Petits gestes : j’en ai assez de la sur-responsabilisation individuelle

petits gestes
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Depuis plusieurs mois, je sature de l’écologie et de ses petits gestes. Peut-être que j’en mange trop, que ça n’avance pas assez, que je n’assume plus mes contradictions. Sans doute tout ça à la fois. Du matin au soir, je cogite, cherchant le « bon » moyen d’agir pour faire avancer le schmilblick de la transition écologique. Mais il n’y a pas de bon moyen d’agir – seulement une palette d’outils que personne ne peut mobiliser à lui seul.

Clairement, j’ai le cul entre deux chaises. Moi qui prône la stratégie des petits pas depuis tant d’années, je suis de plus en plus frustrée par l’engagement individuel.

J’arrive à un stade où je ne peux plus rien encadrer, surtout pas l’histoire du colibri. Non pas que je trouve ça mal, ou bête. Je suis pour que chacun se sente concerné, et persuadée que réformer nos modes de vie nous rendra plus heureux. Mais je ne supporte plus la déresponsabilisation des institutions et grandes entreprises que cette fable permet.

Il fallait que je vous en parle.

D’autres réflexions sur la transition :

De la stratégie des petits gestes au désarroi

J’ai eu mon « déclic » écolo au Canada, en 2011. De retour de mon échange universitaire, j’ai embrassé la légende du colibri et la politique des « petits pas », fière et heureuse de faire ma part.

J’ai cru très fort au pouvoir de la consommation responsable. J’ai pensé : « Puisqu’on nous prend pour des consommateurs, achetons ce qui est bon, boycottons le reste, et les entreprises seront obligées de s’adapter ». J’ai vraiment pensé que la CB était notre bulletin de vote et notre plus fort levier.

consommation responsable engagement individuel

J’ai revu tout mon quotidien, morceau par morceau. J’ai passé des heures à faire mes courses en essayant de résoudre des équations à triple inconnues. (Bio ou local ? Industriel certifié ou artisanal conventionnel ?) J’ai privilégié le vrac, diminué la part des aliments qui viennent de loin, refusé autant que possible le plastique. J’ai mangé de moins en moins de viande, acheté de moins en moins de vêtements. J’ai fabriqué mes produits ménagers et cosmétiques. J’ai relevé le Défi Rien de Neuf, opté pour un smartphone et des appareils électroménagers reconditionnés. J’ai été la reloue qui demande aux potes qu’on parte pas en vacances avec un vol intérieur low cost. J’ai fait de nombreuses recherches et partagé toutes mes découvertes sur un blog lu par des dizaines de milliers de personnes chaque mois.

Bref.

J’ai fait de mon mieux, multiplié les petits gestes, et pourtant ça ne va pas. Quand je tombe sur un énième compte écolo ou pire, zéro déchet, je ressens de l’agacement. Je sais la fatigue qu’on peut ressentir dans la course au plus petit bocal, je sais la charge mentale que ça représente. J’ai entendu des dizaines de copines se torturer pour un opercule en plastique dans leur poubelle quand celles du monde entier dégueulent. J’en peux plus. J’en ai marre des batailles symboliques, des « petits gestes qui sont mieux que rien ».

Si la fable du colibri ne marche pas…

L’effet pervers du colibri, c’est que cette histoire donne l’impression que les individus qui détiennent la clé de la transition écologique.

Et ça, ça arrange bien les responsables politiques et économiques, qui peuvent se complaire dans une écologie de façade qui ne remet rien en cause, et dont la responsabilité pèse sur les citoyens.

petits gestes colibri

OKLM, on incite les personnes à adopter des comportements éco-responsables, comme si acheter des multiprises à interrupteur allait empêcher l’emballement du climat et l’effondrement de la biodiversité.

Oui, ça arrange bien l’État et les grandes entreprises, cette configuration.

Combien d’engueulades dans des conversations physiques ou virtuelles, sur qui prend l’avion, qui mange de la viande, qui achète du plastique ?

Pendant qu’on s’écharpe entre lombrics sur qui mérite la médaille du meilleur écolo, ceux qui nous gouvernent poursuivent leur quête mortifère de la croissance éternelle.

Et ça me met en colère.

… Alors que faire ?

Soyons bien clairs.

Je ne dis pas que l’action individuelle ne sert à rien. Je ne dis pas que les « petits gestes » ne comptent pas.

Je dis qu’ils ne suffisent pas. Qu’ils ne doivent pas constituer une excuse pour l’inaction au niveau collectif, politique. Qu’ils ne doivent pas faire peser la totalité ni même la majorité de la responsabilité de la transition sur les individus.

Dans l’étude « Faire sa part ? » du cabinet de conseil Carbone 4, les auteurs écrivent : « l’engagement individuel est indispensable, mais insuffisant« . Car même dans l’hypothèse d’un changement de comportement trèèès significatif (végétarisme, arrêt de l’avion, trajets en vélo, rénovation thermique de son logement, etc.), un individu seul ne parviendrait à réduire son empreinte carbone que de 45 %. Il faudrait pourtant descendre à 80 % pour respecter les objectifs de l’accord de Paris (à horizon 2050).

faire sa part petits gestes
Source : Cabinet de conseil Carbone 4 – juin 2019

Sauf que tout le monde ne changera pas de comportement de son plein gré. Une estimation plus réaliste serait une baisse de 20 % de l’empreinte carbone moyenne de chaque Français (et encore, je les trouve sereins sur l’hypothèse). Et les 60 % restants ? Ils dépendent d’une action collective, politique, globale. D’un système qui se réforme en profondeur (transports publics et fret, agriculture et élevage, industrie, etc.)

Ces dernières années, on a voulu nous faire croire que l’écologie était une affaire de responsabilité individuelle, qu’elle n’avait rien de politique.

Ce n’est pas vrai. Nous sommes habitants de la même planète, insérés dans une société mondialisée, et donc dépendants les uns des autres. L’organisation de cette société repose sur un système politique multi-échelles. L’écologie est donc on ne peut plus politique.

manifestation pour le climat

Je ne blâme personne : je me suis vautrée la première dans cette histoire de petits gestes, d’engagement individuel. Et je ne reviendrai pas sur les changements de vie qui m’ont rendue plus heureuse et plus alignée.

Mais comme l’écrivent Jean-Marc Jancovici et ses comparses, « Si le système sociotechnique dans lequel nous vivons tous ne se réforme pas de toute urgence, l’injonction permanente à l’effort individuel ne pourra plus être entendue très longtemps. »

Je crois que mon début de burn-out militant en est une parfaite illustration.

La dissonance cognitive de l’écolo

Restez, parce que j’ai pas tout à fait fini. Récemment, un article du magazine de La Ruche qui dit Oui ! parlait de dissonance cognitive. Quessquecé ? C’est quand nos paroles sont contraires à nos actes. Un petit exemple ? J’ai l’impression de « faire ma part » et pourtant, si tout le monde vivait comme moi, nous aurions besoin… D’1,62 planètes, d’après le calculateur d’empreinte écologique.

« C’est pas moi, c’est les autres » ?

Le pire, c’est que WWF me félicite, car les deux tiers de planète en trop ne dépendent pas de moi, mais du système dans son ensemble. C’est donc au collectif de se réformer.

empreinte écologique

Mais se réformer vers quoi ? Un monde basé sur les technologies propres, la croissance verte, l’efficacité énergétique ? LOL. Sortez le système par la porte, il revient par la fenêtre… Car derrière tout ça, la logique n’a pas bougé d’un pouce. C’est la même cloison pourrie, repeinte en vert.

Et moi, dans tout ça ? En y réfléchissant bien, j’ai certes adopté une foultitude de petits gestes. Mais mon mode de vie global ? Je travaille dans la communication digitale, et les nombreuses heures à pédaler sur mon vélo pour me déplacer ne compensent pas celles passées sur l’ordinateur. Même si je fais durer mes appareils, même si j’ai un hébergeur green, même si j’éteins ma box la nuit. Même si.

Comme les autres, je fais des aménagements à la marge. Peut-être plus importants que la majorité, mais ça reste à la marge. Mon mode de vie ne remet rien en cause.

Pourquoi n’arrive-t-on pas à être plus radical ?

