Comment sensibiliser à l'écologie et inciter à agir ?

Comment sensibiliser à l’écologie pour inciter à agir ?

ecologie agir
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Pour d’obscures raisons, certains sont conscients des enjeux environnementaux, tandis que d’autres s’en tamponnent le derrière. Le problème des premiers, c’est de motiver les seconds : comment est-ce qu’on sensibilise efficacement son entourage à l’écologie, pour l’inciter à agir ? Comment mettre en mouvement la masse inerte de ceux qui continuent comme si de rien n’était ?

Et d’ailleurs, comment peut-on ne pas s’apercevoir que quelque chose cloche ?

Pour esquisser une réponse à ces questions, je suis allée regarder du côté de la psychologie sociale de l’environnement.

Écologie et piège de l’entre-soi

Certains d’entre vous ont peut-être l’impression que « les choses bougent ». Que les solutions de demain s’inventent aujourd’hui, et que ce mouvement ne cesse de prendre de l’ampleur.

C’est indéniable, on parle davantage de changement climatique et d’environnement qu’il y a 10 ans, ou même qu’il y a 5 ans. Pour autant, on ne peut pas dire qu’on ne parle que de ça.

Si vous avez cette impression que tout le monde parle d’écologie, c’est probablement parce que vous passez beaucoup de temps avec des gens qui vous ressemblent. Des gens qui partagent votre sensibilité à l’environnement.

sensibiliser au développement durable manifestation

Même sur Internet où vous êtes libres de vous informer où bon vous semble, vous n’avez pas accès à toutes les infos. Car les algorithmes des réseaux sociaux ne vous envoient que les informations qui vous intéressent. En d’autres termes : plus vous interagissez avec des publications qui parlent d’enjeux écologiques, et plus vous en voyez. Ce qui vous amène à croire que le monde entier ne parle plus que de ça. (Hélas, non.)

À cela s’ajoutent d’inévitables biais cognitifs, comme le biais de confirmation, cette tendance naturelle qu’à notre cerveau à ne retenir que les informations qui vont dans le sens de ce qu’il croit déjà.

En bref, chacun d’entre nous ne voit le monde que par le petit bout de sa lorgnette. C’est logique que les écolos ne parlent qu’aux écolos, et les climatosceptiques aux climatosceptiques.

Le développement durable, un « truc de bobos » ?

Il y a autre chose. L’écologie est toujours présentée comme un « truc de bobos ». Bon, personne ne sait ce qu’est un « bobo », mais c’est pas grave : c’est amplement suffisant pour justifier l’inaction. (Et quand ce n’est pas le bobo, c’est le zadiste qui fait des bolas et ne se lave pas les cheveux.)

En dehors de ces deux figures caricaturales, pas beaucoup d’indices sur ce qui explique l’engagement des uns, ou l’inaction des autres…

Pourtant, d’après le chercheur en psychologie sociale de l’environnement Mickaël Dupré, nos comportements éco-citoyens n’ont rien à voir avec notre catégorie sociale / identitaire.

QUOI, l’écologie n’est pas un truc de bobos ?

écologie agir truc de bobos
Et merde, j’avais acheté toute la panoplie.

Psychologie de l’écologie

Eh non. En réalité, les comportements éco-citoyens s’expliquent plutôt par des facteurs psychologiques. Comme par exemple :

  • La personnalité et les valeurs de l’individu. Par exemple, le sentiment d’une responsabilité à l’égard de l’environnement, l’accès à la culpabilité ou le fait d’être consciencieux favorisent des comportements éco-responsables. L’attachement à la communauté ou à la nature également. À l’inverse le cynisme, le conservatisme ou l’égoïsme dissuadent les personnes d’agir pour l’environnement.
  • La sensibilité à la pression sociale. Par exemple, certaines personnes seront influencées par les pratiques de tri de leurs voisins et recycleront leurs déchets pour se conformer au groupe, tandis que d’autres y seront indifférentes. C’est valable à l’inverse, pour ceux qui sont dans un groupe majoritairement insensible aux préoccupations environnementales.
  • Le sentiment d’une prise sur les choses. Les personnes les plus susceptibles d’agir pour préserver la planète sont celles qui pensent être suffisamment informées, qui savent comment agir et qui croient en l’effet de leurs actions.
  • La perception des contraintes. C’est le calcul qui nous amène à nous demander si tel effort vaut la peine pour tel résultat. Les contraintes perçues peuvent être de tout type : temps, argent, pénibilité physique ou intellectuelle… et dissuadent les comportements favorables à l’environnement, voire justifient l’inverse. Ces prétextes permettent à l’individu de protéger à la fois ses convictions et l’image qu’il a de lui-même.

