souvent intériorisées de longue date et acceptées de façon plus ou moins inconsciente par un certain nombre de gens. Je les vois un peu comme des idées larvées encore trop rarement débattues et remises en question.

    C’est donc très rafraîchissant de lire un article qui détricote avec pertinence ces logiques, à l’heure où il devient plus qu’urgent de changer certaines mentalités.

    Il est des métiers extrêmement bien rémunérés mais où l’on peine parfois à y trouver un intérêt social ou éthique. A côté, combien d’initiatives et d’heures de travail peu ou pas rémunérées du tout qui mériteraient de l’être pour les valeurs qu’elles portent ?

    C’est vrai que c’est regrettable… et très agaçant !

    Et puis, c’est sûr : il est grand temps de dé-diaboliser l’argent. Celui-ci n’a rien de mauvais en soi. Ce qu’on en fait, par contre, peut être jugé bon ou mauvais. En soi, l’argent ne fait pas le bonheur non plus, mais bon, quand même, je pense que dans notre système économique, il peut y contribuer ! Sinon, bien sûr, il faudrait changement de système. Je serais curieux de voir comment l’instauration d’un salaire universel modifierait notre rapport à l’argent.

    De fait, aujourd’hui, beaucoup se trouvent pris à la gorge par la nécessité de gagner de quoi vivre grâce à un emploi dans lequel on ne s’épanouit pas. Et que reste-t-il comme temps et comme énergie pour s’investir dans des causes et des projets qui nous tiennent à cœur ? Trop peu, bien souvent. Pourtant, c’est le sentiment d’accomplir quelque chose de bien, et pas seulement le pouvoir d’achat, qui contribue à nous rendre heureux !

    Voilà une vérité qui passe trop souvent au second plan dans la tête des élèves (Je suis prof en lycée professionnel) : beaucoup sont d’abord préoccupés par l’argent qu’ils vont gagner. Ce qu’ils veulent vraiment accomplir dans leur vie est une question qui passe après alors qu’elle est en fait la plus importante ! Sans doute cette logique vient-elle aussi de leurs parents qui pensent que l’argent doit être la priorité absolue pour assurer leur avenir. On pense d’abord naturellement au matériel, la quête du bonheur viendra ensuite.

    C’est donc tout une tradition de pensée qu’il serait bon de renverser. Entre ceux qui sont aveuglés par l’argent et ceux qui le rejettent en l’associant nécessairement au mal, peut-être alors faudrait-il apprendre à lui accorder un peu moins d’importance… (bon, je dis ça, mais je suis bien conscient moi-même de lui accorder trop d’importance dans ma vie 🙂

    Mais je m’égare ! Merci pour ton article, en tous cas. Au plaisir de te lire.

    Stéphane

    • Anaelle dit :

      Merci pour ton partage, Stéphane ! Je suis vraiment d’accord avec toi sur toute la ligne. C’est pas évident de prôner un rapport apaisé à l’argent dans ces conditions, mais c’est nécessaire 🙂

  4. Laure dit :

    Super article, merci Anaelle ! Je vais même le garder de côté pour mes clients… le rapport à l’argent est souvent bien compliqué en France.
    Ce sont souvent les personnes qui font des choses avec passion qui ont honte de gagner de l’argent (et donc ont beaucoup de mal à se mettre en avant) alors qu’à côté de beaux parleurs (qui ne connaissent pas leur sujet et s’en foute en fait) n’ont aucun souci avec ça et font de la m… et gagne plein d’argent.
    Alors que je suis tout à fait pour que quelqu’un qui aime son métier et le fasse avec respect et valeur gagne bien voire très bien sa vie. C’est à mes yeux tout à fait normal.
    Le monde marche à l’envers en fait !

  5. Sonia dit :

    Je rajouterai un commentaire à Flo
    Nous devons cesser de chercher à produire toujours plus ( halte à la croissance ) et revoir comment produire en préservant l’environnement, c’est un changement de système qu’il faut car nous voyons aujourd’hui les dégâts sur l’environnement ( climat, pollution…etc). Il faut comprendre qu’un réchauffement de 1.5°C est énorme même si le chiffre est petit, ça peut vraiment bouleverser la vie sur Terre mais il est encore temps d’agir vite, il y a des solutions souvent méconnues ( alimentation principalement végétale avec très peu de viande, alimentation bio et locale, énergies renouvelables,sobriété énergétique, déplacements  » propres », protection des forêts, réduction du gaspillage alimentaire …etc ).

  6. Marie Leloup dit :

    Très bon article. Ma tentative de contribution sera la suivante. C’est peut-être dur à admettre pour tout le monde et ça semble peu éthique : l’écologie est un business. Entre le green washing largement abusé pas des grosses boites polluantes et les vieilles conceptions que l’écologie doit être soit politique soit une œuvre de générosité désintéressée pour les générations futures, je comprends l’ambiguïté des réactions, qui sont davantage de la confusion que de la jalouse. Il ne te reste qu’a assumer pleinement de faire du business vert. D’en définir les codes et les limites et den faire une force. Tu perdras des lecteurs et tu en gagneras d’autres. Il n’y a aucun choix qui ne soit pas politique. Et aucune décision qui ne comporte de compromis. A choisir lesquels. Certains roulent en vélo, d’autres arrêtent la viande, d’autres fond des blogs… est-ce que tout cela à un sens et une efficacité? Aucune idée.