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à aller au bout de la logique ? Pourquoi est-ce que je ne renonce pas aux appareils électroniques, aux grands déplacements, à certains produits venus parfois du bout du monde, etc. ? Bref, aux facilités de la vie moderne, dont on sait maintenant qu’elles sont purement insoutenables ?

collapsologie théorie de l'effondrement

Il y a un peu plus d’un an, j’ai rencontré les théories de l’effondrement. Et la collapsologie, c’est pas le même niveau de discours que les petits gestes, hein. Ça te dit que tu peux te carrer tes LEDs et tes sacs à vrac où tu veux, parce que dans un futur pas si lointain, il n’y aura plus ni d’électricité, ni de supermarché. Ça parle de guerres, de famines, de catastrophes climatiques. Mais aussi d’entraide, de solidarité, de résilience, d’autonomie. Bref. Ça remet les idées en place.

Mais ça nous met toujours pas en mouvement.

Il manque une logique de changement collective

Aujourd’hui, on a le choix entre une écologie « soft », faite d’arrangements avec le système (mais qui ne le menacent pas vraiment), et une écologie « radicale », qui revient à s’exclure de ce système.

Entre les deux, rien, nada, walou, niet. Notamment parce que les décideurs ne prennent pas leurs responsabilités. Parce qu’ils n’ont pas le courage d’organiser une transition d’envergure, de poser les bases d’un nouveau système plus sain et plus soutenable.

Or, en bon animal social, l’Homme n’a pas tellement envie de se mettre au ban de la société. Même si elle est en train de courir à sa perte.

Ça fait peur à la majorité d’entre nous, d’engager un changement d’envergure. Organiser son auto-suffisance, renoncer avec quelques années d’avance à ce qu’on ne pourra de toute façon pas conserver pour quelque chose qu’on ne connaît pas encore, c’est tout simplement terrorisant. Et pour l’instant, ça reste plus simple de mettre la tête dans le sable.

Je pose ce constat aujourd’hui. Celui que je vais devoir réfléchir sérieusement à mon projet de vie, et sans doute devoir prendre des décisions difficiles.

Je ne fais la morale à personne. Je vous partage simplement et en toute transparence l’état de ma réflexion aujourd’hui. Sans même tirer de conclusions.

Pour continuer sur le sujet

Je ne sais pas ce que je penserai ni ce que je ferai demain. Et ce billet sera certainement suivi par d’autres, car j’ai besoin de parler de tout ça.

Pour ceux que le sujet intéresse, voici quelques ressources.

Des idées d’actions plus politiques

Des lectures utiles et inspirantes

Et vous, où en êtes vous de vos réflexions sur la transition ?

burn out écolo militant
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68 Responses

  1. Amelie dit :

    J’ai parfois l’impression qu’on se voile la face … on ne va pas sauver la planète, on va sauver ( j’espère quand même) l’humain. On s’autodétruit … mais la planète s’en remettra vite ( on l’a vu avec le covid)
    Alors sauvons l’humain bordel Et merci à ceux qui font des petits gestes et montrent l’exemple
    Merci pour tes articles

  2. Leila dit :

    Bonjour Ton constat est finalement ce qui m’a freiné et me freine encore aujourd’hui – en dehors du cout important si le salaire est faible- à entrer dans les gestes écologiques. Car mon cerveau ne comprend pas que en parallèle les portions individuelles de gâteaux se soient multipliées en dix ans. Or encore les boîtes comparées au contenu. Alors certes je suis passé aux shampoing solide et lingettes lavables, mais cela ne va pas changer le monde. Et surtout je me dis que écolo je l’ai toujours été car certains redécouvrent les torchons pour la vaisselle et les serviettes de table alors que je n’ai connu que ça.

  3. Bien sûr que les petits gestes sont importants! Mais il faut qu’ils soient épaulés par des plus grands: l’entreprise, la ville, l’état. Si on n’arrive pas à faire changer les choses à notre petit niveau alors comment demander à l’état de faire ce qu’on n’a pas fait? Bien sûr que faire seul chez soi apporte quelque chose mais il faut exporter cette prise de conscience (tout en ne devenant pas reloue , et ça ce n’est pas facile 🙂 Personnellement je crois fermement au changement à partir de l’individu mais encore faut -il transmettre, sans imposer afin que chacun évolue (et évidemment, il vaut mieux convaincre le patron PDG d’une société polluante que le voisin retraité sans voiture.) Pourtant chaque personne convaincue compte 🙂

  4. Un mange-tout dit :

    Moi-même « professionnel » de l’écologie, j’en suis arrivé à des conclusions assez proches des vôtres… les « petits gestes » pour soit-disant sauver la planète me donne l’impression bien souvent d’être en réalité un os à ronger que l’on jette à la populace. Populace qui a viré dernièrement du rouge au vert d’après certain de nos élites.

    Une fois que l’on a dit çà…???

    J’ai pas mal réfléchi, je me suis remis en question, interrogé, « introspecté » même je dirais. J’en suis arrivé à la métaphore suivante, une transition écologique ne peut reposer que sur un élément, il faut dessiner la quadrature du cercle, avec 4 sommets interdépendants les uns des autres :

    1er sommet. Les gestes individuels, on ne va pas revenir dessus, on les connait bien, c’est la première étape nécessaire mais non suffisante

    2ème sommet. Un changement sociétal. En effet, on ne peut demander aux individus de mener des actions de façon isolée sans changer les valeurs de la société. Tant que les signes extérieures de réussite seront basés sur la richesse financière et le consumérisme… point de salut. Aujourd’hui la société valorise avant tout les signes extérieures de richesse : grosse et belle voiture (oui encore aujourd’hui), vacance à l’autre bout du monde, grande maison… et ne valorise pas les personnes frugales.

    3ème sommet. Une volonté politique forte pour la mise en place d’une transition réellement écologique. Il est indispensable que nos dirigeants traduisent en orientations politiques et en mesures législatives nos aspirations collectives et qu’ils les traduisent avec conviction et volontarisme et non pas greenwashing électoraliste.

    4ème et dernier sommet. La mise en place de technologies adaptées. Eh oui, la plupart d’entre nous refuserons une baisse significative de leur niveau de vie, je dirais même qu’une grande partie de la population mondiale aspire à rejoindre notre niveau de confort matériel. Alors oui, il faudra aussi des progrès technologies importants (gigantesques???) vers du dé-carboné, du respect de la biodiversité et une optimisation de la gestion de la ressource.

    Bien sur comme dans un carré formant la quadrature du cercle, ces sommets sont interdépendants, la société n’est qu’une émanation de l’ensemble des individus, les politiques reflètent nos sociétés, les recherches permettant d’aboutir à de nouvelles technologies sont soutenus par nos politiques publiques…

    bref tout se tient et croire que les gestes individuels seuls peuvent avoir un impact réel est une utopie!!!!

  5. Patrick Bigeard dit :

    Ce qui pose problème est bien de vouloir « CHANGER LE MONDE »… C’est comme si dans une relation amoureuse, nous voulions « changer l’autre »…! Et c’est ainsi que nous retombons dans les schémas comportementaux du « vieux monde »: domination/soumission, peur, etc… La formule qui semble le mieux adaptée serait de vouloir plutôt changer notre regard sur le monde. comme le disait un sage indien: « nous portons en nous tous les germes de la maladie du monde » (et de la guérison, tout dépend ce que l’on veut ou peut activer).
    Bien gentil ce baratin… (le mien!) mais on fait quoi? Ben on continue à prendre conscience, à ne plus être un mouton, même noir! (à ce propos Ghislaine Lanctot offre des vidéos YouTube très inintéressantes).
    Tant que l’égo prend les commandes, et il aime ça, il se considérera comme celui qui fait tellement de choses pour la planète que si 7 milliards d’humains faisaient comme moi hé bien la planète irait tellement mieux… Ben voyons. Et en poussant plus loin cette logique de l’égo, nous pouvons facilement devenir intégristes, dictateurs écolos, et bien pire!
    Les consciences s’ouvrent de plus en plus, de mieux en mieux sur notre malfaisance vis à vis de la planète (et envers nous-mêmes). La connaissance arrive, nous faisons au mieux chacun. Et Anaëlle bravo pour vos propos de remise en cause, rien n’est jamais certain, tout est a redécouvrir sans cesse.

  6. val dit :

    Pour le fait qu’on ne voit pas les effets de l’engagement individuel, c’est simple c’est parce que pour plein de raisons, peu de personnes s’engagent. Frustrant pour les gens qui font des efforts depuis des années. Il faudrait que le changement se fasse plus « haut » pour que les choses changent et plus vite. Pour que plus de personnes comprennent et s’engagent individuellement ou soient obligées. Mais aussi pour que la pollution venant d’ailleurs (comme des services publics, entreprises) soit aussi diminuée.

