La slow fashion, réponse au rythme intenable de la fast fashion

La slow fashion, réponse au rythme intenable de la fast fashion

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Produire moins, mais mieux. Tel est le moto de la slow fashion, qui prône une mode moins hystérique et plus qualitative. Dans cette logique, pas de tee-shirts à 5€, ni de nouvelle collection toutes les 2 semaines. Le mouvement slow fashion demande l’abolition de ce rythme est intenable, pour la planète comme pour les ouvriers payés une misère à coudre des vêtements qu’on mettra deux fois avant de les oublier au fond du placard.

Le 24 avril 2013, l’immeuble du Rana Plaza s’effondrait, faisant plus de 1 100 morts et 2 500 blessés au Bangladesh. Les victimes ? Principalement des ouvrières qui travaillaient dans des ateliers de confection de vêtements, sous-traitants des multinationales. Ce drame a secoué le monde, jetant une lumière crue sur les conditions de production des vêtements que nous portons tous les jours.

Fast fashion et exploitation des ressources et des hommes

Pour renouveler leurs collections tous les mois, les grandes enseignes de la mode doivent produire vite et à moindre coût. Ce rythme infernal implique de délocaliser là où la production est la moins chère. Mais à force de sous-traiter à des sous-traitants qui sous-traitent, les marques ont perdu le contrôle… Jusqu’au drame.

En France, on estime que 70% des vêtements vendus sont fabriqués en Asie du Sud-Est. Dans notre monde globalisé, acheter un vêtement n’est pas anodin. À chaque passage devant un caissier blafard de chez Zara, nous cautionnons un système qui démolit l’environnement et exploite les êtres humains.

fast fashion slow fashion
C’est pas le rêve de tout le monde d’avoir une Singer.

Je sais, je sais, ce n’est pas nous qui enchaînons les ouvriers aux machines pour un dollar cinquante, ce n’est pas nous qui arrosons nos vêtements de produits chimiques et toxiques… Mais c’est nous qui achetons des fringues produites dans ces conditions. Et fichtre, vu la vitesse de renouvellement de nos gardes-robes, on ne fait pas semblant. Pourtant, on ne peut pas dire qu’on ne savait pas.

La fast fashion, tout le monde s’accorde à dire que c’est mal, mais concrètement, que faisons-nous pour l’arrêter ? Habitués aux tee-shirts bon marché, nous avons du mal à changer de modèle. Le drame du Bangladesh, c’est affreux, mais c’est loin. Plus près de nous, il y a tellement d’autres choses qui nous préoccupent…

Heureusement, la révolution de la mode est en marche. Et si on rejoignait le mouvement ?

De la fast fashion à la slow fashion : une vraie révolution… de tortues !

Quelques années après l’effondrement de l’usine textile bangladaise, il y a eu quelques avancées. Les grandes enseignes occidentales ont pris conscience de leur responsabilité sociale. Certaines comme Primark ont mis en place des mesures pour indemniser les victimes. Et pour des raisons de réputation, toutes ont bien compris leur intérêt à renforcer le contrôle de leur chaîne de production…

effondrement rana plaza
L’effondrement du Rana Plaza (Source : Rijans / Flickr)

La sécurité des infrastructures a progressé, grâce notamment à un accord sur la sécurité mis en place sous la supervision de l’OIT (Organisation Internationale du Travail). Il a été signé fin 2013 par 222 marques de vêtements, pour une durée de 5 ans. Les usines textiles sont poussées à rénover leurs installations, et à se soumettre à des contrôles indépendants.

Ce programme a permis de sécuriser plus de 1600 usines et donc près de 2 millions de travailleurs, sur les 4 500 usines et 4 millions de travailleurs que compte le Bangladesh. Le salaire minimum des ouvriers a également été augmenté, mais il reste très faible. Il y a donc des progrès, mais encore beaucoup de travail !

