Les tampons hygiéniques représentent-ils un danger pour notre santé ?

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En avril 2017, France 5 diffusait un reportage effrayant sur les dangers des tampons hygiéniques. Entre les résidus en tous genres qu’on trouve dans les tampons « classiques », et leur action mécanique qui va un peu à l’encontre de ce que le corps a prévu pour nous, on n’a qu’une seule envie à la fin : ne plus jamais en porter.

C’est con parce que dans certaines situations, c’est quand même bien pratique un tampon. Faut-il vraiment être aussi radicale ? Qu’est-ce qu’on risque vraiment ? Petit tour de la question.

Et pour celles déjà informées qui voudraient comparer d’autres protections que les tampons, faites un tour sur mon comparatif !

 

Qu’y a t-il dans un tampon ?

Les tampons sont faits de viscose et/ou de coton, mais c’est surtout ce premier matériau qui est privilégié. En effet, la viscose est plus absorbante que le coton : c’est une fibre synthétique, fabriquée à partir de pulpe de bois (hêtres, épicéas…)

Naturellement brune, elle est blanchie avec du dioxyde de chlore. Cette manipulation, parfaitement inutile sur le plan sanitaire, est uniquement destinée à rendre nos tampons plus purs, plus beaux. (Pour ce qu’on en fait, franchement…) À la base, nos protections hygiéniques étaient blanchies au chlore mais ce procédé produisait beaucoup de dioxines. Elles sont donc maintenant blanchies au dioxyde de chlore, un gaz très dangereux car hautement explosif, qui produit moins de dioxines, mais en produit toujours.

Or, les dioxines sont des polluants organiques persistants qui s’accumulent dans l’organisme. Cancérigènes, elles perturbent également le système hormonal et aggravent  l’endométriose, une maladie féminine sur laquelle je reviendrai.

produits chimiques tampons

Audrey Gloaguen, réalisatrice du documentaire Tampon, notre ennemi intime, a fait tester des échantillons de plusieurs marques. Bilan : de vraies « poubelles chimiques » ! C’est aussi ce que montre l’étude menée par 60 millions de consommateurs : tous les tampons (même bio…) contiendraient des molécules toxiques.

En plus des dioxines, on retrouve dans la majorité des tampons et serviettes hygiéniques des résidus de glyphosate (Roundup), leur matière première étant copieusement arrosée de pesticides. Or, on connaît les dangers du glyphosate, classé cancérogène probable, en plus de perturber le foie, les reins et le système hormonal, même à faible dose.

Quand les tampons perturbent la flore vaginale

Toutes ces substances sont présentes dans les tampons en faibles quantités, « circulez y’a rien à voir », s’entend-on dire fréquemment. Alors je ne suis pas biologiste ni médecin, mais résidu + résidu + résidu, au bout d’un moment… Sans parler de l’effet cocktail de ces substances nocives. Nous sommes déjà bien exposés aux dioxines et aux pesticides avec l’alimentation : faut-il vraiment ajouter les protections intimes ?

Le reportage montre qu’on n’a pendant longtemps rien su de la capacité du vagin à absorber les dioxines… Jusqu’à ce qu’on découvre que les muqueuses vaginales sont extrêmement perméables.

Si nous utilisions peu de tampons, ça irait encore… Mais en moyenne, une femme utilise 11 000 protections dans sa vie ! Les tampons sont donc une source d’exposition répétée à diverses substances nocives, qu’on met directement en contact avec un environnement fragile et perméable, les muqueuses. L’autoroute à problèmes, quoi.

flore vaginale muqueuses irritation tampons
Voilà du coup, la tronche que tire notre flore vaginale.

Les protections internes posent un autre problème : la viscose ne fait pas de distinction entre le flux menstruel et les secrétions. Elle absorbe tout, provoquant parfois des sécheresses vaginales ou un déséquilibre de la flore. C’est pourquoi certaines utilisatrices ressentent un inconfort ou des irritations en utilisant des tampons, voire contractent des mycoses, des infections… Les « bonnes » bactéries de la flore ne pouvant plus faire leur travail, ce sont les mauvaises qui s’excitent.

Enfin, notez qu’un tampon ne repart jamais sans laisser un cadeau : quelques petites fibres qui restent dans le vagin et favorisent les irritations, les infections… Allez, merci !

Les tampons hygiéniques favoriseraient l’endométriose et les fausses couches

Sur un plan purement mécanique, les tampons ne sont pas non plus la solution idéale : le vagin est conçu pour drainer et évacuer le sang, pas pour que celui-ci stagne à l’intérieur.

Chez certaines femmes, l’endométriose pourrait ainsi être due au fait que les tampons bloquent la sortie du sang : le flux menstruel refluerait ainsi dans les trompes de Fallope. C’est en tout cas une hypothèse émise dans le reportage.

Les dioxines que l’on retrouve dans les tampons favoriseraient elles aussi l’endométriose. Or, cette maladie très douloureuse qui touche environ 10 % des femmes peut avoir de graves conséquences, et aller jusqu’à causer l’infertilité.