  7. Isabelle dit :

    Je me retrouve assez bien dans ce billet. Mais je reste convaincue que l’engagement individuel reste indispensable. Et quand je me sens découragée, je pense à la théorie du 100ème singe : https://cacommenceparmoi.org/action/je-suis-le-100eme-singe/?fbclid=IwAR2SZR8ZsMbpceTz7Ysm0AZdM58vMOdR7qP4ZKrZ-xxMMwjVaXbZK_llj9w 🙂

  8. Nat dit :

    Je suis assez d’accord avec vous, mais le risque est aussi de se dire « bon, ben foutu pour foutu, consommons et profitons à fond! »
    Dans vos lectures, vous ne citez pas Aurelien BARRAU qui, pourtant, parle également de cet aspect : il faut que les gouvernements se bougent! Nous seuls, chacun à notre échelle, cela ne suffira pas.
    Je pense qu’il faut garder la foi dans ce que l’on fait, sinon on risque tous de sombrer. Et les petits gestes sont utiles, pas assez pour tout changer certes, mais utiles pour faire prendre conscience qu’il faut faire quelque chose.
    Ne pas sombrer et ne pas se décourager.
    Y croire encore.

  9. Victor dit :

    Non mais arrêtez ! Vous allez finir par nous sortir des théories marxistes, des histoires de cassage de gueule du capitalisme qui vont devoir passer par du cassage de gueule de médias mainstream (TFMTV et cie, journaux, mais aussi facebook et youtube et netflix). Et ça c’est très grave, les CRS seront là pour empêcher votre terrorisme intellectuel !

    Et puis on vous dira : on pose quoi à la place ? Un net libre pour s’organiser ? Ou on s’organise sur la place publique façon nuit debout ?

    Et avec quelles personnes ? Les gens sont trop occupés à travailler et à se vider la tête devant des médias mainstream et de la télé réalité, tous les soirs !

    J’en suis le 1er exemple. Il faudrait que je me change, d’ailleurs. Mais on vient pas de dire que me changer ne servira à rien, et qu’il faut changer la société plutôt que ses individus ?

    D’ailleurs, les gens, les vrais individus de cette société (à contrario de nous les bourgeois intellectuels cultivés), en ce moment, ils veulent juste manger ! Ils ont autre chose à foutre que faire la révolution, ils taffent 45h/semaine pour gagner que pouic, EUX ! On fait quoi pour eux ? un salaire universel ? mais avec quel argent ?

    Et c’est gentil comme idée mais c’est une idée qu’on peut avoir que dans un pays riche ! Ils font comment les pays pauvres que nous sommes en train de polluer (même pas eux-même, c’est nous coucou !)
    Comment on fait une révolution internationale ? Non parce que le problème c’est surtout pas nous. C’est les USA et la Chine, c’est bien connu ! Et si on commence pas par les changer, notre économie va se casser la gueule, c’est bien connu.

    Bref, pardon si mon commentaire va dans tous les sens et dit à peu près tout et son contraire.

    • Frys dit :

      c’est justement par ce que les inégalités sociales nous enchainent au travail pour survivre au lieu de vivre, qu’il y en a qui taff 45h par semaine dans des boulots qui ne font qu’aggraver le problème, que notre consommation pollue les pays les plus pauvres… qu’il faut changer de système.
      on nous a tellement gaver de discours de croissance et de néolibéralisme qu’on n’est plus capable de de penser à des alternatives. elles sont tout de suite taxées de marxiste, terroristes, rétrogrades…

      Arrêtons avec les illusions. la croissance, ça n’est pas gage de qualité de vie, ça n’est pas non plus gage de progrès technique (historiquement, c’est même plutôt l’inverse)

      la vérité c’est qu’on n’a pas le choix, il faut réduire notre consommation (d’énergie, de gadgets, de viande…).
      Certes on gagnera moins, mais associé à une réduction des inégalités, les plus précaires n’ont pas à en patir, et comme on consommera moins nous n’auront plus besoins d’autant de revenu. et au final, on aura regagner du temps pour s’épanouir et pour vivre ensemble. et on tendra vers une société dans laquelle on ne consomme pas plus que ce que la terre est capable de produire.

      quant aux autres pays, les plus pauvres ont suffisamment de soucis avec le capitalisme néolibérale qui leur est imposé par l’occident impérialiste, pour voir dans l’exemple qu’on pourrait alors fournir, un bien meilleur mode de développement.

  10. Mugnier dit :

    Cet article date un peu, je commente après la bataille, mais je m y suis retrouvée un peu. C est chiant des fois d etre écolo. Et autant sur l alimentation ça n est pas trop difficile, autant sur les voyages c est très dur pour moi… frustrant de voir ceux qui s en foutent et multiplient les vols low cost. Mais je me suis toujours dit que je faisais tout ceci pour moi et surtout pour mes enfants, pour pouvoir leur dire un jour que j ai essayé. On a la chance d avoir des jobs qui ne sont pas en contradiction. Au moins si un jour leur vie est gâchée par tout ça, qu ils ne peuvent faire d enfants dans le monde qu on laisse, au moins je pourrais être sincèrement désolée pour eux. Et ils ne me reprocheront pas toutes les photos de vacances aux Maldives et aux Antilles. Apres je suis d accord que le colibri est un bon alibi pour certains mais je ne comprends pas qui nous culpabilise dans ce que tu écris. Je ne vois nulle part le gouvernement culpabiliser les gens. Bien au contraire je trouve parfois qu il pourrait y avoir une sensibilisation qui est quasi inexistante. En Occitanie une énorme campagne de pub vise à inciter les gens à acheter chez les commerçants locaux et c est plutôt chouette. En fait le colibri n est bien sûr pas suffisant mais c est le minimum syndical donc je continue mais bien sûr ça n empêche pas de se lancer dans des choses plus radicales.

  11. Emy dit :

    J’adore cette réponse puis-je vous plagier Gaud ?

  12. Nat dit :

    Bonjour,

    Je comprends votre ressenti mais je ne suis pas d’accord, l’humain a fait n’importe quoi et cours à sa perte, c’est sûr, quoi qu’il arrive on va tous mourir, c’est un fait également. Je ne pense pas non plus qu’on a tout fait peser sur l’indivu, c’est juste que les politiques en grande partie ne respectent pas lois, décret,.., mis en place, de plus ça fait plus de 50 ans que les associations de protection de la nature tirent la sonnette d’alarme et font de nombreuses démarchent auprès du gouvernement. Mais il y a aussi plein de ville en transition où les élus et les citoyens travaillent ensemble pour trouver des solutions (par exemple Grenoble,…) Je pense aussi qu’il y a trop culpabilisation (les études sont vrais mais par contre personne ne sait prédire le futur) et ce n’est pas ça qui fait avancer puisque vous vous sentez en burnout!!! Si vous regardez d’une manière plus globale, oui vos actions ont un sens pour la vie, pour la nature proche où vous vivez, en effet: le fait de consommer moins de viande ou de la viande locale, c’est un animal qui a pu vivre dans de bonnes conditions avec un accès à l’extérieur, on a respecté sa vie, le fait que vous ayez manger bio ou plus locales pour les fruits et légumes, c’est la vie également que vous avez participer à protéger avec des terres riches, des bandes fleuries, des insectes, des oiseaux, des renards, ….vous avez soutenu un agriculteur (trice) qui met tout son cœur pour nous nourrir sans tuer la terre, le fait que vous avez réduit le taux de plastiques, c’est de la pollution en moins. Avez-vous déjà fait des journées nettoyages après de grosses tempêtes au bord du littoral? c’est triste à pleurer, du plastique, il y en a partout et énormément qui tue toute la faune et qui se retrouve en un continent géant. Et toutes vos actions pourrait être décliner par rapport à la vie présente maintenant.
    Sortez, éteignez votre ordi et votre smartphone et profitez de la nature merveilleuse. Rapprochez vous des associations de protection de la nature ou créer votre ville en transition, si vous avez un balcon ou un jardin, faîtes-y entrer la nature, créer un refuge pour la nature, et je pense que c’est ça la part du colibri, toutes ses petites actions qui ont un effet sur la nature. Toutes les actions sont importantes pour maintenant et le futur autant que celles des grandes instances politiques si un jours ils décident que ce n’est pas l’argent qui a de la valeur.

    • Anaelle dit :

      Ce n’est pas une critique de ces gestes, tous nécessaires, mais une critique de la surresponsabilisation des individus, qui permet aux entreprises, gouvernements et institutions de se dédouanner.