  7. Cecile dit :

    « En fait, on ne doit rien à personne. Même Mère Teresa herself ne devait rien à personne. Je parle de qui je veux, et la petite phrase culpabilisante en fin de mail me fait envoyer celui-ci directement à la corbeille. »

    Magique, excellent et bourrée de talent ! Bravo !

  8. Hélène dit :

    Merci pour cet article plein de vérités (qui dérangent ;-)?)

  9. Flo dit :

    Salut Anaelle,

    J’aime beaucoup ton blog, mais j’avoue être un peu dubitatif sur cet article : j’ai l’impression que le débat sur notre rapport à l’argent n’est pas le vrai enjeux. L’idée que dans la culture latine « l’argent = corruption » et dans les pays influencés par le protestantisme « argent = travail », nous avons toujours entendu cela.

    L’enjeu, il me semble, mais je ne veux rien affirmer trop fort (surtout dans une période où tout parait indécis) c’est davantage notre rapport entre environnement et capitalisme = peut on allier croissance et environnement ? Et là on en revient à toutes les questions que posent des gens comme Bihouix, Servigne, Mignerot, Pitron…
    Du coup, déso, mais je vais faire de la pub pour nos articles sur Far Ouest avec ces personnalités :
    Servigne : https://www.revue-farouest.fr/videos/pablo-servigne-x-camille-choplin-libre-echange/
    Bihouix : https://www.revue-farouest.fr/low-techs-futur-simpe/
    Pitron : https://www.revue-farouest.fr/les-riches-jouissent-les-pauvres-creusent-metaux-rares-pitron/
    Mignerot : https://www.revue-farouest.fr/vincent-mignerot-pas-de-sauvetage-de-lenvironnement/

    Avoir honte (ou assumer) de gagner de l’argent, dans un business dit écolo ou pas écolo, cela nous fera une belle jambe quand notre mode de production et notre système économique se seront effondrés et que le climat déréglé nous aura mis une très très grosse fessée.

    Voilà je me suis plombé le moral tout seul comme un grand en écrivant cela !

    Bises

    Flo

    • Anaelle dit :

      Hello Flo, je comprends tout à fait ton point de vue.
      Je me suis fait la même réflexion en lisant Jancovici : ce raisonnement n’est valable que dans une société capitaliste. Mais pour l’instant on y est encore…

      Pour la suite, je ne crois pas plus que toi à la fable de la « croissance verte » : croire qu’on peut remplacer tout ce qu’on consomme par des alternatives bio/durable/éthique/etc. c’est au mieux de la naïveté, au pire de la bêtise. Le souci est aussi et surtout dans nos modes de vie et les valeurs qu’il reflète. Mais comment est-ce qu’on agit sur les valeurs d’une société à sa petite échelle ? Là je sèche encore. Mais j’y réfléchis tous les jours 🙂

  10. Sonia dit :

    On vit dans un système économique absurde partout les combustibles fossiles et la pollution sont fortement subventionnés. Ayons les yeux ouverts car c’est pourtant la réalité.
    Pour déterminer le véritable prix des biens et services, il faudrait inclure les dégâts futurs et les coûts.
    Bravo Anaëlle pour ton engagement !

  11. Effectivement et le pire c’est envers nous-même!! combien de beaux projets ont périclités à force d’être éthique coûte que coûte, penser que « communication » c’est forcément un méchant loup.
    C’est bien dommage car effectivement on ne paye pas son loyer en stats de blog et qu’au delà d’avoir le simple droit de « gagner sa vie »; beaucoup devraient en effet soutenir les belles entreprises éthiques.
    Bravo et merci d’en parler!

  12. Marie dit :

    Bravo !!!!
    Éclairant et engagée !

  13. Lucie dit :

    Cet article est tellement de choses !
    Tellement juste
    Tellement bien écrit
    Tellement sincère
    Tellement criant de vérité
    Il est aussi dans l’air du temps et révélateur de la pensée française.
    Merci pour ce texte, j’espère qu’il tournera sur internet, qu’il fera parler de lui et qu’il permettra aux femmes qui se reconnaissent de questionner leur rapport à l’argent. Car même toi et moi qui n’avons pas honte de dire vouloir gagner de l’argent avec nos blog « green », on est loin d’être aussi décomplexées qu’on pourrait l’être. L’ancrage de « l’argent c’est sale » dans nos esprits français est difficile à combattre.
    Merci pour ces prises de conscience !

    • Anaelle dit :

      Merci ma Lucie ❤ Je l’ai écrit dans un moment de détermination, en prévision des moments où elle faiblit. Et je croise fort les doigts pour que ce billet aide d’autres personnes !

  14. Sophie dit :

    Belle mise au point. Décidément, tu sais mettre le doigt là où ça fait mal 🙂

  15. Lilou dit :

    Super article, merci ! En tant que femme illustratrice, donc qui vit de sa passion, et depuis peu de temps blogueuse, ton article me fait bien réfléchir !!!

  16. Nina dit :

    Merci Anaelle pour cet article, merci de mettre des mots sur ce que nous sommes tant à penser ! C’est vraiment très français cette relation grotesque avec l’argent, alors merci de contribuer à cette évolution des pensées en plantant cette graine là <3

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