Même les plus engagés d’entre nous se retrouvent parfois dans ces petites négociations internes. Pour le quidam, ces logiques sont les mêmes, mais en bien plus importantes. Et l’urgence planétaire ne pèse pas bien lourd face à l’habitude ou la flemme.

Mais alors, quels leviers faut-il actionner pour nous secouer ?

Un discours environnemental à renouveler

Je ne vous apprends probablement rien en vous disant que les écolos ne sont pas les pros de la com’. Certains blogueurs ou YouTubeurs, certaines ONG ou organisations tirent leur épingle du jeu. Mais la majorité ne nous le vend pas très bien.

Pourquoi ?

Les images-choc ne nous sensibilisent pas au changement climatique

Les personnes les moins sensibilisées à l’environnement sont peu réceptives à des émotions négatives fortes telles que le dégoût ou la culpabilité. C’est ce que montre une étude menée par l’association Place to B (avec Mickaël Dupré – encore lui) sur l’impact émotionnel des images liées au changement climatique.

Comprendre : l’image de l’ours blanc naufragé sur la banquise a fait son temps !

J’avoue que cette conclusion m’a surprise. Personnellement, des documentaires chocs comme « Une vérité qui dérange », vu au lycée, m’avait déjà pas mal remuée. Mais ma personnalité était le terreau parfait pour que ce genre de graines prenne. Ce qui n’était sans doute pas le cas de tous mes camarades. Plus récemment, « Chasing Ice », où l’on voit un glacier de la taille de Manhattan s’effondrer m’a aussi beaucoup touchée. Mais je suis déjà sensibilisée…

Tous ces enjeux environnementaux paraissent si loin…

Autre problème : ces phénomènes globaux paraissent lointains, très lointains. Et ce que nous faisons paraît dérisoire, très dérisoire. Alors la paralysie nous guette.

Si l’ours polaire est proscrit, dans ce cas, quelles images utiliser pour sensibiliser et surtout inciter à l’action ?

D’après l’étude Des images et des actes, les visuels montrant des solutions suscitent plus d’intérêt et d’envie d’agir. Le succès du documentaire Demain ou du journalisme « de solutions » (L’Info Durable, We Demain, Kaizen, Positivr, etc.) en sont une preuve tangible.

« Les émotions négatives incitent davantage à l’action individuelle quand les émotions positives donnent envie d’en parler, de les partager. » écrit Mickaël Dupré. Message aux professionnels de la communication environnementale : repensez vos messages pour mieux les adapter à vos différentes cibles… Et ainsi susciter plus d’actions en faveur de l’environnement et du climat.

Comment créer une vision positive et engageante de l’écologie ?

Ne pas chercher à évangéliser qui que ce soit

Si je ne suis pas un média, je me pose régulièrement la question de ma place dans tout ça. En quoi mon discours peut-il servir ou au contraire desservir l’écologie ?

J’ai vite compris que prêcher ma paroisse ne servait à rien. « Les gens » se braquent, parfois même sans que j’ouvre la bouche. Le seul fait que je fasse différemment les heurte : imaginez si j’essayais de les convertir !

D’ailleurs, quand j’y pense, je suis venue à l’écologie toute seule et pas parce qu’on m’a convaincue de m’y mettre. Et si c’était pareil pour les autres ?

Faire la morale, donner des leçons (ou même de simples conseils non sollicités) est la pire stratégie possible : vous allez énerver votre interlocuteur. Même avec les meilleures intentions du monde, vous pouvez générer de la culpabilité, un sentiment d’agression, de jugement, etc. Or on l’a vu, ce ne sont pas les émotions négatives qui nous mettent en mouvement !


Découvrez le guide Engagé et Heureux !