  13. B. de Jouffroy dit :

    Merci Anaelle, de votre article qui dit si bien la lassitude pour les « petits gestes qui sont mieux que rien ». Qui, revendiquant d’être responsable ne se reconnaitrait pas dans votre révision continuelle et fastidieuse du quotidien ?

    Je partage comme vous l’idée que l’engagement individuel est indispensable, mais insuffisant: on n’en voit pas les effets, mais que sont la petite dizaine d’années de prise de conscience active de notre société au regard d’un siècle de destruction massive de notre environnement ? C’est là encore, la manifestation de notre névrose de l’immédiateté de notre désir, de notre distorsion du temps, de vouloir d’imaginer qu’on puisse gommer en quelques années les effets de la chosification intensive du vivant de notre société moderne hors sol. Il existe un autre temps, celui de l’univers qui répond à d’autre lois.

    Bien sûr qu’il manque encore une logique de changement collective, mais, pour ma part, je crois intimement, comme Nafeez Ahmed (Changer de paradigme pour échapper à l’extinction), que seulement « en reconnaissant que la crise actuelle nous appelle non seulement à une transformation fondamentale de nos relations extérieures, mais aussi à une transformation simultanée de notre être intérieur – que la voie de l’action se dessine. » Autrement dit, intérieur et extérieur étant les 2 pôles d’une même réalité, intervient là une loi ontologique où tout ce qui est mis à sa juste place dans notre intériorité propre se met en place à sa juste place dans le collectif.

    Ceci n’empêche pas, je sois bien désolé d’être témoin des ravages environnementaux sur lesquels notre société de consommation a bâti sa croissance et diminué son niveau d’être, mais je veux croire que c’est un mal pour un bien car les épreuves qui nous attendent nous imposeront, avec ou sans électricité, de mobiliser nos sens d’entre-aide, de partage et de solidarité. Nous ne refabriquerons par la nature que nous avons détruite mais pouvons tout au plus contenir le désastre programmé. C’est ce qu’il nous appartient de faire en priorité aujourd’hui pour que nos conditions de vie ne soient pas un enfer livré à la violence.

    Maintenant, pour ceux à qui l’effondrement donne la nausée, comme en mer sur un voilier, rien de tel que de monter sur le pont et de participer aux manœuvres en s’engageant dans des modes d’action plus politiques qui aident à surmonter le sentiment d’impuissance ; mais au bout du compte, le combat reste à mener à l’intérieur de nous (djihad) et c’est cela que je voulais dire.

    Merci encore Anaelle de l’occasion que vous m’avez donnée d’exprimer ma vision des choses.

    • Anaelle dit :

      Bonjour, je ne connaissais pas le vrai sens du mot djihad… Merci pour ce commentaire qui m’a donné l’occasion de le découvrir, et pour le partage de votre point de vue. Je pense tout comme vous que le changement est intérieur comme extérieur.

  14. Aurélie dit :

    Hello,
    je vois cet article tardivement, et pourtant il me parle énormément.
    Pour moi, ça a toujours été plus facile de dire à des individus qu’ils étaient responsables devant les catastrophes plutôt qu’à des institutions, des industries, des politiques… Manipulation, psychologie de bas étage… il est plus facile de convaincre une personne qu’un collectif, et pas que sur les questions environnementales.

    Alors oui: parce qu’on est des individus et qu’on nous tape sur les doigts, on répond… et comment peut-on répondre dans cette société de surconsommation et de confort dans laquelle on a grandi et on a pris nos aises?
    Ben on y répond par des petits gestes, petit à petit, comme nous le dit le Colibri… parce que c’est dur, contraignant, moins confortable et surtout pas en phase avec le rythme que l’extérieur nous impose.
    Alors, au bout d’un moment, on se rend compte qu’on a beau faire des efforts, ça ne suffit pas, parce qu’on est tout seul… ou parce qu’on prêche dans le vide… parce qu’on est vu comme un ou une extraterrestre… parce qu’on voit des industries dégueulasses polluer tout un écosystème… parce qu’aujourd’hui les grands lobbies ont bien plus de pouvoir qu’un président de la république… et on finit par se décourager comme toi aujourd’hui.

    Oui, c’est certains, nos actions individuelles ne suffisent pas aujourd’hui.
    Oui, mais…
    mais moi, je vois déjà une énorme différence entre hier et aujourd’hui, dans ma maison, dans mon quotidien et dans ma ville.
    Hier une association de quelques personnes soutenues par des milliers de signatures a réussi à faire ordonner la fermeture des accès à la plus grande décharge sauvage en plein air de France et à ordonner son nettoyage. Une dizaine de citoyen a tenu tête à une commune, un département, une communauté de communes, une région…

    Hier, le maire de ma commune a déclaré qu’il allait signer le pacte de L214 et faire passer des mesures telle l’interdiction des cirques avec animaux sauvages dans la commune alors qu’il jurait à tous il y a 2ans que jamais sous son mandat il ne signerait une telle chose.
    OK, ça peut sembler très symbolique, mais pour moi il y a un véritable courant… des individus comme nous qui en ont marre des actions individuelles, et qui veulent passer à l’étape supérieure. Ils se rassemblent, ils proposent, ils FONT avec ou sans autorisation, ils vont voir d’autres groupes qui ont déjà fait… alors oui, l’usine qui recrache ses merdes dans notre étang est toujours là… oui, on a encore 10% de plus d’allergies chez nous qu’ailleurs en France… mais on progresse quand même…

    Ce ne sera sans doute pas assez vite, ce ne sera sans doute pas suffisant, mais c’est mieux que de rester le cul sur son canapé devant BFMTV en se disant « c’est trop horrible »…

    Je pourrais citer d’autres exemples comme mon passage au salon Première Vision qui concerne l’industrie textile et le Green Washing d’absolument tous les stands ou comment les industriels se rendent compte que leurs clients veulent autre chose aujourd’hui.

    Je pourrais citer mon incubateur où l’énorme majorité des projets des futurs entrepreneurs prennent en compte l’éthique, le développement durable et leur écoresponsabilité. Ce sont les entreprises de demain…

    Bref, oui, je suis d’accord avec toi. Cette responsabilité que l’on met sur nos épaules en tant qu’individu est encore une charge de plus à gérer. Il y en a marre de faire et de voir les institutions et les industries défaire. On ne sera pas assez rapide, pas assez efficace… mais on sera là quand même, alors autant être en adéquation avec ses valeurs.

  15. Christine Heuzé dit :

    merci de cet article. Il me semble bien de diffuser tous moyens de vivre différemment.

  16. Philippe Duchesne dit :

    Après avoir milité activement (pas juste sur Facebook), j’en suis venu à cette conclusion: quoi que nous fassions, nous allons droit au mur, ce qui signifiera assurément des crises économiques, politiques, sociales et militaires d’une violence extrême avec en prime des pouvoirs totalitaires élus par un électorat désemparé dans nos pays démocratiques (écouter à ce propose Aurélien Barrau sur https://www.youtube.com/watch?v=EBBD_sWyNfM ). Alors que faire en attendant ? Ma philosophie consiste à faire comme si nous y étions déjà: bâtir l’autonomie et des réseaux de solidarité préexistants à la crise mondiale qui ne peut que se produire. Ce faisant, nous diminuons de toute façon notre impact sur la planète, tout en mettant en place des réseaux, outils et savoir-faire utiles le temps venu. Bref, se préparer pour l’inéluctable plutôt que de s’épuiser à l’éviter et lutter contre des moulins à vent.

  17. Flo dit :

    Je vous rejoins mais si nous nous consommons autrement parce que nous le pouvons et que nous en avons assez de cette surconsommation, les entreprises savent bien vers qui se tourner pour faire du profit: les pays d Afrique par exemple qui n ont pas encore cette conscience écologique et qui ont besoin, comme nous l avons eu , de passer par cette phase de surconsommation.

  18. Philippe dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, je ,nous, avec ma femme, ressentons exactement la même chose. On en est arrivé à un point où l’on se reproche parfois de prendre la voiture, par paresse, où l’on culpabilise d’avoir laissé la lumière allumée, … toutes ces petites choses… Alors que pendant de temps notre président, à grand renfort de jet privé, va voir le recul du glacier du mont blanc! On marche sur la tête!
    Mais tant que l’industrie sera gérée par des capitalistes avides de pouvoir et d’argent, nos petits pas ne serviront pas à grand chose.
    Alors nous avons pris le parti d’aller dans la rue, depuis plus d’un an, et de tout mettre en œuvre pour les faire chûter.