En France, la loi sur le devoir de vigilance des entreprises est entrée en vigueur en 2017. Elle impose aux multinationales de surveiller un large éventail de risques liés aux droits fondamentaux de ses salariés et de ses sous-traitants, aussi bien en France qu’à l’étranger. Et ça ne plaît pas trop aux entreprises concernées ! Mais en l’absence d’une directive européenne, l’impact de cette loi reste très limité.

La slow fashion, on s’y met ?

Bref, comme toujours, on ne peut compter sur les seuls lois et règlements pour faire avancer la micheline. Il faut agir !

Depuis le Rana Plaza, la Fashion Revolution Week a lieu chaque année à la fin du mois d’avril. Pendant une semaine, les acteurs de la mode responsable mettent en lumière les ravages de la fast fashion, et promeuvent des alternatives durables à celles-ci.

fashion revolution week france
Rejoignez le mouvement sur Facebook, Instagram, Twitter… Et dans vos armoires !

Grande émettrice de carbone, de déchets et de polluants, la fast fashion doit être remise en cause dans ses fondements. Consommer toujours plus de vêtements à bas prix ne nous rend pas plus heureux. Il est temps de révolutionner la mode !

Et le mouvement est lancé : le développement durable, la production et la consommation responsables sont de plus en plus enseignés dans les universités et les écoles. Progressivement, un nombre croissant de marques communiquent de manière authentique et transparente.

Et vous ? Si vous avez un compte Twitter ou Instagram, vous pouvez utiliser le hashtag #WhoMadeMyClothes (qui a fabriqué mes vêtements ?) pour interpeller une marque. Tout au long de la Fashion Revolution Week, chacun est invité à poster une image de ses vêtements, idéalement étiquette apparente, pour questionner une enseigne.

« On s’en fout de la mode »

Quand on aborde le sujet des vêtements, il y a toujours un petit malin pour dire que franchement, la mode, on s’en fout.

Ça me fait bien rire.

slow fashion fast fashion

Nos vêtements sont la première chose qu’on montre aux autres. C’est le paramètre de notre apparence physique qu’on maîtrise entièrement, à défaut de pouvoir ratiboiser son nez ou recoller ses oreilles. Si tout le monde n’a pas l’ambition d’affirmer un style particulier ou de communiquer un message à travers ses fringues, il est sain de vouloir se sentir bien et à l’aise dedans.

Alors non, les vêtements ne sont pas nécessairement superficiels. D’ailleurs, la majeure partie des gens ne s’en foutent pas.

Et puisque nous aimons choisir nos vêtements, quelle alternative à cette mode rapide qu’on devrait jeter aux orties ? La mode éthique et responsable, bien sûr !

Slow fashion : pour une consommation responsable de vêtements

S’il ne fallait retenir qu’un conseil, ce serait celui-ci : ralentir. Prendre le temps de choisir des vêtements qui nous vont (et pas « qui nous irons » 😉 ) et qui nous plaisent, plutôt que de les acheter parce qu’ils sont en solde…

Pour ceux qui veulent se convertir à la slow fashion, voici quelques conseils :

1. Trier ses vêtements

Trier ses vêtements, et ne garder que le nécessaire. Si vous ne les avez pas mis de l’année, ou même des six derniers mois, soyons réalistes : vous ne les remettrez jamais. Du balai !

Besoin d’aide ? Lisez l’article invité de Lucie minimalise : Comment acheter moins de vêtements ? Découvrez la garde-robe capsule

2. Donner plutôt que jeter

Donner, échanger, vendre, recycler. Chez Emmaüs ou à une borne Le Relai, en dépôt-vente, en vide-grenier à quelqu’un de votre entourage ou en vendant via Vinted, Videdressing, Vestiaire Collective, Facebook Marketplace, Le Bon Coin… Il y a plein de solutions.

3. Ralentir le rythme

Et oublier le « réflexe shopping » du samedi après-midi. Moins on en fait, moins on a envie d’en faire !