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Écolo débutant ou confirmé, vous avez parfois le sentiment que :

  • Vous êtes seul dans votre démarche ;
  • Tout le monde se fiche du climat et de l’environnement, à commencer par vos proches ;
  • Vos petits gestes ne pèsent pas lourd (voire ne servent à rien).

Je viens de sortir « Engagé et heureux », le premier guide pour bien vivre votre transition écologique ! 40 pages de conseils et de réflexions pour mieux vivre vos convictions.


Utiliser l’humour

Avec ce blog, mon but a toujours été d’aborder ce sujet sérieux avec humour et légèreté. J’ai souhaité faire rire, car je trouvais que ça manquait cruellement dans l’écologie.

D’ailleurs, l’étude menée par Place to B révèle que l’humour est une bonne manière d’interpeller le public sur les enjeux environnementaux. Et ça fonctionne au moins sur quelques personnes, à en juger par les stats de fréquentation de ce blog (#melon).

Problème : l’humour suscite l’intérêt, mais pas forcément l’action, d’après l’étude. En clair, le public est sensibilisé à l’écologie, mais n’a toujours pas envie d’agir.

Merde. Mais alors comment promouvoir efficacement des comportements éco-responsables ?

Réponse : en apportant des solutions. D’où l’intérêt de montrer des actions concrètes, des « petits gestes » qui ne découragent pas les moins « avancés ».

Bien sûr, c’est trop peu face à l’urgence de la situation. Mais à mes yeux, ce qu’il faut retenir, ce n’est pas la simplicité des gestes à donner en exemple. C’est la puissance de l’exemple. Nous avons PEUR. Peur du changement, peur de mourir, peur d’être mis à l’écart de la société, etc. Des modèles positifs de transition sont alors le meilleur moyen de mettre les gens en action.

Inviter la beauté

Une rencontre m’a amenée sur une deuxième piste : celle d’Aurélie, écologirl comme moi, directrice artistique et designer spécialisée dans les arts de vivre. Son regard sur les choses a sensiblement modifié le mien. C’est à elle que je dois l’accélération de ma réflexion sur le « moins égal mieux » et l’importance du beau.

Aurélie est un concentré d’optimisme et d’esthétisme. Notre point commun : l’envie d’agir ! Chacun à sa mesure, chacun comme il peut, mais en ne cessant d’apprendre et partager pour progresser. Le blogzine Greenmoods qu’elle a lancé vise à « inspirer des modes de vie éco-responsables » par un autre levier que l’humour : celui de la beauté ! Car oui, un environnement bien réfléchi, bien conçu et esthétique a plus de chances d’emporter notre adhésion.

beauté pour sensibiliser au développement durable
Petit aperçu de chez Aurélie : ça donne pas envie d’être écolo ?

Pour toutes les deux, sensibiliser n’est pas convertir les autres à notre mode de vie, mais plutôt partager le bonheur que ces choix nous ont amené. Par exemple, cuisiner me détend et me régale, acheter peu de vêtements me prend moins la tête et me permet d’économiser…

C’est grâce à Aurélie que j’ai envie d’acheter de plus beaux objets, quitte à les payer plus cher (moins mais mieux !) Par exemple, je perds toujours mes gants, achetés en triple pour quelques euros chez H&M. Si c’était une belle paire que j’avais pris le temps de choisir selon mes critères, et dans laquelle j’aurais mis un peu plus d’argent, les perdrais-je toujours autant ? Probablement pas. Donc au final, ça pourrait même me revenir moins cher…

Trouver de la beauté dans des objets ou des environnements permet de redonner de la valeur aux choses dans cette société du tout-jetable. Prenez par exemple le zéro déchet : les créateurs/trices rivalisent d’imagination pour fabriquer d’adorables sacs à vrac ou de beaux emballages en cire d’abeille. Une fois ces jolies choses achetées, pas question de les mettre à la poubelle ! Pour en revenir aux contraintes perçues et au rapport effort/gain mentionné plus haut, être entourés de beaux objets peut faire pencher la balance en faveur de l’écologie.

Interpeller puis donner envie d’agir

Tout ça pour vous dire quoi ? L’humour ou la beauté sont deux options pour interpeller un public averti ou non sur les questions de développement durable. Bien sûr, interpeller ne suffit pas : il faut donner envie d’aller plus loin, en proposant des solutions et actions concrètes !