    En ce qui concerne les livres, j’ai adoré celui de Fred Vargas…

  19. Céline dit :

    Merci 🙂
    Alors qu’est ce qu’on peut proposer aux institutions ?
    Développer les transports en commun, l’agriculture bio locale, la construction en matériaux biosourcés… Quoi d’autre ?

  20. malou dit :

    Il y a une très bonne vidéo sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=m2TbrtCGbhQ . S’appuyant sur un essai de Derrick Jensen, qui a une vision de la politique et de l’écologie assez radicale mais qui me semble de plus en plus… réaliste.
    Et pour citer Marina Rollman : « pour sauver la planète on n’a pas besoin de quelques personnes qui mènent des vies parfaitement écolo, on a besoin de beaucoup de gens qui le font de manière imparfaite. Ça et la chute du capitalisme, mais oui commençons par ça »

  21. val dit :

    Bonjour,
    Pour vraiment éviter la catastrophe il faudrait que tout bouge : le comportement des citoyens ET les actions politiques.
    Malheureusement certaines personnes ne font pas les « petits pas » dont tu parles car ils se disent « c’est pas moi c’est l’état, grandes entreprises etc ».
    C’est une réaction humaine, la transition écologique pour un individuel est très difficile à vivre car elle nous oblige à abandonner notre ancien mode de vie. Comme les collapsologues le rappelent souvent, c’est réussir à faire le deuil du mode de vie capitaliste (et de son plein gré en plus !). Ce n’est pas facile alors on passe par plein de phases sur la courbe du deuil (on est triste, on en veut aux autres, on négocie, on fait l’autruche etc) et ça explique nos propres incohérences.

    Lorsqu’on est seul nos actions paraissent inutiles mais c’est faux car ça entraîne les autres et amène des changements.
    On voit par exemple de plus en plus de magasins de vrac alors que ça pouvait être super galère d’en trouver avant.
    Et si il y a vraiment une baisse de la consommation globale car plus de gens s’y mettent, les entreprises seront obligées de moins produire et donc de moins polluer.
    Bien sûr la difficulté est que pour l’instant pas assez de gens se rendent compte de l’urgence et du poids qu’ils pourraient avoir.

    En plus de ses choix de vie, on peut aussi faire évoluer les choses en participant à des associations car des actions de quartiers, communautés etc peuvent se mettre en place. Et bien sûr la politique c’est pas que le président, il faut penser aux niveau municipal. Les maires ont des pouvoirs pour transformer une commune et la rendre plus écolo avec des actions concrètes et rapides.

  22. Célia dit :

    Bonjour Anaelle, merci pour votre article, dans lequel je me suis profondément reconnue.
    J’ai commencé une transition en douceur il y a seulement quelques mois, avec cette théorie des petits pas. Aujourd’hui, j’ai des cotons lavables, je fabrique mes produits ménagers, nous sommes passés au savon et shampoing solides, je suis passée à la cup, je viens d’acheter des sacs à vrac, nous consommons beaucoup moins de viande et de produits laitiers, nous allons dans des enseignes bio le plus possible, et j’ai prévu d’offrir des arbres pour Noël…
    J’ai même converti ma maman aux cotons lavables!
    OUI, MAIS: j’utilise toujours des couches jetables pour mon 3ème enfant, même si elle a elle aussi ses cotons lavables, j’achète ses repas tout faits car je ne trouve pas le temps de les préparer moi-même. Pourtant, ce week-end, nous avons fait un constat avec mon mari, que ses repas nous revenaient cher et qu’en plus nous utilisions énormément de ressources et de plastiques (petits pots, yaourts, compotes), donc j’ai dit ok, je vais recommencer à faire au moins ses compotes. On a acheté presque 45€ de fruits (bio!) et hop, c’est parti pour presque 5h30 de cuisine en 2 jours. Je vous raconte pas l’état de mon dos et la fatigue après une bonne journée de transport et de boulot… Tout ça pour 2 semaines et demi de compotes…. Clairement quel est le bilan? j’ai dépensé 50% d’argent de plus que si j’avais acheté mes pots tout faits, et les 5h30 de cuisine, c’est du temps passé en moins avec mes enfants.
    Tout ça pour dire que oui, les petits gestes comptent, même si on renonce, par confort souvent, à aller plus loin dans notre transition. Comme vous le dites, il doit y avoir un vrai changement du côté des politiques et des collectivités pour améliorer les « actions correctives » à savoir par exemple recycler vraiment tout le plastique collecté, ou lancer des programmes de reboisement. Les politiques se doivent également d’agir sur les « actions préventives » comme modifier les habitudes de consommations dans les collectivités pour réduire l’utilisation du plastique à usage unique par exemple, ou améliorer l’information au grand public en termes de gestes écolo. C’est aussi, comme dans ma communauté d’agglomération Coeur d’Essonne, d’avoir un grand programme d’agriculture biologique pour redonner à l’agriculture (bio!) une réelle part dans l’économie de la CA et favoriser les formations en agro-écologie.
    En parallèle, il est de notre devoir, dans nos propres entreprises, d’informer, de bouger et de changer les habitudes. Par exemple dans la mienne, l’utilisation du plastique à usage unique dans les machines à café a été réduit de 83% en 1 an, et une grande campagne d’incitation a été lancée pour que chacun apporte son gobelet et réduise ses déchets.
    Il y a encore du chemin, mais malgré tout les mentalités commencent à changer, il faut continuer nos petits gestes, qui finalement vont devenir de grands changements dans nos habitudes, et inciter nos proches à faire de même.
    Personnellement, je souhaite me reconvertir dans l’environnement, et un de mes fantasmes serait de m’installer à la campagne, d’avoir mon potager, voire une exploitation et de changer complètement de vie. Alors voilà le paradoxe, je parle de fantasme comme si ce rêve devait rester à l’état d’idée sans jamais se concrétiser!
    Malgré tout, je continue ma transition, j’ai créé une page Facebook « Aimer sa planète », avec QUE du positif pour montrer que chaque action individuelle en faveur de l’environnement a un impact. Je pense qu’il est important de montrer le positif, pour justement ne pas tomber dans la collapsologie et le défaitisme. Courage! Continuez vos petits pas, et merci pour votre site que je vais partager sur ma page, j’aime beaucoup ce que vous dites et vos idées sont pertinentes.

  23. Isa dit :

    Merci pour ton article! Comme toi, je fatigue avec tous ces petits gestes et comme le plupart des gens de mon environnement demeurent inconscients de l’impact négatif de notre mode du vie sur la planète, je suis parfois découragée. Je ne sais pas comment agir pour que les comportements, le système évolue. Je ne sais pas non plus comment me positionner : je sais que mes petits gestes sont insuffisants mais je ne me vois pas plonger dans une écologie radicale. Heureusement des blogs comme le tien me permettent de me sentir moins seule dans mes réflexions et mes actions!

  24. Christel dit :

    Bjr,
    Je viens ici par le biais du chouette blog de Natasha. Je suis partagée par votre article car d’un côté effectivement les petits pas ne changeront notre système global et de l’autre je me dis que c’est mieux que rien. D’ailleurs ces petits gestes je ne les fais pas juste pour « la planète » mais par ce que cela correspond à la façon dont je souhaite vivre. D’ailleurs Pablo Servigne chef de file des collapsologues estime que les petits gestes ne sont pas inutiles mais dire le contraire sur une grande radio serait sûrement mal vu.

    Mon grand dilemme du moment est l’avion. Quand on lit ou entend que prendre un avion à l’étranger ruinerait les efforts ou gestes fait au quotidien pendant une année cela pose question. Je ne l’ai pas pris depuis des années pour certaines raisons et là on me tanne pour que j’aille dans mon pays d’origine où mes parents ont construit une maison. Je me rends compte que pour l’avion comme pour internet par ex on nous fait peser une culpabilité monstre alors que les états comme les entreprises ne font pas leur travail.
    J’ai milité dans une association pendant des années. Aujourd’hui je suis en mode j’adhère financièrement à plusieurs associations ou blog mais j’espère que l’envie de militer sur le terrain me reprendra. Plein de questionnements dans ma tête en ce moment.

    Bonne journée à vous.

    • Estelle dit :

      Bonjour,
      je me permet de vous répondre en citant l’auteure de ce billet :

      « Soyons bien clairs.

      Je ne dis pas que l’action individuelle ne sert à rien. Je ne dis pas que les « petits gestes » ne comptent pas.