4. Réviser sa conception du « pas cher »

Un t-shirt à 5€ ne peut pas avoir été produit dans de bonnes conditions, ni être de qualité. Et s’il faut en racheter chaque année, ne vaut-il pas mieux le payer 20 ou 30€, mais le garder longtemps ?

5. Prendre soin de ses affaires

Si vous suivez les conseils précédents, l’envie de chouchouter vos vêtements viendra naturellement 😉

mode éthique responsable
Par exemple, bien choisir les chaussettes qu’on met dans ses claquettes, c’est important.

Quelques repères pour acheter slow fashion

Je me suis engagée dans cette voie il y a plusieurs années. Voici quelques unes de mes coups de cœur éthiques et responsables.

Des e-shop responsables

Ces dernières années, les e-shops de mode éco-responsables se sont multipliés. Mes préférés sont :

Plus de mode éthique ? Lisez mon article : 12 e-shops de mode responsable qui dénichent les bonnes marques pour nous

e-shop slow fashion

Des marques engagées

Si je parle si souvent de la marque de vêtements masculins Loom, c’est qu’elle représente pour moi un vrai modèle pour la Fashion Revolution ! Tant en termes de style, que de philosophie ou de communication. Chaque modèle est dessiné et conçu avec soin, pour durer le plus longtemps possible.

Récemment, la co-fondatrice de Loom, Julia Faure, a publié une belle tribune sur Medium, en réaction à l’indécence d’H&M et son tee-shirt « There is no planet B. » Elle y explique en détails ce qui cloche avec la fast fashion, et pourquoi il est urgent de ralentir. À lire absolument !

Tout savoir sur la mode éthique : Où acheter des vêtements éthiques, écologiques ET abordables ?

Des plateformes pour comprendre la slow fashion

SloWeAre est une plateforme ultra complète pour comprendre la mode responsable, avec un annuaire des marques engagées par ville.

Enfin, les plus militants pourront rejoindre le collectif Éthique sur l’étiquette, par exemple.

En bref, beaucoup de problèmes… Mais beaucoup de solutions aussi !

Cet article a demandé de nombreuses heures de travail pour être aussi complet et exhaustif que possible. Aussi, ne soyez pas surpris d’y trouver des liens d’affiliation. Pour comprendre ce que c’est, et pourquoi leur présence me permet de consacrer du temps à ce blog, n’hésitez pas à consulter la page dédiée. Votre soutien m’est précieux pour écrire des articles détaillés et de qualité, personne n’ayant encore payé son loyer en commentaires ou en likes. Merci ❤️

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Anaelle
Blogueuse engagée. Écologie, société et autodérision.

4 Responses

  1. Julie dit :

    Le fast fashion est vraiment dramatique, j’ai toujours un peu honte de me dire que j’ai pu participer à ca! On est pas assez renseigné et c’est des blogs comme le tien qui nous permette d’y voir un peu plus clair! Perso, j’achète que sur des e-shops, mon préfèré étant http://www.fairtragen.de ! Je vais jeter un coup d’oeil à ta liste 🙂

  2. Tizika dit :

    Merci Laure, superbe cette infographie mais tellement alarmante ! D’où l’urgence de sélectionner scrupuleusement ses textiles, voire d’acheter en dépôt-vente ou sur des sites comme Vinted. Pour les t-shirts (je prends cet exemple parce que c’est mon domaine), le label OEKO-Tex Standard 100 est la plus haute certification bio-équitable. Reste à trouver les marques équitables et c’est là qu’intervient « La Révolution des Tortues » 😉

  3. Laure dit :

    Hello Anaelle, je viens de lire cette infographie de « qu’est qu’on fait » qui accompagne merveilleusement bien ton article 😉 Ils font toujours de super infographies !
    La mode sans dessus dessous : http://www.qqf.fr/infographie/59/la-mode-sans-dessus-dessous

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