Si je devais résumer ce que mes petites recherches pour cet article m’ont appris, je dirais que pour maximiser ses chances de bien sensibiliser à l’écologie il faut :

  • Travailler un message clair et simple en faisant ressortir l’information principale ;
  • Interpeller via l’humour, la beauté, la surprise… ;
  • Être rigoureux sur le fond, en vérifiant la fiabilité de ses informations et en proposant un approfondissement (sans se noyer dans les détails) ;
  • Être convaincu (et donc convainquant 😉 ) de l’importance de l’action de chacun ;
  • Proposer des solutions concrètes !

Bien sûr, on ne touchera jamais le monde entier, mais si déjà tous les messages étaient bien construits, il y aurait moins de paroles et plus d’actes !

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Anaelle
Blogueuse engagée. Écologie, société et autodérision.

12 Responses

  1. Margaux dit :

    Merci pour cet article complet et très intéressant ! Nous devons tous nous emparer de l’écologie pour l’intégrer à notre quotidien 🙂

  2. Zoé Smousse dit :

    Bonjour! Je suis actuellement en échange culturel avec le Rotary en Argentine et je cherche un moyen de sensibiliser les gens à l’écologie et au respect de l’environnement. Mon idée de projet est toute fraîche et je ne sais pas encore concrètement quoi faire mais votre article m’inspire beaucoup! Si en plus de cela vous auriez des idées à me donner pour des actions ou des campagnes de sensibilisation à réaliser je suis preneuse!
    Merci!

  3. Croizer Emmanuelle dit :

    Chère Anaelle,
    Merci pour cet article qui m’aide beaucoup dans ma démarche de stagiaire. Je bosse dans une Communauté d’Agglo, au service Qualité des Milieux Aquatiques, et une de mes principales missions est de vulgariser leur « Programme Eau », et en particulier de toucher les publics qui n’y sont pas encore sensibilisés…C’est donc un ambitieux projet, mais je fais tout pour atteindre mes objectifs, et votre article me remotive et me donne des pistes concrètes, quelle joie !
    J’en profite du coup pour faire une petite pause au boulot et surfer sur vos autres articles et rubriques, tout cela est passionnant. MERCI pour votre contribution et bonne continuation, je continuerai à vous suivre avec plaisir.

  4. Aurore dit :

    Merci pour cet article que j’ai trouvé vraiment intéressant !
    Je pense également qu’il faut développer des actions concrètes, d’ailleurs à deux pas de chez moi, un compost collectif a été installé au pied d’immeubles : cela fait partie des initiatives à développer !
    Organiser des ateliers dans les écoles peut être aussi une idée, ma ville a d’ailleurs prévu de développer tout cela 🙂

  5. Merci pour la lecture très agréable de cet article et content de (sa)voir que la réflexion scientifique s’exporte bien.

  6. haroldparis dit :

    Hey Anaëlle,
    Ici Harold, le fondateur de POSITIVR, merci pour la mention de notre média. 🙂
    Et bravo pour cet article que j’ai beaucoup apprécié !
    Belle journée à vous !

  7. Etienne R. dit :

    Chère Anaëlle,

    Merci pour ce nouvel article ! Et bravo : les écolos tristes sont de tristes écolos !

    Et bien d’accord sur les ambigüités du « truc de bobo », expression en effet bien vague et bien commode qui ne fâche pas grand monde mais ne résout rien non plus.

    Mais alors, que dire, quelques lignes plus loin, du « conservatisme », ignominieusement coincé entre cynisme et égoïsme : là aussi, a-t-on pris le temps de définir de quoi on parle ?
    Parce que progressisme rime aussi avec ultra-libéralisme, consumérisme, mondialisme, non ? Et si être conservateur c’était aussi résister à la mentalité du jetable, à la « culture du déchet » ?

    Pour le forestier que je suis, le « conservateur » des eaux et forêts était le garant du la pérennité du patrimoine naturel qui lui était confié ; est-ce donc si infâme ?
    Comme disait Disraeli : « réformer ce qu’il faut, conserver ce qui vaut ».