      Je dis qu’ils ne suffisent pas. Qu’ils ne doivent pas constituer une excuse pour l’inaction au niveau collectif, politique. Qu’ils ne doivent pas faire peser la totalité ni même la majorité de la responsabilité de la transition sur les individus. »

      je crois dons qu’elle est d’accord avec vous 😉

  25. Deglane dit :

    Merci pour cet article qui tombe à pic!
    J’ai choisi de quitter bordeaux il y a 6 mois pour changer de vie et me rapprocher d’une vie plus écolo, plus respectueuse de mes valeurs, de la nature.
    Et pourtant, l’arrivée de mon 2 eme enfant a remué énormément de contradictions en moi. Bien que je fasse ses couches, que je m’efforce à recycler les tissus, à faire ses petits pots Etc.. je ressens un sentiment d’échec. Parce qu’avoir deux enfants, un potager et tout faire soit même, c’est génial, mais mon dieu ce que c’est fatiguant.
    Mon conjoint et moi même avons fait le point il y a qq jours ..
    Quel sentiment affreux de se dire qu’on ne fait pas assez, tout en se couchant fatiguée. Quel sentiment difficile à supporter de se dire qu’on a mis au monde des enfants qui n’auront peut être jamais de monde..

    Mon conjoint relativise plus facilement que moi, me dit que c’est mieux que rien, mieux que ce que font les « autres ».
    Mais moi je pense à mes enfants, je pense à cette nature que l’on détruit..
    J’espère et je prie pour un gros déclic collectif, peu importe comment..

  26. Gaud dit :

    Bonjour,
    J’ai du mal à comprendre ce type d’attitude,
    Nous sommes dans une société du résultat, nous avons le culte du résultat,
    Mais cela a aujourd’hui ses limites, il n’y aura pas de résultat,
    Il faut quitter ce schéma, et s’inscrire dans l’application simple et quotidienne du geste,
    Un peu comme un artiste, pour l’amour de l’art,
    C’est la seule façon de changer le monde.
    Alors, laissez tomber le colibri et toutes ces fadaises, laissez tomber la politique du changement et ses compromis,
    Soyez simplement les artistes de votre propre vie, avec vos propres gestes,
    Plus de compromis, juste des gestes pour l’amour de l’art.

  27. Joannie dit :

    Excellent article, qui résume je pense bien le dilemme actuel de beaucoup de personnes. Je considère personnellement qu’en arriver à ce point est plutôt une bonne nouvelle, même si j’ai bien conscience que ce n’est pas hyper fun à vivre. Les milieux militants ou collapso ont je trouve trop tendance à regarder de haut les partisans des petits pas, alors que de mon point de vue, ce sont simplement des gens qui sont au début du chemin et qui finiront certainement par les rejoindre quelques années plus tard. Et puis, c’est quand même assez sain de commencer à se pencher sur son mode de vie et ses propres incohérences avant de chercher un changement plus collectif =) Après, je rejoins Gaël sur l’idée d’un tiraillement entre sortir du système (par une création d’écolieu par exemple) et se battre pour le changer (via un militantisme fort). Je n’ai personnellement toujours pas tranché ^^ » Quoiqu’il en soit je suivrai avec intérêt tes publications suivantes, car c’est vraiment un sujet qui m’intéresse =)

  28. Clea dit :

    MERCI.
    Voilà, moi aussi j’en ai ma claque des petits gestes. Moi aussi j’ai la boule au ventre de me dire que c’est jamais assez, que c’est méga relou, que je sais pas comment inspirer les gens et en même temps faire comprendre que déso ce ne sera JAMAIS assez.
    Donc ton article fait du bien, beaucoup de bien.
    Des bisosu

  29. jojo dit :

    La chose à savoir c’est que les initiatives des « petits gestes » individuels et la responsabilisation individuelle sont l’oeuvre de campagne de relations publiques, au sens donné par leur inventeur Edward Bernays de propagande de guerre en temps de paix, à l’initiative de groupement des industries polluantes afin d’occuper le terrain et d’ainsi protéger leurs intérêts et de continuer à faire du profit en produisant ce qui finira comme déchets le plus longtemps possible tout en échappant au principe pollueur-payeur.

    Et cette approche semble redoutablement éfficace puisqu’elle fonctionne depuis plusieur décennies.

  30. bob dit :

    Parfois j’aimerai que les politiques s’accélèrent pour obliger mon voisin à ne pas prendre l’avion pour 200km. Pour le contraindre à acheter des fraises et asperges uniquement de saison. Et lui dire que tous nos habits viennent de Chine et qu’il devrait pas acheter d’eau en bouteille. Je n’aime pas moraliser, encore moins culpabiliser. Alors j’espère que les politiques le feront pour moi. Mais les politiques sont coincés entre l’économie du pays et le peuple qui n’aime pas être astreint. Je vote, mais voila, je n’ai pas de solution… on est minoritaire, alors on s’affole mais le résultat n’est pas là 🙁

    • Et encore pour l’économie, par moment, on se pose des questions : presque 10 % de chômage depuis plus de 30 ans, des salaires qui stagnent depuis plus de 15 ans, je n’appelle pas ça faire marcher l’économie. C’est surtout que les politiques n’aident que les grandes entreprises du type Veolia, LVMH, Renault, Bolloré et compagnie ! Bolloré, tiens bizarre avant tout le ramdam autour de la voiture électrique, il avait déjà agrandi son usine de batteries à côté de Quimper ! Coïncidence ? Ou bon flair de l’homme d’affaires ?

  31. J’avoue que contrairement à la plupart de vos articles, je n’avais à priori pas vraiment envie de lire le vôtre. Le fait est que je me sentais en opposition avec le titre… Je suis d’accord sur le principe que si notre action a pour but de « Sauver la Planète » alors oui, une action collective est indispensable et là nous devons nous engager en tant que citoyen (ce qui n’est pas vraiment habituel en France), faire valoir notre voie sans attendre en permanence que les choses arrivent seules et se plaindre qu’effectivement elles n’arrivent pas (puisque nous n’avons rien fait pour). Je viendrais à ce titre compléter votre article avec le « Pacte pour la Transition » qui me semble être une super démarche à l’approche des municipales. Pour ce qui est des « petits gestes » comme vous les appelez, je pense que si ils ne sont fait que dans l’espoir de sauver la Planète, en « forçant » (comme dirait ma fille) alors oui, je comprends le burn out e l’épuisement. Mais si cela est fait parceque cela rime avec nos aspirations, nos valeurs, et qu’on le fait aussi pour se faire du bien, vivre mieux avec soi et avec les autres alors cela prend une tout autre dimension 🙂 Au plaisir de lire vos prochains articles! Laetitia

  32. Alice dit :

    En vidéo ça donne ça. A partager aussi…
    https://m.youtube.com/watch?v=Ywvp0Cz9vcY

  33. Royalspider dit :

    Bel article, bien construit qui amène de l’eau à mon moulin.
    La technique des petits pas m’aide à réaliser le danger, le chemin à parcourir, et à vivre ma vie comme je l’entends et non pas comme certains voudraient me la vendre.
    Elle ne sert pas à changer le monde.
    Elle sert aussi à se donner bonne conscience au début ( rouler à 110 sur l’autoroute, trop bien …)
    Il reste beaucoup de chemin, de mon côté je cherche comment faire bouger les choses au niveau local parce que je ne me sens pas l’énergie de monter une idée au niveau national ou international.
    Il n’y a aucun sujet où on peut se dire : c’est bon, j’ai tout tenté, c’est bon maintenant.
    Donc continuons, trouvons de nouvelles idées, recrutons, donnons envie!

  34. Amandine dit :

    Incroyable j étais dans la lassitude de mon zéro déchet et de mon colibrissme à tout va ! Au point d avoir envie de vivre recluse avec la famille en autosuffisance alimentaire et énergétique mais comme un dernier sursaut je tente l engagement politique local en espérant encore un vrai changement , en étant à la base de ce changement j espère changer Les choses mais j avoue je doute …beaucoup .
    Merci pour tes mots et tes réflexions que je partage à 200%.

  35. Florence dit :

    Article très lucide et courageux ! Merci !