Petit point sensibilisation, au passage : il n’est pas NORMAL d’être totalement pliée en deux pendant ses règles. Si chaque mois est une épreuve à cause de la douleur, parlez-en à votre gynécologue ou à votre sage-femme. Et s’il ne vous prend pas au sérieux, changez-en. Des douleurs de règles doivent conduire votre médecin à vérifier que vous ne souffrez pas d’endométriose, dont le retard de diagnostic est de 7 ans d’après Endofrance. Merci l’héritage judéo-chrétien qui veut que les femmes acceptent de souffrir en silence ! Et même si tout est normal (ce que je vous souhaite vivement), il existe 1 001 manières de soulager des douleurs de règles : massages, aromathérapie, homéopathie, ostéopathie, phytothérapie…

Parenthèse refermée, les tampons entourés d’un voile en plastique souple (censé faciliter leur insertion) peuvent également receler des phtalates, soupçonnés de favoriser les fausses couches.

Ça, c’était pour la partie « produits chimiques », très réjouissante comme vous pouvez le constater.

Quid du syndrome du choc toxique ?

Parlons maintenant du syndrome du choc toxique (SCT), qui n’a rien à voir avec ce que je viens d’expliquer.

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Le reportage de France 5 s’ouvre sur le témoignage de deux utilisatrices victimes d’un SCT, une affection rare mais potentiellement mortelle si elle n’a pas prise en charge très vite. Dans leur cas, le SCT est directement imputable au tampon. Les symptômes ? Épuisement, fièvre, chute de tension, éruptions cutanées, parfois diarrhées et vomissements… Puis tout s’emballe.

Le SCT est provoquée par une toxine libérée par un staphylocoque doré, plus exactement, le staphylococus Aureus. Ce germe est naturellement présent dans la flore vaginale de certaines femmes (entre 20 et 30 % de la population). Il n’est donc pas introduit par le tampon.

La stagnation du sang dans le vagin constitue un milieu idéal pour la prolifération de cette bactérie et la libération de la toxine, qui finit par déclencher une infection générale. Ainsi, les tampons « super absorbants » sont les plus à risque car ils permettent au germe de bien s’oxygéner.

Quelles précautions pour éviter les dangers du SCT ?

S’il ne faut pas du tout sous-estimer la gravité du syndrome du choc toxique, rappelons que le risque de SCT (mais aussi d’irritations, infections, etc.) peut être minimisé par quelques bons réflexes :

  • Toujours se laver les mains avant de manipuler un tampon ;
  • Le changer le plus fréquemment possible, et ne jamais le garder plus de 8h ;
  • Ne pas porter de tampon la nuit ;
  • Privilégier la plus petite taille de tampon possible, car plus celui-ci est absorbant, plus le risque de SCT est important ;
  • Alterner protections internes et protections externes ;
  • Changer de tampon immédiatement après avoir fait du sport ou s’être baignée.

Ces recommandations valent également pour la cup menstruelle, qui a beaucoup d’arguments, mais pas celui de nous protéger du SCT, puisqu’elle provoque elle aussi une stagnation du sang dans le vagin.

La seule manière de se prémunir totalement d’un SCT causé par les protections hygiéniques est d’utiliser des protections externes : serviettes hygiéniques lavables ou jetables, culottes menstruelles

Je crois pour autant qu’on peut se permettre des protections internes pour certaines situations sans verser dans la psychose. À chacune de faire son propre arbitrage bénéfices / risques, évidemment 😉

Pour en savoir plus sur tous les moyens disponibles pour bien vivre ses règles :

 

 

Tampons hygiéniques et serviettes jetables : pas idéal pour l’environnement…

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Enfin, je ne pouvais pas finir cet article sans évoquer la pollution générée par les tampons hygiéniques et serviettes jetables. Car sur le plan écologique, ils sont loin d’être les premiers de la classe. Un seul tampon met entre 400 et 500 ans à se dégrader (moins pour les tampons uniquement composés de coton). Jetés dans les toilettes, ils bouchent les canalisations et polluent l’eau : une mauvaise habitude à abandonner !

Même les tampons composés à 100 % de coton biologique non blanchi au chlore ne sont pas parfaits, car la culture du coton est très très gourmande en ressources (eau, énergie…)

Bref, vous l’aurez compris, mieux vaut faire de ces petites choses une utilisation parcimonieuse…

 

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2 commentaires

  1. Lucie Répondre

    Bravo pour ce riche article ! Que penses-tu de tampons en coton bio d’un point de vue santé et non environnement ?

    • Anaelle Auteur de l’articleRépondre

      Ma conviction après toutes ces lectures, c’est que le port de tampons n’est pas problématique s’il est fait en suivant les recommandations d’hygiène et de sécurité (jamais plus de 8h, idéalement 4-6h) pour éviter le SCT ou des désagréments (irritation, petite infection…) Je le garderai également pour des usages occasionnels du genre baignade ou tout autre situation où on ne peut faire autrement. Mais ce n’est que mon avis 🙂

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