    Et pour aller plus loin, je ne saurais trop conseiller la lecture de la revue « Limite » – http://revuelimite.fr/la-revue – une revue d’écologie intégrale, « bioconservatrice » et bien d’autre choses encore. Vous m’en direz des nouvelles !

    Bien cordialement

    Etienne

    • Anaelle dit :

      Étienne, vous avez parfaitement raison. J’ai repris le terme « conservateur » de l’étude citée dans The Conversation, mais avec le recul que me permet votre commentaire, je réalise que ce terme n’est pas forcément clair pour moi non plus. Je démarre mon enquête .

  8. La Nébuleuse dit :

    C’est un très bel article, riche en contenu et en discussions possibles, bravo ! Cela me touche particulièrement car durant mes études j’ai eu l’occasion de m’intéresser un peu à la sociologie de l’environnement. Je ne résiste donc pas à la tentation d’apporter ma piérette à cette discussion. Effectivement le revenu n’est pas vraiment un critère pour déterminer notre sensibilité à l’environnement et nos actions, mais revenu et classe sociale ce n’est pas exactement la même chose. Par exemple, quand on regarde les profils des personnes assez engagées dans les causes écolo, leurs revenus ne sont pas toujours très élevés, mais leur capital culturel oui : ce sont souvent des personnes qui ont fait un minimum d’études, ou leurs parents en ont fait, des personnes qui lisent un minimum, etc. Parfois, le fait qu’ils gagnent peu, c’est aussi le fruit de choix (si on prend le cas des zadistes par exemple), ils auraient pu se trouver dans une autre situation. Ce sont rarement des ouvrier.e.s par exemple. Non pas que ceux ci seraient forcément moins écolo, mais parce que leurs préoccupations quotidiennes ne sont pas les mêmes, le temps mental disponible pour réfléchir à tout ça aussi. Ce qui m’amène aux facteurs psychologiques. En fait, ceux-ci ne sont pas totalement indépendants de nos catégories sociales justement ! Le fait d’être plus ou moins soumis à la pression sociale par exemple, il faudrait creuser ça, mais je suis quasi sûre que c’est des valeurs qui sont aussi en partie acquises, évidemment les valeurs aussi, et le sentiment de prise sur les choses, à mon avis on l’a davantage lorsqu’on est déjà dans un environnement qui suit l’actu, avec des membres de sa famille déjà politisés etc, que lorsqu’on est dans un milieu qui subit beaucoup les décisions politiques, le chômage etc, qui est dans l’urgence quotidienne. Bon là je sors tout ça un peu vite, évidemment ça vaudrait le coup de se pencher plus sur les travaux qui existent sur ces sujets 🙂 et y’en a pas mal de vraiment intéressants en psycho et socio de l’environnement. J’ai eu un prof qui lors d’un cours avait pas mal insisté par exemple sur le fait qu’avoir une information et être sensibilisé à une question n’entraînait pas forcément une action. Ce qui va l’entraîner, c’est une forme d’équilibre entre cette sensibilisation et la facilité qu’on a à le faire (voire l’intérêt qu’on a à le faire). Du coup les infrastructures sont très importantes par exemple… Si on nous dit qu’on doit prendre le vélo ou le bus plutôt que la voiture, mais qu’on a deux enfants à déposer le matin à deux endroits différents avant d’aller soi même au boulot, et que les horaires de bus ne correspondent pas, ce n’est pas évident pour tout le monde par exemple. J’imagine que les minorités militantes devraient du coup oeuvrer pour ouvrir ces possibilités au maximum (ce qu’elles font d’ailleurs)

    • Anaelle dit :

      Merci pour votre contribution ! On pourrait longuement débattre là-dessus, en effet. Certes, les pratiques culturelles sont globalement plus intenses chez les personnes sensibilisées à l’environnement, mais sont-elles pour autant débarrassées de toute préoccupation financière et donc pleinement disponibles, mentalement parlant, pour se préoccuper de la planète ? Je ne crois pas.

      Concernant ce qui déclenche l’action, je suis d’accord avec vous, et c’est ce que je pense avoir compris de l’article de M. Dupré : c’est une balance complexe effort/résultat, qui entraîne certaines personnes très sensibilisées à se déplacer malgré tout en voiture, par exemple.

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