    Je crois que nous y sommes tous dans cette dissonance cognitive. Quand j’ai découvert la collapsologie (il y a un environ également), j’ai pris un énorme coup sur la tête. Et chaque fois que je prends ma voiture, que je vais au travail, que je vois des gens attendre leur enfant (je suis orthophoniste) pendant une demi-heure dans leur voiture dont le moteur tourne pour avoir la clim (j’habite en Guadeloupe, nous avons chaud souvent)… je suis estomaquée par la « vie normale qui ne se doute de rien » comme si tout allait continuer ainsi.
    Beaucoup n’ont jamais entendu parlé d’effondrement. Du réchauffement climatique oui, mais bon… mais d’une possible bascule vers la fin de cette société… non. La collaps… quoi ?
    Pour vous aider, les conférences ou interview de Pablo Servigne aident à comprendre ce qui se passe en nous. Oui tout cela fait peur, met en colère, rend triste… On a parfois le droit de baisser les bras devant tant d’incertitude et d’inaction. Mais nous ne sommes pas seuls, et en parler est la meilleure des choses. Anaëlle, je crois que tu es toujours alignée, et que ce que tu vis en ce moment est normal. Nous le vivrons tous un moment ou un autre.
    J’ai vu une émission d’arrêt sur image, ce week-end. Une médecin parlait de la solastalgie (la peur concernant l’avenir peu reluisant de notre planète). Elle a dit que les gens qui ont peur « sont des gens normaux dans un monde malade ».

  36. Alexa dit :

    Comme toujours j’apprécie ta clairvoyance, ton honnêteté et ton langage qui n’est pas de bois. je suis depuis quelques temps également dans cette démarche. J’ai lu tous les trucs sur la distortion cognitive etc… Et je suis aussi très en colère contre tous les industriels qui nous culpabilisent à mort. Le 7ème continent est entièrement de notre faute… Bref. Mais il y a une réponse que je n’ai pas et qui me gêne dans ma démarche. En étant éco-responsable, en refusant le travail sous payé, l’exploitation des enfants etc… tous ces gens que vont-ils devenir s’ils n’ont plus de salaire aussi maigre soit-il ? J’ai parfois peur d’être dans une démarche nombrilisme de pays riche. Alors si tu as un début de réponse je suis preneuse car j’avoue que cela me perturbe pas mal… belle soirée

  37. Melissa Thierry dit :

    J’ai commancé à etre plus écolo il y a environ 2 ans, doucement mais surement. Dernierement, je me suis enfin décidé à m’attaquer à la fast fashion et ca fait des mois que je ne suis pas rentrer dans un magasin Zara ou autre. Et en cette période de soldes, on se rend bien compte que les gens s’en tamponne de l’écologie. Ou alors ils ne se rendent pas compte de l’impacte que l’industrie du textile ou de l’agroalimentaire ont sur la planète. J’habite à Londres, on est assez en retard sur la France, les choses commencent à peine à bouger mais vraiment pas assez rapidement. Extinction Rebellion passent pour une bande de gentils hippies chomeurs qui n’ont rien d’autre à faire de leur vie. Mais comment combattre le système si on est en dehors du système? Je suis convaincue que l’engagement politique est à présent nécessaire mais que celui ci doit etre aussi un peu plus musclé. Je ne sais pas comment et par quel moyen mais je vais me pencher sur la question.
    Merci en tout cas pour ton blogue et ton article. On se sent un peu moins seul.

  38. Emma dit :

    Je te rejoins sur cette saturation, la mienne va jusqu’à la saturation même de cette eco-anxiété dans laquelle nous vivons. J’ai beau faire tout ce que je peux, je suis dans un train qui fonce dans le mur et je ne peux pas y faire grand chose. Doit-on se décourager ? Pour ma part, je continue mes actions, qui sont la base. Je ne vais certainement pas revenir sur tous les nouvelles habitudes, mais en ce moment je me lâche du lest. Parce que je ne veux pas non plus me gâcher la vie. C’est une question sans réponse pour le moment…

  39. Laurie dit :

    Bonjour Anaëlle,

    Merci pour ce super article !
    Je découvre La Révolution des Tortues depuis aujourd’hui et chaque onglet de ce site/blog me donne envie de cliquer dessus.
    A la lecture de ton article, si franc, si brut et si honnête je reste totalement sur ma faim !! Rien de plus normal : je trouve enfin un article auquel je m’identifie vraiment (bien que je n’éteigne pas ma box la nuit 😉 ) mais comme tu l’écris, tu n’as pour le moment aucune conclusion ou solution a y apporter, c’est la simple retranscription de ton sentiment actuel. Sentiment partagé.

    Et pas non plus de solution à proposer. Le flottement. La « lost attitude ». Que faire ? Comment effacer ce sentiment d’impuissance et de culpabilité qui pèse à un moment ou un autre sur toutes les personnes qui tentent de transiter ?
    Rejoindre un réseau militant ? En créer un énième ? Signer des pétitions ? Voter avec sa carte bleue et sa carte d’électeur ? Acheter une île et tout plaquer ?
    J’aime à penser que chacun petit à petit aura un déclic écolo, et réalisera que sans planète, pas d’humain, de profit, de fringues, de caviar ou de champagne… Mais j’avoue que l’attente est longue !
    Enfin, c’est pas aujourd’hui qu’on trouvera des réponses à ces questions mais ça m’a fait du bien de lire ton article, lire les commentaires et de me sentir moins seule !
    Je vais continuer à parcourir ce site qui promet de belles trouvailles et je te dis à bientôt ! 🙂

  40. IsabelleMF31 dit :

    Hello petite tortue et la tribu à carapace,
    Eh oui ! Tout plein de colibris qui font leur part c’est bien mais ce ne sera évidemment pas suffisant. Les quatre tortues de la famille sont depuis longtemps engagées et très alignées avec ce que nous avons mis en place à notre échelle, notre volonté de montrer qu’on n’est pas plus malheureux que ceux qui s’en fichent (même si effectivement, nous n’avons pas réussi à tout transformer dans notre mode de vie).
    L’être humain a une capacité impressionnante à la résilience ! Et oui, on va très certainement dans le mur, mais en tant que parents de grands enfants engagés depuis leur plus jeune âge, je crois en la capacité des futures générations, accompagnées par les notres, à faire basculer les choses, comme l’histoire (voire la préhistoire) le montre. Mais je te rejoins : si rien n’est fait tout en haut de la pyramide de décision, si politiquement personne n’ose ouvrir les yeux, ce sera très dur… mais l’Humain s’adaptera aux nouvelles contraintes qui émergeront, uniquement quand il aura le nez enfoncé dans le mur, comme d’hab ! Mais restons positifs, et nos petites actions faisons les pour nous avant tout puis engageons nous pour faire évoluer les choses ! Go on, yes we can ! And smile !

  41. Jean-Yvon dit :

    Je comprends ce sentiment que je partage aussi parfois, il vient il me semble du fait que l’on ne rame pas tous en même temps! Les petits gestes que nous faisons restent cependant très importants même si au final ils ne contribuent qu’a 10-20% de l’effort global a faire. Ces actions interpellent les gens autour de nous et contribuent au recrutement de nouveaux rameurs. La prise de conscience s’accélère sur les derniers mois, cela est très important. Autre motif d’espoir il me semble que la finance et certains industriels commencent à comprendre que leur business est fouttu s’ils n’agissent pas. Des engagements sont pris par certaines entreprises (cf. https://sciencebasedtargets.org). Gardons espoir et continuons à propager nos idées

  42. Arn Aud dit :

    Merci pour ton article.

    Les petits pas ne sont pas totalement inutiles. ils permettent d’aligner tes actes sur tes convictions profondes, le plus possible en fonction de nos contraintes, et avec nos profondes contradictions (j’ai du mal à me dire que les voyages je devrais arrêter). Et rien que ça, ça fait du bien parfois. Alors continue ce blog, car à moi en tout cas, il m’a permit de réduire le fossé.

    Quant au reste, je suis vraiment pessimiste. Je vis dans un milieu plutôt aisé avec des gens supposément cultivés et j’ai l’impression d’être tout seul parfois à me soucier d’écologie, de biodiversité c’est désespérant. Et agaçant ce petit sourire narquois quand tu évoques le sujet à la machine à café, genre « ouais, ouais, tu me fais bien marrer, mais là il faut que j’aille sur Amazon, y’a des soldes hallucinantes ».

  43. Caroline dit :

    Bravo pour cet article qui éclaire ma propre pensée ! Personne n’a écrit la fin de la fable du colibri qui pourtant aurait pu nous éclairer : la forêt brûle et tous ses habitants avec… Et ce malgré les efforts du pauvre petit oiseau quand même bien démuni. A moins de l’intervention des canadairs, on est donc mal barrés.

    • Claire dit :

      ou au contraire, quand les autres animaux réalisent que le colibri fait sa part, cela les interpellent, ils prennent conscience qu’ils peuvent tous ensemble éteindre le feu, ce qu’ils font. Certes la forêt a en parti brûlé, mais la nature est bien plus puissante que l’homme, elle repousse et lui survit 🙂

  44. Miss MLL dit :

    Contente de voir que je ne suis pas seule à me demander ce que je pourrai faire de plus.
    J’ai même noté les liens pour approfondir le sujet

  45. Lucie dit :

    100% alignée avec ce texte. On se pose la question : dois-je changer mon mode de vie totalement et aller vivre dans une communauté autonome ?
    ça vaudrait le coup d’organiser un petit sondage via ton blog comme nous sommes toutes (et tous) impliqués / engagés
    La collapsologie ne me semble pas être un hypothèse farfelue contrairement à ce que me disent tous mes proches qui ne sont plus du tout réalistes quant à la suite des évènements…

  46. kaszuba dit :

    Merci merci c’est tellement mon ressenti….on se sent moins seul 😉

  47. Lilou dit :

    Merci beaucoup pour cet article, qui rejoint ce que je pense de plus en plus. A l’impression de ne jamais en faire assez se mêle ces derniers temps un sentiment d’écoeurement, l’impression de brasser de l’air. Et d’être de plus en plus en décalage avec la société qui ne bouge pas. Je pense aussi que bientôt, pour moi, viendra le moment d’être plus politique dans mes actes et mes paroles, sur mon blog notamment.

  48. Cécile dit :

    Merci pour cet article qui résume parfaitement ma propre dissonance…

  49. Estelle dit :

    Coucou les petites tortues
    Voilà Anaëlle tu résumes tout dans cet article ! On a parfois l’impression d’être seuls face au monde. Les gens te disent que tu dramatise, que ça a toujours bien fonctionné que le monde continuera de tourner ! La planète bien sur mais l’humain ? Moi j’ai peur pour mes enfants qui sont jeune mais déjà engagés. Comment vont ils vivre ? Je fais de la collapsologie !?…. j’ai peur mais je veux y croire pour eux. Mais j’avoue que comme tu le dis si bien quand tes proches te prennent pour une Illuminée et que tu vois que le gouvernement ne fait rien et s’ancre dans la m—— dans laquelle nous sommes …. l’avenir m’effraie!
    Ça fait du bien de tous vous lire et de se sentir moins seule.
    Hope….

  50. Bonjour
    Merci pour cet article très bien écrit qui met des mots sur une idée qui nous trotte dans la tête depuis quelques temps. Je crois que la Greener Family en est là aussi !
    Comme le disais Camille de Girl_go_green, dans une système on est avec contre ou a côté. Comme tu le dis aussi très bien, l’homme, c’est animal social » n’aime pas de se mettre en marge. Voilà ce que l’on ressent alors on a fait le choix de l’engagement plus politique dans notre action, en commençant par la commune. On verra bien si nos idées arrivent a infuser. Merci pour les liens qui vont nous aider
    A bientôt

  51. Marianne dit :

    Merci d’avoir éclairé ce que je pense beaucoup d’entre nous ressentent mais sans s’être posés comme tu l’as fait pour essayer de comprendre d’où vient le problème.
    J’apprécie particulièrement le fait que tu parles d’animalerie social et du fait que nous n’avons pas envie de nous mettre à l’écart de la société. Alors peut-être qu’il ne tient qu’à nous d’inverser la tendance et de créer ce nouveau monde dans lequel toute personne qui sort du système ne se sent plus à l’écart mais plutôt faire partie d’une nouvelle communauté plus sociable, basée sur le partage et l’entraide.
    Bon courage pour la suite de ton cheminement ! Je suis le mien également de mon côté

  52. Kux dit :

    Je me sens moins seule….

  53. Awenyel dit :

    J’en suis là.
    Je réfléchis déjà en termes « d’après », si on arrive à survivre assez pour avoir un après. Je cultive mon potager en espérant avoir le temps d’apprendre assez, de rendre mon sol assez fertile avant que les pénuries n’arrivent. Je me surprend souvent à me dire dans mes trajets quotidiens « de toute façon quand on n’aura plus de voitures on fera comme ci ou ça, on ira chercher les vaches d’à côté, on réapprendra à marcher ».
    Je pense tous les jours à comment on fera quand on n’aura plus « tout ça ». J’ai de plus en plus cette impression que ce ne sera même pas mon fils qui le vivra, mais moi de mon vivant.
    Et c’est difficile d’être la seule dans cet état d’esprit. On vient de fonder une association zéro déchet pour ma ville et ses alentours. ça me parait à la fois important, car on part de loin ici, et pourtant dérisoire quand je vois le futur probable qui nous attend. Et le fossé est énorme, abyssal, entre le peu dont on arrive à faire prendre conscience et ce qui nous pend vraiment au nez.

    Merci pour cet article!
    Awenyel, une landaise

  54. Azilis dit :

    J’ai toujours été très dubitative voire critique face aux petits pas, parce qu’il m’a toujours semblé que l’écologie devait être politique. Là où ça me désespère, c’est que la finance influe tellement sur la politique, que l’équation me semble insoluble…
    Alors, ça veut pas dire que je ne fais pas d’effort dans mes gestes de consommation, mais juste j’ai l’impression que ça ne sert à rien ^^

  55. Lucie dit :

    Cet article est une claque qui fait du bien. Merci Anaelle d’avoir si bien amené le sujet. J’espère que ça va faire effet boule de neige et remonter aux oreilles des décideurs. En tous cas ça m’aide à poursuivre ma réflexion.

  56. Eyvie dit :

    Merci pour cet article.
    J’ai l’impression de vivre la même chose, tu l’exprimes tellement bien que ça me permet de mettre au clair mes pensées et mes réflexions.
    Je vais continuer à suivre (encore plus assidument) tous tes (nos) questionnements et tes beaux articles.
    N’oublie pas de profiter de l’instant présent avec tous ces courants de réflexion.
    Bisous

  57. Hélène dit :

    Coucou.
    Je te comprends complètement et en attendant de trouver le temps et la force mental de rejoindre un groupe activiste, je souhaite organiser mon auto suffisance.
    As tu des conseils lectures, blog…. pour se lancer dans la permaculture ?

  58. Gaël dit :

    Merci pour ce billet qui permettra à beaucoup de monde de se sentir moins seul et de moins se laisser submerger par ce sentiment de culpabilité (j’en fait partie).
    J’ai quelques années de « retard » par rapport à ton déclic écolo (j’ai toujours été respectueux de la nature, mais j’ai pris conscience de mon impact il y a à peine 1 an, et c’est pour ma part la collapsologie qui m’a fait faire ce cheminement), je ne me sens donc pas encore en total burnout, mais je ressens ce sentiment de ne pas pouvoir en faire assez malgré ce que l’on considère comme de nombreux sacrifices.

    Et pour aller dans le sens de ta réflexion, à ce tiraillement entre actes et parole créé par cette fameuse dissonance cognitive, j’identifie le tiraillement entre les choix qui (selon moi) s’offrent à nous :
    – changer radicalement de mode de vie (créer ou rejoindre un écolieu par exemple), dans l’optique de « poser les bases de la future société » et inciter au changement par l’exemple et/ou
    – lutter activement par un militantisme plus radical, dans l’optique de forcer le système à prendre ses responsabilités

    J’ai mis « et/ou » car je pense que ces deux facettes sont absolument nécessaires et ne s’exclue pas l’une l’autre, mais je ne me sens pas avoir les ressources nécessaires pour mener ces deux combats de front, ce qui rajoute encore à la culpabilité. Avoir deux chemins possibles est cependant une meilleure chose que d’en n’avoir aucun 🙂

    Bref, il y a de quoi réfléchir !

    Au plaisir d’en discuter et d’échanger de vive voix à l’occasion, tomber sur des gens qui ont la conscience de tout ça étant encore rare

    Gaël (de Bordeaux aussi)

  59. Bounza dit :

    Merci pour cet article, vraiment !
    Je pense que les « petits gestes » aident à éveiller les consciences et à voir l’absurdité de certaines choses comme les objets à usage unique.
    Mais j’ai aussi découvert cette année qu’ils ne suffiraient pas et qu’il va falloir aller plus loin que ça, et je réfléchis sérieusement à la question.

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"On ne sauvera pas le monde avec des pailles en bambou", mon livre, s’adresse à celles et ceux qui oscillent entre enthousiasme et désespoir, qui cherchent un "second souffle écolo" pour agir en phase avec leurs valeurs tout en prenant soin d’eux-mêmes.

Entre développement personnel et écologie, il propose des pistes de réflexion et d’action pour s’engager à sa façon, avec lucidité, courage et joie de vivre.